Guide du film d'amour

Les 50 meilleurs films romantiques : 50-41

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  • Lost in Translation

    de Sofia Coppola, avec Bill Murray et Scarlett Johansson (2003)

    Guide du film d'amour : les 50 meilleurs films romantiques - n°50

    Lost in Translation
  • Week-end

    d'Andrew Haigh, avec Tom Cullen et Chris New (2011)

    Guide du film d'amour : les 50 meilleurs films romantiques - n°49

    Week-end
  • Sur la route de Madison

    de Clint Eastwood, avec Meryl Streep et Clint Eastwood (1995)

    Guide du film d'amour : les 50 meilleurs films romantiques - n°48

    Sur la route de Madison
  • Roméo + Juliette

    de Baz Luhrmann, avec Leonardo DiCaprio et Claire Danes (1996)

    Guide du film d'amour : les 50 meilleurs films romantiques - n°47

    Roméo + Juliette
  • La Belle et le Clochard

    d'Hamilton Luske, avec Larry Roberts et Barbara Luddy (1955)

    Guide du film d'amour : les 50 meilleurs films romantiques - n°46

    La Belle et le Clochard
  • Baisers volés

    de François Truffaut, avec Jean-Pierre Léaud, Delphine Seyrig et Claude Jade (1968)

    Guide du film d'amour : les 50 meilleurs films romantiques - n°45

    Baisers volés
  • La Dame du vendredi

    d'Howard Hawks, avec Cary Grant et Rosalind Russell (1940)

    Guide du film d'amour : les 50 meilleurs films romantiques - n°44

    La Dame du vendredi
  • Tabou

    de Miguel Gomes, avec Ana Moreira et Carloto Cotta (2012)

    Guide du film d'amour : les 50 meilleurs films romantiques - n°43

    Tabou
  • Voyage en Italie

    de Roberto Rossellini, avec Ingrid Bergman et George Sanders (1954)

    Guide du film d'amour : les 50 meilleurs films romantiques - n°42

    Voyage en Italie
  • Tous les autres s'appellent...

    de Rainer Werner Fassbinder, avec Brigitte Mira et El Hedi Ben Salem (1974)

    Guide du film d'amour : les 50 meilleurs films romantiques - n°41

    Tous les autres s'appellent...

Lost in Translation

de Sofia Coppola, avec Bill Murray et Scarlett Johansson (2003)

Guide du film d'amour : les 50 meilleurs films romantiques - n°50

50

Lost in Translation (2003)

de Sofia Coppola, avec Bill Murray et Scarlett Johansson

‘Lost in Translation’ est principalement connu comme le film qui a révélé le fessier de Scarlett Johansson au monde entier, dans un joli plan d’ouverture devenu culte. Mais c’est aussi celui qui parvint, contre toute attente, à nous faire croire que le décalage horaire pouvait être romantique. On ne saura sans doute jamais ce que Bill Murray a murmuré à l’oreille de Johansson dans les derniers moments du film avant de disparaître dans la foule, mais cette fin ambivalente résume parfaitement le caractère improbable et inattendu du deuxième long métrage de Sofia Coppola. Comme les autres œuvres de la réalisatrice, celle-ci est une énième variation sur l’ennui et la solitude. Mais la bande-son rêveuse et la complicité entre les deux acteurs font de ‘Lost in Translation’ son itération la plus douce et la plus touchante. – AB

49

Week-end (2011)

d'Andrew Haigh, avec Tom Cullen et Chris New

Dans l’univers des films d’amour, il y a les romances épiques à la ‘Titanic’ ou ‘Out of Africa’. Et puis il y a des petits films comme celui-ci, quasi-anecdotiques mais renversants de sincérité. Situé dans la grisaille anonyme d’une ville anglaise, ‘Week-end’ suit deux hommes qui, après un coup d’un soir, voient leur relation évoluer le temps d’un week-end. Andrew Haigh, adepte des mises en scène naturalistes et désormais créateur de la série ‘Looking’ – sur un groupe d’homosexuels à San Francisco –, a le don de savoir conter des histoires à la fois gay et universelles. Cette excitation timide qui précède le début d’une relation, cette tentative de se définir face à l’autre, cette peur très contemporaine de paraître trop romantique : ces premiers moments hésitants que vivent Glen et Russell, nous les avons tous vécus. Quelle que soit notre sexualité. – AB

