Monde icon-chevron-right France icon-chevron-right Paris icon-chevron-right Les 60 meilleurs films d'horreur

Les 60 meilleurs films d'horreur

Les films d'horreur les plus terrifiants de l'histoire du cinéma

Par La Rédaction
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D'adorables gamins démoniaques, des monstres visqueux, des vampires truculents et quelques gens soigneusement empalés. Tout ce qu'il faut pour fermer sa porte à double tour et dormir la lumière allumée. Mais ce classement n'aurait pu voir le jour sans une brochette de névrosés, de psychotiques, de voyeurs, de fanatiques et de tueurs en série... Time Out présente sa collection idéale (et un poil terrifiante) des 60 meilleurs films d'horreur de l'histoire du cinéma. Ceci dit, si vous n'avez pas le cœur solidement accroché et que vous craignez d'avoir trop peur (petite nature !), n'hésitez pas à lorgner du côté de nos guides du film d'amour, du cinéma de science-fiction ou de nos 100 meilleurs films français. Pour les autres, installez-vous confortablement dans votre canapé, seul(e) de préference, dans le noir et bon courage. 

L'exorciste
L'exorciste

1. L'Exorciste (1973)

de William Friedkin, avec Ellen Burstyn, Linda Blair, Jason Miller et Max von Sydow

Si L’Exorciste est arrivé en tête de ce classement des films d'horreur, ce n’est pas uniquement parce qu’il est le plus culte, doté de répliques inoubliables (« Ta mère suce des bites en enfer, Karras »). Nul besoin en effet de rappeler ce que sont les scènes de l’exorcisme, de l’araignée sur le dos, ou, bien sûr, celle du crucifix : elles font désormais partie de la mémoire collective, au-delà du cercle restreint des passionnés du genre. Ce n’est pas non plus parce qu’il est l'un des films d’épouvante les plus rentables – plus de 402 millions de recettes –, ni le plus primé – deux Oscars (meilleur son et meilleur scénario adapté), sans oublier six nominations.

Mais c’est avant tout parce que le film de William Friedkin est un bijou d'horreur cinématographique qui réconcilie les différentes branches du genre, alliant la beauté visuelle d’un Suspiria à la monstruosité très concrète de La Nuit des morts-vivants. Et quoi de plus terrifiant que la vue d’une enfant innocente ainsi pervertie, crachant des obscénités avec la conviction d’un taulard, se tordant dans tous les sens – y compris un 360° cervical des plus dérangeants –, tout en projetant des litres de vomi sur quiconque ose l’approcher ?

Privilégiant des acteurs inconnus (hormis Ellen Burstyn) à des célébrités, passant des souks d’Irak aux rues tranquilles de Washington, mêlant drames personnels et violence graphique, William Friedkin parvint à créer un film unique, à la fois brutal et artistique. S’il s’inscrit parfaitement dans la lignée de thrillers sataniques comme Rosemary’s Baby ou La Malédiction, L’Exorciste sent le soufre, la putréfaction, la pisse et le sang comme aucun autre.

Un film si moralement et religieusement incorrect que la jeune actrice Linda Blair reçut des menaces de mort, et fut obligée de vivre sous protection policière pendant plusieurs mois. Le fait qu’aujourd’hui encore il parvienne à provoquer la même stupeur viscérale qu’en 1973 atteste de la puissante vision esthétique de Friedkin. Et justifie assez clairement sa position au sommet de ce classement.

The Shining
The Shining

2. Shining (1980)

de Stanley Kubrick, avec Jack Nicholson, Shelley Duvall et Danny Lloyd

Shining, c'est l'histoire d'un pétage de plomb. Celui de Jack Torrance (un Jack Nicholson félin), quadragénaire écrivain à ses heures, qui vient d’accepter de remplacer pendant l’hiver le gardien de L’Overlook Hotel, labyrinthique palace isolé dans les montagnes du Colorado. Avec lui, sa femme, Wendy (Shelley Duvall) et leur jeune fils, Danny (Danny Lloyd). Peu à peu, le passé sanglant de l'hôtel paraît prendre possession de l'esprit de Jack ; bientôt, la neige coupe les voies de communication. Et quelques bons coups de hache dans la porte des chiottes plus tard…

