Les meilleurs films de 2014

Le bilan de l'année à mi-parcours

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Nymphomaniac, vol. 1

de Lars von Trier

Les meilleurs films de 2014

Nymphomaniac : volume 1

  • Note: 4/5

En découvrant ‘Nymphomaniac’, le premier truc qu’on se dit, c’est que Von Trier est vraiment un type intelligent. Aguichant le badaud avec ses affiches salaces, un titre qui sent le soufre (et pas que) et des rumeurs de tournage orgiaque, le Danois prend en fait un malin plaisir à détourner les attentes du public : livrant de son film un premier volet intimiste, minimal, sobre et distancié. Ceux qui s’attendaient à se retrouver devant du porno hardcore se retrouveront donc vite la queue entre les jambes. Ok, on arrête là les blagues moisies. A la base du film, un face-à-face : celui de Joe (Charlotte Gainsbourg – qu’on aurait... Lire la suite

Nymphomaniac : volume 2

  • Note: 4/5

Donnez-lui un ange, il en fera un démon. Avec ce deuxième volume de ‘Nymphomaniac’, von Trier poursuit son entreprise de subversion et d’inversion des valeurs, dans une lecture antichrétienne – ou profondément christique, c’est selon – des comportements humains. Si le premier volet, étonnamment drôle, apportait une once de légèreté à l’œuvre du réalisateur danois, ce deuxième se montre bien plus froid et cruel, dans la droite lignée d’‘Antichrist’ et ‘Melancholia’. Fini l’âge tendre, la découverte par Joe de sa nymphomanie et la consommation massive mais plutôt joyeuse de chair masculine. Lire la suite

L'amour est un crime parfait

  • Note: 4/5

Etrange, sombre, parfois fascinant, le dernier film des frères Larrieu est parcouru de détours et d’énigmes, de chausse-trappes qui le rendent finalement aussi déceptif que passionnant. Adaptation du roman ‘Incidences’ de Philippe Djian, ‘L’amour est un crime parfait’ se déroule en Suisse, à Lausanne, sous une neige omniprésente jusqu’à l’angoisse. Charismatique prof de fac, Marc (Mathieu Amalric) y enseigne la littérature à de jeunes filles curieuses, qui ne demandent manifestement qu’à apprendre. Liant la théorie à la pratique, il n’hésite pas à ramener certaines d’entre elles jusque dans son lit – sans en piper mot... Lire la suite

12 Years a Slave

  • Note: 5/5

Le souci principal de ‘Twelve years a slave’, c’est qu’il s’avance avec un gros panneau « chef-d’œuvre » sur le front. Du coup, comme quand un premier de la classe passe au tableau, on l’attend au tournant. Voyez donc : un réalisateur rare – dont ce n’est que le troisième film – à l’esthétique maîtrisée, venu de l’art contemporain avec le bon goût de s’appeler Steve McQueen. Plus un casting creamy deluxe où l’on retrouve son acteur fétiche, Michael Fassbender, aux côtés de Brad Pitt, Benedict Cumberbatch, Paul Dano ou Paul Giamatti. Le tout pour un sujet aussi sérieux que douloureux. Ouh là… Lire la suite

Le vent se lève

  • Note: 4/5

S’il s’agit vraiment de l’ultime film de Hayao Miyazaki – mais vu qu’il a tendance à annoncer sa retraite avant la sortie de chacun de ses films, ce n’est pas encore chose faite – ‘Le vent se lève’ s’avère une conclusion à la fois adéquate et inconfortable. De prime abord, c’est un biopic de Jiro Horikoshi, l’inventeur des bombardiers japonais Mitsubishi A6M Zero, où on le voit passer de jeune rêveur à rouage de la machine de guerre japonaise. Mais on y trouve aussi plusieurs indices autobiographiques ; en s’articulant autour du destin d’un inventeur anticonformiste, le film est une célébration de l’indépendance... Lire la suite

Dallas Buyers Club

  • Note: 4/5

C’est le monde à l’envers. Alors que des films comme '40 ans : mode d’emploi' se permettent de durer 2h15 et que le sens du mot « montage » semble être tombé dans l’oubli, c’est 'Dallas Buyers Club', l’histoire très hollywoodienne et pourtant vraie d’un cowboy homophobe devenu militant LGBT (sic), qui paradoxalement frappe par sa sobriété. Loin du tire-larmes sirupeux qu’il aurait facilement pu devenir, 'DBC', tourné en une vingtaine de jours caméra à l’épaule, fait preuve d’une surprenante pudeur. Le film décrit la trajectoire d’un homme ignorant et intolérant qui, diagnostiqué séropositif en 1986... Lire la suite

