Les meilleurs films de 2014

Le bilan de l'année 2014 en 30 films

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Under the Skin

de Jonathan Glazer

Lire la critique d''Under the Skin' - Meilleurs films 2014

Les 30 meilleurs films de 2014

1

12 Years a Slave

  • Note: 5/5

Le souci principal de ‘Twelve years a slave’, c’est qu’il s’avance avec un gros panneau « chef-d’œuvre » sur le front. Du coup, comme quand un premier de la classe passe au tableau, on l’attend au tournant. Voyez donc : un réalisateur rare – dont ce n’est que le troisième film – à l’esthétique maîtrisée, venu de l’art contemporain avec le bon goût de s’appeler Steve McQueen. Plus un casting creamy deluxe où l’on retrouve son acteur fétiche, Michael Fassbender, aux côtés de Brad Pitt, Benedict Cumberbatch, Paul Dano ou Paul Giamatti. Le tout pour un sujet aussi sérieux que douloureux. Ouh là… Lire la suite

2

20 000 jours sur Terre

  • Note: 5/5

Il faut l’avouer, rares sont les documentaires musicaux de cette trempe : dès ses premières secondes, ‘20.000 jours sur Terre’ tranche en effet radicalement avec le tout-venant du genre, synthétisant dans son générique les 19.999 premiers jours de la vie de Nick Cave à travers un patchwork, aussi épatant qu’épileptique, d’archives visuelles et sonores. Puis, le film s’ouvre sur le jour d’après, celui qui donne son titre à ce long métrage de Iain Forsyth et Jane Pollard, et où l’on suit pendant 24 heures l’artiste australien, résidant désormais à Brighton, au sud de l’Angleterre. C’est là la première originalité du film : évacuer la... Lire la suite

3

Adieu au langage

  • Note: 5/5

A travers son titre comme à travers les idées qu’il lance à la cantonade, ‘Adieu au langage’ ressemble à une révérence, à une ultime pirouette de Jean-Luc Godard. Et disons-le tout de suite : ce qu’on peut trouver dans cette courte missive d'à peine une heure dix est tout simplement incroyable. D'abord d'un point de vue formel, où Godard paraît inventer une inédite 3D d'auteur, d’une ironie souvent rageuse, jouant avec les nerfs optiques, les perceptions et le psychisme de ses spectateurs. D'autre part, le propos même du film, tour à tour philosophique, funéraire, comique, anarchiste ou scato, ne ressemble en rien à... Lire la suite

4

Bande de filles

  • Note: 4/5

Elles sont sympathiques comme tout et débordantes de naturel, les filles de la bande à Sciamma. A travers elles, la réalisatrice parvient même à saisir assez joliment ce qui constitue l’éphémère harmonie d’un groupe : des personnalités parfois divergentes, mais qui s’épaulent, s’entraident à un moment de leur vie, sur un pied d’égalité, jusqu’à constituer une micro-communauté affective, sans jamais dissoudre les individualités au sein du groupe. Après ‘Naissance des pieuvres’ et ‘Tomboy’, Céline Sciamma retrouve donc son thème de prédilection, le passage à l’adolescence chez les jeunes filles, en... Lire la suite

5

Dallas Buyers Club

  • Note: 4/5

C’est le monde à l’envers. Alors que des films comme '40 ans : mode d’emploi' se permettent de durer 2h15 et que le sens du mot « montage » semble être tombé dans l’oubli, c’est 'Dallas Buyers Club', l’histoire très hollywoodienne et pourtant vraie d’un cowboy homophobe devenu militant LGBT (sic), qui paradoxalement frappe par sa sobriété. Loin du tire-larmes sirupeux qu’il aurait facilement pu devenir, 'DBC', tourné en une vingtaine de jours caméra à l’épaule, fait preuve d’une surprenante pudeur. Le film décrit la trajectoire d’un homme ignorant et intolérant qui, diagnostiqué séropositif en 1986... Lire la suite