Inutile de s'appesantir davantage sur le synopsis, tiré de l'ultra-fameux roman de Stephen King : ce Shining est avant tout une histoire d'atmosphère. Une énorme partie du livre se trouve d’ailleurs évacuée par le réalisateur, en particulier les passages, nombreux, ayant trait à l’histoire mafieuse de l'hôtel. Non. En fait, la grande force des adaptations d'œuvres littéraires par Stanley Kubrick (presque tous ses films en sont), c'est de savoir se saisir de quelques scènes, d'une poignée d'éléments-clés du bouquin d’origine pour les amplifier, leur donner la puissance et la densité de symboles, de projections mentales, avec des moyens purement cinématographiques.

Maniaque de la symétrie et des jeux d’espace dans la composition des plans, il fait ici alterner une mise en scène froide, impérieuse (les lents travellings sur les salles de l’Overlook) et un dynamisme sinueux, agressif et véloce – ainsi, lorsque sa caméra suit comme une proie l'enfant en tricycle dans les couloirs. Huis clos oppressant dans un environnement gigantesque, Shining slalome entre le surnaturel (option maison hantée) et le réalisme (ce type est juste fou), et en profite pour jouer à merveille sur la barbarie hilare de Jack Nicholson, qui trouve sans doute là l’un des personnages les plus jouissifs de sa carrière.

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Massacre à la tronçonneuse
Massacre à la tronçonneuse
Massacre à la tronçonneuse

3. Massacre à la tronçonneuse (1974)

Cinéma Epouvante-horreur

de Tobe Hooper, avec Edwin Neal et Allen Danziger

Il y a les films d’horreur qui jouent sur le mystère, la subtilité, la tension psychologique. Et puis, il y a Massacre à La Tronçonneuse. Le film de Tobe Hooper, réalisé avec un budget microscopique, et symbole du do it yourself du cinéma d’horreur, fait preuve d’un style tellement frontal qu’il fut très longtemps censuré dans plusieurs pays, notamment au Royaume-Uni, où il fallut attendre 1999 pour qu’il soit projeté sur grand écran. Comme son titre l'indique, Massacre à La Tronçonneuse ne laisse aucune place à l’imagination, installant au contraire une terreur des plus pures, amplifiée par l’absence totale de musique - à l’exception de quelques menaçantes timbales.

Revenant d’un road trip au fin fond du Texas, cinq jeunes innoncents - dont une blonde et son frère en fauteuil roulant - tombent en panne d’essence, et se retrouvent coincés dans un village de rednecks aux déficiences mentales et dentaires plutôt critiques. Mais leur plus grande menace est peut-être Leatherface, un immense boucher qui porte la peau de ses victimes en guise de masque. En accord avec le style radicalement direct du film, aucun mystère n’entoure l’identité de ce monstrueux tueur, qui nous apparaît complètement - et en plein soleil - dès son premier meurtre. Pourtant, s’il achève brutalement ses proies à coups de marteau ou de tronçonneuse, “Face de Cuir” s’avère au final être le plus sympathique des personnages, pleurnichant d’un air coupable après avoir découpé et congelé ses deux premières victimes.

Le plus effrayant n’est donc pas tant cet étrange serial-killer que le reste de sa famille, bouseux vicieux et attardés qui fabriquent des lampes avec les têtes de leurs victimes (plutôt original, ceci dit). Ainsi, un peu à la manière d'un Elephant Man, Leatherface parviendrait presque à nous émouvoir, y compris à la fin du film, lors de sa danse macabre en plein milieu de la route, baigné par la lumière orangée du crépuscule. À la fois grotesque, lyrique et audacieux.

Psychose
Psychose

4. Psychose (1960)

d'Alfred Hitchcock, avec Anthony Perkins et Janet Leigh

Dépassant tous les genres, les cadres, les catégories, Psychose est l'un des plus grands coups de maître d'Hitchcock, et une référence absolue dans l'histoire du cinéma. Le film commence sur le mode policier, où l'on suit Marion Crane (Janet Leigh), une secrétaire criminelle qui tente de s'enfuir avec le fric de ses patrons (en même temps, on la comprend).