48

Sur la route de Madison (1995)

de Clint Eastwood, avec Meryl Streep et Clint Eastwood

A défaut d’être véritablement crédible (vous voyez vraiment Clint Eastwood craquer pour une femme de fermier sans personnalité ?), ‘Sur la route de Madison’ a le mérite de nous montrer à quel point les aventures d'un soir étaient compliquées dans l'Amérique rurale des années 1960. Lorsqu’elle rencontre un mystérieux photographe de passage dans sa petite bourgade de l’Iowa, Francesca, la fermière donc, remet en cause son heureux mariage et se prend à rêver d’un autre destin. Bien sûr, tout ceci ne dure que le temps d’un battement de cils, et il est difficile de ne pas sentir son petit cœur trembler lorsque Clint Eastwood disparaît sous la pluie, emportant avec lui la vie qu’ils auraient pu avoir tous les deux. Ben oui mais c’est comme ça, Francesca : il y a certaines coucheries qu’on n’oublie jamais. Même si l’on sait que ça n’aurait jamais marché. – AB

47

Roméo + Juliette (1996)

de Baz Luhrmann, avec Leonardo DiCaprio et Claire Danes

Oui, Baz Luhrmann est bien ce cinéaste ultra-pompier qui aura bousillé sans vergogne le ‘Gatsby’ de Fitzgerald. Sauf qu’en 1996, son ‘Roméo + Juliette’ réussissait quand même à susciter un bel emballement adolescent. D'abord parce que c’est avec ce film, romantique au second degré et visuellement excessif, que Claire Danes et Leonardo DiCaprio explosèrent – un an avant que ce dernier ne se retrouve sur le ‘Titanic’ de James Cameron. Aussi parce qu'en reprenant les mots exacts de la pièce de Shakespeare (en version raccourcie, tout de même), le film de Luhrmann bénéficiait d’un travail d’adaptation plutôt malin, transposant l’action de Vérone dans les quartiers chauds de Los Angeles, où Capulet et Montaigu deviennent deux gangs mafieux. Sur une BO qui fut, avec celle de ‘Trainspotting’, l’une des plus acclamées des années 1990 (compilant Garbage, Prince, Craig Armstrong, The Cardigans et Radiohead à deux reprises), DiCaprio et Danes s’embrasent ainsi en amants maudits postmodernes. Et on y croit. Surtout quand on est ado. – AP

46

La Belle et le Clochard (1955)

d'Hamilton Luske, avec Larry Roberts et Barbara Luddy

Sorti en 1955, ‘La Belle et le Clochard’ appartient à la deuxième vague des grands succès du studio Disney. Après ‘Blanche-Neige et les Sept Nains’ (1937), ‘Pinocchio’ et ‘Fantasia’ (1940) ou ‘Bambi’ (1942), la production s’était lancée dans des films à prises de vues réelles, souvent à des fins de propagande et d’effort de guerre (‘Victoire dans les airs’ en 1943, ‘Les Trois Caballeros’ en 1944)… et y perdit une assez large part de son public. Au début des années 1950, le studio décide donc de se recentrer. Seuls cinq longs métrages sortiront au cours de cette décennie. Mais tous seront des réussites : ‘Cendrillon’ (1950), ‘Alice au pays des merveilles’ (1951), ‘Peter Pan’ (1953), ‘La Belle et le Clochard’ (1955) et ‘La Belle au bois dormant’ (1959). Bref, ce qu’on peut appeler, a posteriori, l’âge d’or des films Disney. Drôle d’histoire d’amour entre un cocker spaniel anglais et un chien errant, ‘La Belle et le Clochard’ est évidemment resté célèbre pour sa scène de spaghettis. Mais, comme souvent chez Disney, il se voit également agrémenté d'un remarquable accompagnement musical, où l’on retrouve la chanteuse Peggy Lee, complice de Duke Ellington, dans pas moins de quatre rôles. Dont celui de ces deux chats siamois délicieusement flippants. – AP

45

Baisers volés (1968)

de François Truffaut, avec Jean-Pierre Léaud et Claude Jade

Presque une décennie après ‘Les Quatre Cents Coups’ (1959), Truffaut renoue avec Antoine Doisnel dans ce deuxième long métrage de la série consacrée à son alter-ego fictif. Inspiré d’un roman de Balzac (‘Le Lys dans la vallée’), ‘Baisers volés’ voit donc Antoine Doisnel – toujours interprété par un Jean-Pierre Léaud lunaire – travailler comme veilleur de nuit, détective privé ou réparateur de télévisions. Mais surtout, le film est pour Truffaut l’occasion de rendre compte de l’éducation sentimentale de son héros, qu’il case d’abord avec Christine (Claude Jade), puis fait tomber fou amoureux d’une femme mariée (à Michael Lonsdale, d’ailleurs) : Fabienne Tabard (Delphine Seyrig). Celle-ci aura pour lui, au terme d’un monologue d’une sensualité incroyable, ce sommet de la déclaration d’amour impossible : « Je vous propose un contrat, un vrai contrat équitable pour tous les deux. Puisque nous aimons tous les deux ce qui est exceptionnel… Voilà, je viens là, près de vous. Maintenant. Nous restons ensemble pendant quelques heures. Et ensuite, quoi qu’il arrive, nous ne nous revoyons plus jamais. D’accord ? » On vous laisse imaginer la réponse. – AP