6

Deux jours, une nuit

  • Note: 4/5

Les longs métrages des frères Dardenne se suivent, et se ressemblent assez. Le point positif : le ton qu’ils développent de film en film parvient à rester juste, pertinent, avec une vision souvent puissante – à mesure, en fait, qu’elle paraît désespérée. Nouvelle fable sociale du duo, ‘Deux jours, une nuit’ bénéficie d’un thème simple et efficace : Sandra (Marion Cotillard) dispose d’un week-end – d’où le titre du film – pour convaincre ses collègues de renoncer à la prime de mille euros qui leur a été octroyée, afin qu’elle puisse conserver son travail. Aussi le film joue-t-il essentiellement sur la répétition et, assez naturellement... Lire la suite

7

Her

  • Note: 4/5

‘Her’, le dernier long métrage de Spike Jonze (en salles le 19 mars 2014) est tout simplement phénoménal. C’est sans doute le premier film de science-fiction dont l’univers futuriste sert uniquement de contexte à l’histoire – une comédie romantique entre un homme et un système informatique. Ni utopique, ni dystopique, le monde qu’il crée est plutôt une version sensiblement améliorée de celui que nous connaissons : tout y semble plus pratique, plus confortable, plus accessible (les claviers n’existent plus, les jeux vidéo sont en 3D et les pantalons se portent larges et au dessus du nombril). Encore plus... Lire la suite

8

Interstellar

  • Note: 5/5

Inutile de tourner autour du pot, ‘Interstellar’ est bien ce qu’il paraît être : un film qui vous en met plein la gueule – mais avec une certaine classe – pendant près de trois heures. D’ailleurs, si vous vous souvenez du délire visuel intergalactico-psychédélique à la fin de ‘2001, l’Odyssée de l’espace’, sachez que Christopher Nolan s’en souvient fort bien lui aussi. Bref, ‘Interstellar’ a le mérite de rester un film de SF assez old school d’un point de vue formel (refus de la 3D et des fonds verts, abondance de décors naturels…) : du grand spectacle à l’ancienne, comme on n’en voit finalement qu’assez rarement. Niveau scénario... Lire la suite

9

L'Enlèvement de Michel Houellebecq

  • Note: 4/5

Devenir un personnage de fiction. C'est la dernière consécration qui manquait à Michel Houellebecq pour devenir une véritable icône pop à la française. A l'écran du moins, car l'auteur s'est déjà mis en scène dans son roman 'La Carte et le Territoire', prix Goncourt 2010 dans lequel il prend un malin plaisir à s'inventer une fin horriblement gore. Pour Arte, c'est le cinéaste Guillaume Nicloux qui s'amuse à imaginer ce qu'aurait pu être l'enlèvement de l'écrivain, à partir d'une rumeur de 2011 qui, pendant une semaine, fit croire à un kidnapping de... Lire la suite

10

La Frappe

  • Note: 4/5

Les amitiés adolescentes contiennent presque toutes une dose de sadomasochisme, une tension latente, qui peut faire basculer l’équilibre précaire des sentiments. C’est le cœur de ce noyau atomique instable qu’étudie le cinéaste sud-coréen Yoon Sung-hyun dans son premier film, ‘La Frappe’, réalisé à la fin de ses études avec un budget ridicule. Il faut croire que la frugalité de moyens n’a pas trop gêné le réalisateur, qui réussit là une entrée fracassante dans le monde du cinéma. Présenté un peu vite comme un polar, le film tourne en effet autour d’un drame dévoilé dès le début : trois lycéens, Ki-tae, Dong-yoon et Becky... Lire la suite

11

Le Paradis

  • Note: 4/5

Trois ans après avoir offert à Vincent Lindon un ‘Pater’ politiquement incisif, drôle et inventif, Alain Cavalier revient avec ‘Le Paradis’, film minimal et follement touchant, mêlant journal filmé et relecture de mythes fondateurs de la Bible ou d’Homère. Bien que classé « expérimental » (adjectif qui, pour beaucoup, paraît synonyme de « franchement flippant »), ce nouveau long métrage se révèle en fait très ouvert, doux, chaleureux et accueillant. D’une inimitable classe de moine zen, Cavalier y retranscrit, avec un humour et un second degré souvent délicieux, différents aspects de son quotidien ; en particulier, son... Lire la suite