Autrement dit, la paranoïa et la culpabilité de la jeune femme sont au centre de la première partie du film. Jusqu'au moment où elle fait halte dans une pension, tenue par un type assez chelou, personnage dès lors devenu mythique dans la culture populaire : Norman Bates (Anthony Perkins), le summum du serial-killer œdipien.

Sa grande modernité, le film la partage avec L’Avventura d’Antonioni, sorti la même année : elle se joue au niveau d'une narration rompue, brisée, qui laisse le spectateur pantois et désorienté. Puisqu'en effet, Psychose change de personnage principal en cours de route, abandonnant le cadavre de Janet Leigh au carrelage d'une salle de bains, pour s'attacher à scruter la folie meurtrière de Bates.

Il y aurait beaucoup à dire sur l'interprétation impressionnante de Perkins, sur le sentiment de malaise distillé par Hitchcock dans un simple champ-contrechamp, et, bien sûr, sur la mythique scène de la douche, certainement l'une des séquences les plus célèbres du cinéma mondial, mélange d'érotisme voyeur (tout à fait hitchcockien, donc) et de violence esthétisée. A elle seule, le scène prit quasiment un tiers du temps de tournage.

Aujourd'hui, les hommages et références à Psychose – à commencer par le Halloween de John Carpenter – ne se comptent plus. Adorateur du film, Gus Van Sant en a même fait un remake tout à fait dispensable. Et pourtant, Psychose continue de donner l’impression de pouvoir être redécouvert, ou au moins resavouré, à chaque visionnage. Bref, un film qui tue.

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Alien
Alien
Photo: Courtesy of Twentieth Century Fox

5. Alien (1979)

de Ridley Scott, avec Tom Skerritt et Sigourney Weaver

Ceux qui, à sa sortie, ont reproché à Alien son apparent manque d’action n’avaient précisément rien compris à son génie. Dès le générique, qui déroule lentement mais inexorablement des barres obliques pour former le mot “Alien”, on perçoit déjà la menace indicible qui pèse sur le Nostromo. Et c’est justement parce que ces premières quarante-cinq minutes du film – que certains trouvèrent donc soporifiques – s’attardent sur les tâches quotidiennes de l’équipage du vaisseau spatial, qu’une angoisse pérenne s’installe.

Et, lorsque la tension éclate enfin, le rythme du film tourne à la crise d’épilepsie sous cocaïne. L’argument d’Alien est simplissime mais implacable : une bête très grosse, très méchante, et surtout très visqueuse se retrouve à bord d’une navette : techniquement, il n’y a donc non seulement personne pour vous entendre crier, mais aucun moyen de vous échapper non plus.

La meilleure scène du film reste sans doute celle où un monstre répugnant s’éjecte violemment de l’estomac du capitaine du vaisseau, invoquant à la fois l’imagerie du viol et de l’accouchement. Car Alien, avec force symboles phalliques et métaphores sur l’enfantement, est aussi une puissante critique féministe, incarnée à l'écran par Sigourney Weaver, figure de proue des héroïnes badass au cinéma.

Lors du tournage de cette première scène d’action, bouclée en une seule prise, les acteurs ne savaient d'ailleurs pas à quoi s’attendre, et leur stupeur écœurée dut être à peu près la même que celle du spectateur. Ajoutez à ces accès de violence une ambiance moite et claustrophobe, des éléments visuels futuristes et quasi-visionnaires, et vous obtenez simplement l’un des meilleurs films de science-fiction jamais réalisés.

The Thing
The Thing

6. The Thing (1982)

de John Carpenter, avec Kurt Russell et Wilford Brimley

Parmi le cortège de possibilités alléchantes qu’un voyage dans le temps pourrait offrir, on se dit qu'on en profiterait bien pour aller dire au John Carpenter de 1982 qu'un jour, son nouveau film serait reconnu comme l’un des plus grands films d'horreur. Car comme nombre de classiques du genre, The Thing fut d'abord boudé, vilipendé, critiqué comme un vague clone d’Alien, simplement occupé à repousser les limites des effets spéciaux.