Only Lovers Left Alive

  • Note: 4/5

Le charme essentiel des films de genre, c’est qu’on y met ce qu’on veut. Aussi Jim Jarmusch vampirise-t-il ici le film de vampire (amusant cannibalisme), dont il reprend les codes dans une décontraction totale, pour explorer la part la plus romantique du mythe. 'Only Lovers Left Alive' se résume en une idée simple, mais assez suggestive pour le faire tenir. A savoir : immortel, le vampire constitue la figure ultime du nostalgique, contraint de voir ses repères vaciller devant une société qui lui échappe, dont il ne parvient à appréhender une évolution qui lui paraît absurde. Or, cette intuition, qui participait déjà beaucoup de... Lire la suite

Her

  • Note: 4/5

‘Her’, le dernier long métrage de Spike Jonze (en salles le 19 mars 2014) est tout simplement phénoménal. C’est sans doute le premier film de science-fiction dont l’univers futuriste sert uniquement de contexte à l’histoire – une comédie romantique entre un homme et un système informatique. Ni utopique, ni dystopique, le monde qu’il crée est plutôt une version sensiblement améliorée de celui que nous connaissons : tout y semble plus pratique, plus confortable, plus accessible (les claviers n’existent plus, les jeux vidéo sont en 3D et les pantalons se portent larges et au dessus du nombril). Encore plus remarquable... Lire la suite

Wrong Cops

  • Note: 4/5

Cinquième long métrage de Quentin Dupieux, certainement son plus abouti, le délirant ‘Wrong Cops’ combine esthétique 70’s, cynisme provocateur et trivialité absurde. Le tout donne naissance à un objet filmique non identifié d’une méchanceté irrésistible. Depuis ‘Steak’ (2007) et ‘Rubber’ (2010), les amateurs d’humour absurde ont appris à connaître Quentin Dupieux, cinéaste singulier et producteur de musique électronique (délicieusement régressive) sous le pseudonyme de Mr. Oizo. Ses aficionados vont pouvoir se réjouir, car ‘Wrong Cops’ s’affirme comme son film le plus agressivement drôle... Lire la suite

Tonnerre

  • Note: 4/5

Vincent Macaigne est décidemment un acteur bien inspirant. Muse masculine de toute une génération de nouveaux réalisateurs, l’acteur à la voix de velours est encore une fois au centre de l’écriture chez Guillaume Brac, qui l’emploie pour la troisième fois après 'Un monde sans femmes' et 'Le Naufragé'. Comme à son habitude, le trentenaire incarne un personnage ultra-sentimental, un musicien parisien faisant retraite dans sa ville natale de Tonnerre. Sa romance avec Mélodie cède rapidement le pas à une intrigue plus sombre, magnifiquement amenée par l’apparition très symbolique d’un pistolet. Lire la suite

Real

  • Note: 4/5

Après le récent ‘Her’ de Spike Jonze, voici à nouveau une histoire d’amour impossible sur fond de futur proche et (presque) crédible, cette fois mise en scène par Kiyoshi Kurosawa, moins d’un an après la sortie française de son diptyque ‘Shokuzai’. Dessinatrice de mangas à succès, Atsumi (Haruka Ayase) se retrouve ici plongée dans le coma, après une tentative de suicide ratée. Son compagnon et ami de toujours, Koichi (Takeru Satoh), va alors tenter de rentrer en communication avec elle grâce à un programme scientifique novateur, lui permettant de pénétrer l’inconscient d’Atsumi. Sauf que, peu à peu... Lire la suite

Tom à la ferme

  • Note: 4/5

Pour son quatrième long métrage, Xavier Dolan, 25 ans, change assez fortement la donne. Exit donc les séquences clipesques, les métaphores surréalisantes ou les références godardiennes de ses premiers films : ‘Tom à la ferme’ s’affirme clairement comme son œuvre la plus sobre en termes de réalisation, lorgnant parfois vers l’étude de mœurs chabrolienne, voire vers le suspense trouble, mâtiné de sexualité latente à la Hitchcock. Les aficionados du lyrisme coloré de ‘J’ai tué ma mère’ ou ‘Laurence Anyways’ risquent donc d’être pris au dépourvu ou de ne pas tout à fait y trouver leur compte. Et en fait... Lire la suite