12

Le vent se lève

  • Note: 4/5

S’il s’agit vraiment de l’ultime film de Hayao Miyazaki – mais vu qu’il a tendance à annoncer sa retraite avant la sortie de chacun de ses films, ce n’est pas encore chose faite – ‘Le vent se lève’ s’avère une conclusion à la fois adéquate et inconfortable. De prime abord, c’est un biopic de Jiro Horikoshi, l’inventeur des bombardiers japonais Mitsubishi A6M Zero, où on le voit passer de jeune rêveur à rouage de la machine de guerre japonaise. Mais on y trouve aussi plusieurs indices autobiographiques ; en s’articulant autour du destin d’un inventeur anticonformiste, le film est une célébration de l’indépendance... Lire la suite

13

Leviathan

  • Note: 4/5

Si ‘Leviathan’ paraît débuter comme un classique film russe estampillé Cannes (où il reçut, d’ailleurs, le prix du Scénario), son caractère contemplatif, hiératique, se voit bientôt battu en brèche par un montage surprenant, haché, et des accélérations du temps narratif qui pourraient évoquer un Scorsese s’immisçant entre deux tranches de Tarkovski. Sur 2h20, le film suit Kolya (Alexei Serebriakov), mécanicien et garagiste d’une quarantaine d’années, marié à la belle Lilya (Elena Lyadova), et père d’un adolescent taciturne (Sergey Pokhodaev). Lorsque vient à sa rencontre le Leviathan du titre – c’est-à-dire l’Etat... Lire la suite

14

Mange tes morts

  • Note: 4/5

Entre fable initiatique, polar à la sauce Pieds Nickelés et docu-fiction chez les Manouches, ‘Mange tes morts’ réussit à slalomer avec une cohérence inattendue et un ton d’une drôlerie inédite, en marge d’une tension dramatique qui pourrait évoquer celle d’un ‘Ocean’s Eleven’ en mode gitan. Chez les Yéniches, communauté tsigane du nord de la France, l’horizon paraît violemment bouché. Deux seules possibilités s’offrent ainsi au jeune Jason Dorkel (Jason François), tout juste 18 ans : la religion ou la délinquance. Mais alors que celui-ci s’apprête à célébrer son baptême chrétien, son demi-frère, Fred... Lire la suite

15

Métabolisme (ou quand le soir tombe sur Bucarest)

  • Note: 5/5

Ce n’est plus un secret : depuis le milieu des années 2000, le cinéma roumain a clairement su émerger comme l’un des plus intéressants et vivants d’Europe, grâce à des réalisateurs comme Cristi Puiu (‘La Mort de Dante Lazarescu’), Cristian Mungiu (‘4 mois, 3 semaines, 2 jours’, ‘Au-delà des collines’), et surtout Corneliu Porumboiu, pour lequel on a vraiment un petit faible depuis son précédent film, le minimaliste et malin ‘Policier : adjectif’ (2009). Pour ce nouveau long métrage tout en plans-séquences (sa marque de fabrique), Porumboiu... Lire la suite

16

Mister Babadook

  • Note: 4/5

Il existe manifestement deux types de films de genre. Au moins. D’une part, ceux qui relèvent directement du cinéma d’exploitation (blaxploitation, chambara, giallo, slasher…), et se contentent en général de jouer sur des codes génériques pour le pur plaisir de la manipulation de symboles. Ce qui peut être chouette. Et d’autres films, qui choisissent également d’adopter un genre spécifique, mais pour mieux le transgresser, le vampiriser, et exprimer une singularité, une vision intime ou sociale, derrière son apparente superficialité industrielle. D’un côté, si l'on veut, Tarantino. De l’autre, Hitchcock. Or, pour... Lire la suite

18

Nymphomaniac : volume 1

  • Note: 4/5

En découvrant ‘Nymphomaniac’, le premier truc qu’on se dit, c’est que Von Trier est vraiment un type intelligent. Aguichant le badaud avec ses affiches salaces, un titre qui sent le soufre (et pas que) et des rumeurs de tournage orgiaque, le Danois prend en fait un malin plaisir à détourner les attentes du public : livrant de son film un premier volet intimiste, minimal, sobre et distancié. Ceux qui s’attendaient à se retrouver devant du porno hardcore se retrouveront donc vite la queue entre les jambes. Ok, on arrête là les blagues moisies. A la base du film, un face-à-face : celui de Joe (Charlotte Gainsbourg – qu’on aurait... Lire la suite