En deux mots, la réception du film fut un flop catastrophique, menaçant même la réputation de Carpenter, pourtant reconnu à l'époque comme le maître incontesté de l'épouvante. Mais avec le recul, cette angoissante histoire de mal intérieur et de créature métamorphe, d'équipe de chercheurs perdus dans l'environnement inhumain de l'Antarctique, en est arrivée à poser quelques-uns des jalons essentiels du cinéma fantastique et d'angoisse contemporain.

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Rosemary's baby
Rosemary's baby

7. Rosemary's Baby (1968)

de Roman Polanski, avec Mia Farrow, John Cassavetes et Ruth Gordon

Un déménagement, ce n’est jamais facile. Mais quand en plus les voisins d’en face sont un couple de satanistes octogénaires bien décidés à vous faire porter l’enfant du diable, c’est encore moins marrant. Ambiance claustrophobe, onirisme menaçant et paranoïa latente caractérisent cette première réalisation hollywoodienne de Roman Polanski, adaptation du roman d’Ira Levin paru un an plus tôt.

Après Répulsion et avant Le Locataire, le film s’inscrit dans une trilogie sur l’horreur quotidienne de la vie en appartement : ainsi, dans la prison dorée des Woodhouse, le tic-tac de l’horloge se fait de plus en plus oppressant, tandis que les murs, immaculés, paraissent de plus en plus étroits. Le ton, d'une angoisse sournoise, est donné dès les premières secondes du générique, lorsque la voix de Mia Farrow retentit, fredonnant un air mi-innocent, mi-inquiétant – le désormais célèbre “Lullaby”.

Car si l’horreur se manifeste à plusieurs reprises – notamment lorsque Rosemary se fait violer par le diable en personne –, les scènes les plus glaçantes sont en fait les plus ordinaires : lorsqu’on assiste à la désintégration progressive du couple formé par Mia Farrow et John Cassavetes, alors que la grossesse de Rosemary, elle, progresse comme une véritable bombe à retardement.

Réalisé en 1968, le film de Polanski est resté dans les mémoires pour sa capacité à brouiller la frontière entre fantastique et psychologique, mais aussi pour avoir ouvert la voie au genre des thrillers sataniques, suivi par La Malédiction ou L’Exorciste.

8. Halloween : La Nuit des masques (1978)

de John Carpenter, avec Donald Pleasence et Jamie Lee Curtis

Si la série des 'Halloween' a bien vu défiler une ribambelle d'épisodes parfois médiocres, cette ‘Nuit des masques’ inaugurale reste une œuvre incontournable du cinéma d'horreur fin-1970, et une véritable leçon d’angoisse. Dès sa séquence d'ouverture, hommage appuyé au 'Psychose' d'Hitchcock, John Carpenter (dont ce n'est que le troisième long métrage) se révèle un réalisateur impeccable et extrêmement inventif.

Par exemple, lorsqu’il choisit de filmer son premier meurtre en caméra subjective, plaçant le regard du spectateur à la place même de celui de l'assassin. Ce dernier, Michael Myers, se révèle ensuite n'être qu'un enfant de 6 ans… qui vient de trucider sa sœur à grands coups de couteau de cuisine le soir d’Halloween, sur fond de musique stressante et de cordes suraiguës (ça vous rappelle quelque chose ?). D’une certaine manière, Myers nous apparaît d’emblée comme un Norman Bates extrêmement précoce, une sorte de Mozart du serial-killing...

Quinze ans plus tard, à la veille d'Halloween – oui, oui, c’est gros comme un camion – Myers parvient à s'échapper de l'établissement psychiatrique où il était interné depuis, mutique. Autant dire, on s’attend à une belle surprise party… Sauf que la grande classe du film est de ne presque rien montrer, de simplement suggérer la présence de Myers : lorsque son pick-up rôde, ou lorsque revient le thème angoissant de la bande originale du film, composée par Carpenter lui-même (un piano répétitif et des violons synthétiques).

Déjà, le futur réalisateur de ‘The Thing’ brille par son tempérament novateur : il est ici l'un des premiers à avoir recours à la stabilisation d'un steadicam, créant des mouvements de caméra d’une fluidité impressionante, alors inédite – que Kubrick systématisera, deux ans plus tard, dans les couloirs de l’Overlook Hotel de ‘Shining’. Bref, une référence incontournable. Et toujours habilement stressante.

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