44

La Dame du vendredi (1940)

d'Howard Hawks, avec Cary Grant et Rosalind Russell

Ayant débuté comme réalisateur de films muets, Howard Hawks forçait ses acteurs à parler avec un débit très rapide, pour donner à ses films un style plus réaliste et percutant. ‘La Dame du vendredi’, qui pousse cette technique à son paroxysme, se présente donc comme une avalanche de sarcasmes et de bons mots, débités à toute vitesse par ses charmants protagonistes. Hildy (Rosalind Russell), journaliste de talent, annonce à Walter (Cary Grant), son ex-mari et patron, qu’elle compte se remarier et changer de vie. Pendant une journée, Walter met alors au point une succession de stratagèmes éhontés pour gâcher la vie de son rival et, surtout, séduire Hildy à nouveau. C’est drôle, intelligent et impertinent – mais si vous ne voulez pas en perdre une miette, les sous-titres sont fortement conseillés. – AB

43

Tabou (2012)

de Miguel Gomes, avec Ana Moreira et Carloto Cotta

Comme dans les deux premiers longs métrages du passionnant Miguel Gomes (‘La gueule que tu mérites’ et ‘Ce cher mois d’août’), le récit de ‘Tabou’ est scindé en son milieu. La première partie suit les derniers jours d’Aurora, vieille dame un peu fantasque, du point de vue de sa voisine de palier, à Lisbonne. Inversant la chronologie, la seconde partie de ‘Tabou’, dans un noir et blanc superbe et sans dialogues (admirablement remplacés par une voix-off), narre un amour de jeunesse d’Aurora, en pleine Afrique coloniale. Envoûtant comme un poème, nostalgique d’un paradis perdu, cette histoire d’amour se révèle hélas socialement impossible : Aurora est mariée, bientôt enceinte, tandis que son amant, Ventura, cherche à organiser des tournées avec le groupe de pop (tendance "Be my baby") dont il est batteur. C’est beau, c’est triste, mais sur un ton singulier, fantomatique et irréel. Comme l’ultime spectre de passions, estompées depuis longtemps. Un grand film d’amour, mais aussi l’un des grands films, tout court, de ces dernières années. – AP

42

Voyage en Italie (1954)

de Roberto Rossellini, avec Ingrid Bergman et George Sanders

Grand maître du néo-réalisme italien depuis le milieu des années 1940, Rossellini trouve avec ‘Voyage en Italie’ un équilibre aussi audacieux que réussi entre écriture et improvisation, fiction romanesque – en l’occurrence, celle d’un drame sentimental – et approche documentaire de la réalité. Le synopsis est désarmant : Alexander (George Sanders) et Katherine (Ingrid Bergman), couple de touristes anglais, se rendent compte, à leur arrivée en vacances à Naples, qu’ils ne s’aiment plus. Elle, romantique, a un touchant petit côté Madame Bovary ; lui, viril et prosaïque, ferait plutôt penser à Don Draper. Autant dire, c’est la crise. Mais derrière cette idée simple, c’est l’intelligence de la réalisation de Rossellini qui laisse songeur, juxtaposant de véritables séquences de voyage (paysages, scènes de rue, fouilles archéologiques, visites au musée…) à son intrigue principale. Une leçon de cinéma, qui, malgré son âge, n’a rien perdu de sa force. – AP

41

Tous les autres s'appellent Ali (1974)

de Rainer Werner Fassbinder, avec Brigitte Mira et El Hedi Ben Salem

Lorsqu’Emmi (Brigitte Mira), veuve allemande pleine d’entrain, décide d’épouser Ali (El Hedi ben Salem), un Marocain de trente ans son cadet, l’incompréhension de son entourage est totale. Ses voisines cherchent à l’expulser de l’immeuble, ses collègues l’évitent comme la peste, même sa famille la renie. Et quand Emmi elle-même, pour tenter d’impressionner ses amies, commence à se vanter de l’exotisme de son mari, il est impossible de réprimer un frisson. S’inspirant d’une histoire d’amour impossible typiquement hollywoodienne (le film emprunte beaucoup à ‘Tout ce que le ciel permet’ de Douglas Sirk) pour la replacer dans le contexte social et politique de l’Allemagne de l’Ouest, Fassbinder donne à ses personnages un comportement volontairement excessif, afin de mieux amplifier l’angoisse psychologique du spectateur. Ainsi, chaque petit acte d’intolérance finit par devenir purement insoutenable. Enfin, ne ratez pas les brèves apparitions de Fassbinder, plutôt comique dans le rôle du beau-fils macho d’Emmi. – AB




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