19

Nymphomaniac : volume 2

  • Note: 4/5

Donnez-lui un ange, il en fera un démon. Avec ce deuxième volume de ‘Nymphomaniac’, von Trier poursuit son entreprise de subversion et d’inversion des valeurs, dans une lecture antichrétienne – ou profondément christique, c’est selon – des comportements humains. Si le premier volet, étonnamment drôle, apportait une once de légèreté à l’œuvre du réalisateur danois, ce deuxième se montre bien plus froid et cruel, dans la droite lignée d’‘Antichrist’ et ‘Melancholia’. Fini l’âge tendre, la découverte par Joe de sa nymphomanie et la consommation massive mais plutôt joyeuse de chair masculine. Lire la suite

20

Only Lovers Left Alive

  • Note: 4/5

Le charme essentiel des films de genre, c’est qu’on y met ce qu’on veut. Aussi Jim Jarmusch vampirise-t-il ici le film de vampire (amusant cannibalisme), dont il reprend les codes dans une décontraction totale, pour explorer la part la plus romantique du mythe. 'Only Lovers Left Alive' se résume en une idée simple, mais assez suggestive pour le faire tenir. A savoir : immortel, le vampire constitue la figure ultime du nostalgique, contraint de voir ses repères vaciller devant une société qui lui échappe, dont il ne parvient à appréhender une évolution qui lui paraît absurde. Or, cette intuition, qui participait déjà beaucoup de... Lire la suite

21

Pasolini

  • Note: 4/5

Voici enfin l’un des projets les plus attendus de 2014 ; non sans une certaine méfiance, d’ailleurs, vu le précédent long métrage d’Abel Ferrara, ‘Welcome to New York’, sulfureux navet autour de l’affaire DSK, dont on se serait plutôt bien passé. Surtout, le synopsis de ce ‘Pasolini’ pouvait lui-même laisser dubitatif, centré sur le dernier jour du cinéaste italien, jusqu’à sa mort ultraviolente sur la plage d’Ostie, près de Rome : la crainte d’un film oscillant entre hagiographie et racolage planait donc fort sur ce ‘Pasolini’-là. Mais c’est finalement avec un immense respect et beaucoup d’humilité que Ferrara dresse le portrait... Lire la suite

22

P'tit Quinquin

  • Note: 4/5

On reproche souvent au cinéma français son caractère élitiste, son esprit de clocher et son étroitesse de vues. Un cinéma de fils et filles de, favorisant l'ego trip, les beaux quartiers ou à l'inverse le social bien-pensant, où les comédiens sont beaux et lisses, les réalisateurs classiques, les scénarios ennuyeux. Mais quand un cinéaste, Bruno Dumont, réalise pour la télévision une série en quatre épisodes totalement démente, à l'opposé de tout ça, il rencontre encore sur son chemin critiques acerbes et moues dubitatives. Si les journalistes ont dans l'ensemble fait un bon accueil à 'P'tit Quinquin', présenté à... Lire la suite

23

Saint Laurent

  • Note: 5/5

Lire aussi notre interview de Bertrand Bonello. En général, le biopic (ce fameux biographical picture qu’on pourrait souvent traduire par « hagiographie du pauvre ») est un genre à fuir. Lourdaud, pléonastique, parfois mystificateur. Heureusement, quelques contre-exemples, rares (‘Last Days’ de Gus Van Sant, ‘Napoléon’ d’Abel Gance, ‘Camille Claudel 1915’ de Bruno Dumont…), ont su avoir le mérite de se concentrer sur une période restreinte, ou un aspect unique, symbolique, de leur principal protagoniste. Ainsi, en se concentrant sur une décennie culturellement mythique (1967-1976), le ‘Saint Laurent’ de... Lire la suite

24

Sils Maria

  • Note: 4/5

Bienvenue à bord du dernier film d’Olivier Assayas, qui nous embarque en Suisse, aux côtés d’une actrice en pleine introspection. Maria Anders, jouée par Juliette Binoche, a connu la célébrité au théâtre dans la pièce de Wilhem Melchior, ‘Maloja Snake’. Elle y interprétait le rôle de la jeune Sigrid, prête à pousser au suicide son aînée Helena. Vingt ans plus tard, elle se rend en Suisse pour une cérémonie en hommage à son ami et écrivain Wilhem Melchior. Sur le chemin, son assistante lui apprend la mort de Wilhem. Bouleversée, Maria décide tout de même d’assister à la cérémonie, où elle fait une rencontre... Lire la suite