La Frappe

  • Note: 4/5

Les amitiés adolescentes contiennent presque toutes une dose de sadomasochisme, une tension latente, qui peut faire basculer l’équilibre précaire des sentiments. C’est le cœur de ce noyau atomique instable qu’étudie le cinéaste sud-coréen Yoon Sung-hyun dans son premier film, ‘La Frappe’, réalisé à la fin de ses études avec un budget ridicule. Il faut croire que la frugalité de moyens n’a pas trop gêné le réalisateur, qui réussit là une entrée fracassante dans le monde du cinéma. Présenté un peu vite comme un polar, le film tourne en effet autour d’un drame dévoilé dès le début : trois lycéens, Ki-tae, Dong-yoon et Becky... Lire la suite

Métabolisme (ou quand le soir tombe sur Bucarest)

  • Note: 5/5

Ce n’est plus un secret : depuis le milieu des années 2000, le cinéma roumain a clairement su émerger comme l’un des plus intéressants et vivants d’Europe, grâce à des réalisateurs comme Cristi Puiu (‘La Mort de Dante Lazarescu’), Cristian Mungiu (‘4 mois, 3 semaines, 2 jours’, ‘Au-delà des collines’), et surtout Corneliu Porumboiu, pour lequel on a vraiment un petit faible depuis son précédent film, le minimaliste et malin ‘Policier : adjectif’ (2009). Pour ce nouveau long métrage tout en plans-séquences (sa marque de fabrique), Porumboiu... Lire la suite

Deux jours, une nuit

  • Note: 4/5

Les longs métrages des frères Dardenne se suivent, et se ressemblent assez. Le point positif : le ton qu’ils développent de film en film parvient à rester juste, pertinent, avec une vision souvent puissante – à mesure, en fait, qu’elle paraît désespérée. Nouvelle fable sociale du duo, ‘Deux jours, une nuit’ bénéficie d’un thème simple et efficace : Sandra (Marion Cotillard) dispose d’un week-end – d’où le titre du film – pour convaincre ses collègues de renoncer à la prime de mille euros qui leur a été octroyée, afin qu’elle puisse conserver son travail. Aussi le film joue-t-il essentiellement sur la répétition et, assez naturellement... Lire la suite

Adieu au langage

  • Note: 5/5

A travers son titre comme à travers les idées qu’il lance à la cantonade, ‘Adieu au langage’ ressemble à une révérence, à une ultime pirouette de Jean-Luc Godard. Et disons-le tout de suite : ce qu’on peut trouver dans cette courte missive d'à peine une heure dix est tout simplement incroyable. D'abord d'un point de vue formel, où Godard paraît inventer une inédite 3D d'auteur, d’une ironie souvent rageuse, jouant avec les nerfs optiques, les perceptions et le psychisme de ses spectateurs. D'autre part, le propos même du film, tour à tour philosophique, funéraire, comique, anarchiste ou scato, ne ressemble en rien à... Lire la suite

Under the Skin

  • Note: 5/5

« Fantastique », le film de Jonathan Glazer l’est dans tous les sens du terme. D’abord parce qu’il mêle les genres avec brio : sous couvert de science-fiction, ‘Under the Skin’ en appelle ainsi tour à tour au road movie, au thriller, au survival, avec de jolis détours par l’érotisme et l’horreur onirique, le tout avec une cohérence, à la fois visuelle et narrative, absolument magistrale. Basé sur le roman homonyme de Michel Faber publié en 2000, le long métrage de Glazer en réduit subtilement le propos à l’essentiel : une mystérieuse femme – mais est-elle seulement humaine ? – séduit des hommes à travers... Lire la suite

Winter Sleep

  • Note: 5/5

Après 'Il était une fois en Anatolie' en 2011, le cinéaste turc Nuri Bilge Ceylan revient avec 'Winter Sleep', dernière Palme d'Or à Cannes et subtil monument de vertige psychologique, qui en appelle à Tchekhov et Bergman. Un métrage long de plus de trois heures au beau milieu des montagnes turques et autour d'un personnage en crise : voilà qui a l'air a priori moins affriolant qu’'Under the Skin'. D'autant que la sortie en plein mois d’août d’un film aussi hivernal ne lui rend pas nécessairement justice. N’empêche, 'Winter Sleep' s’avance comme un chef-d’œuvre tranquille. Magistral, sans ostentation. Lire la suite



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