25

Sunhi

  • Note: 4/5

Voir le nouveau film de Hong Sang-soo, 'Sunhi', c’est faire l’expérience d’une impression de déjà-vu dans toute sa splendeur. Parce que les films du réalisateur sud-coréen font non seulement référence à son œuvre antérieure, mais ils ne cessent également de renvoyer à eux-mêmes à travers des dialogues, des situations, de la musique diégétique (qui fait partie de l’action du film et que les personnages entendent), qui se ressemblent et se répètent à l’envi. Semblable à cette sensation de déjà-vu, dont on ne sait pas si elle s’ancre dans la réalité ou si c’est notre cerveau qui nous joue des tours, 'Sunhi' voit ses personnages... Lire la suite

26

The Tribe

  • Note: 4/5

Un premier long métrage ukrainien sans concession, multi-primé à la Semaine de la Critique à Cannes, tourné dans un établissement pour sourds-muets et en langue des signes : l’un des films-chocs de la rentrée. Myroslav Slaboshpytskiy a un nom imprononçable. Ça tombe bien : pas un mot n’est échangé dans son ambitieux The Tribe, où l’on s’exprime exclusivement par signes. Plongée en eaux troubles au sein d’un internat pour jeunes sourds, où un groupe de garçons brutaux gère trafics de drogue et réseaux de prostitution, son film ressemble à un mix cruel entre les univers d’un Larry Clark (Kids) et... Lire la suite

27

Timbuktu

  • Note: 4/5

Gagnez des places pour 'Timbuktu' en participant à notre jeu-concours Malgré la complexité et la contemporanéité de son thème politique (l’occupation de la ville de Tombouctou par des troupes de mercenaires djihadistes), Abderrahmane Sissako parvient à trouver un ton inattendu et étonnamment équilibré, à la fois gracile et profond. Avec humour et délicatesse, c’est en effet par l’absurde que le cinéaste mauritanien traite la violence quotidienne du régime de terreur instauré par les extrémistes religieux. Absurdité des règles imposées, où musique ou football se voient interdits, où les femmes se retrouvent à devoir... Lire la suite

28

Under the Skin

  • Note: 5/5

« Fantastique », le film de Jonathan Glazer l’est dans tous les sens du terme. D’abord parce qu’il mêle les genres avec brio : sous couvert de science-fiction, ‘Under the Skin’ en appelle ainsi tour à tour au road movie, au thriller, au survival, avec de jolis détours par l’érotisme et l’horreur onirique, le tout avec une cohérence, à la fois visuelle et narrative, absolument magistrale. Basé sur le roman homonyme de Michel Faber publié en 2000, le long métrage de Glazer en réduit subtilement le propos à l’essentiel : une mystérieuse femme – mais est-elle seulement humaine ? – séduit des hommes à travers... Lire la suite

29

Winter Sleep

  • Note: 5/5

Après 'Il était une fois en Anatolie' en 2011, le cinéaste turc Nuri Bilge Ceylan revient avec 'Winter Sleep', dernière Palme d'Or à Cannes et subtil monument de vertige psychologique, qui en appelle à Tchekhov et Bergman. Un métrage long de plus de trois heures au beau milieu des montagnes turques et autour d'un personnage en crise : voilà qui a l'air a priori moins affriolant qu’'Under the Skin'. D'autant que la sortie en plein mois d’août d’un film aussi hivernal ne lui rend pas nécessairement justice. N’empêche, 'Winter Sleep' s’avance comme un chef-d’œuvre tranquille. Magistral, sans ostentation. Lire la suite

30

Wrong Cops

  • Note: 4/5

Cinquième long métrage de Quentin Dupieux, certainement son plus abouti, le délirant ‘Wrong Cops’ combine esthétique 70’s, cynisme provocateur et trivialité absurde. Le tout donne naissance à un objet filmique non identifié d’une méchanceté irrésistible. Depuis ‘Steak’ (2007) et ‘Rubber’ (2010), les amateurs d’humour absurde ont appris à connaître Quentin Dupieux, cinéaste singulier et producteur de musique électronique (délicieusement régressive) sous le pseudonyme de Mr. Oizo. Ses aficionados vont pouvoir se réjouir, car ‘Wrong Cops’ s’affirme comme son film le plus agressivement drôle... Lire la suite



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