49e Salon de l'agriculture

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49e Salon de l'agriculture
© APFoucha

Bonjour veau, vache, cochon, couvée. Le Salon de l'agriculture, qui fêtera bientôt ses 50 ans, a réinvesti, cette année encore, le Parc des expositions de Versailles, au sud de Paris. La plus grande ferme de France est donc prête à recevoir son flot incessant de visiteurs. Cette gigantesque foire, largement orientée grand public, accueille tous les ans plusieurs dizaines de milliers de personnes – 680 000 pour l'édition de 2011. 

Rendez-vous incontournable du calendrier agricole, l'événement est avant tout parisien. La capitale rencontre sa campagne. D'ailleurs, quel petit nouveau, fraîchement débarqué à Paris, ne s'est pas déjà entendu rire et dire à ce propos : « C'est bien un truc de Parisiens, ça. Aller au Salon de l'agriculture pour caresser des vaches. Non, merci mais moi, si je veux voir la nature, je prends le train, pas le métro. » Et puis finalement, deux ans après, pris dans la turpitude de la vie active et urbaine, on se dit : « Oh pourquoi pas ? Y'a une nocturne vendredi soir, on irait bien manger et boire un peu de terroir. » Même chose dix ans plus tard, on a fait des enfants et on les emmène au Salon comme on irait les promener en forêt : « Viens, on va à la campagne. » La campagne sous cloche, la campagne en pilule, mais la campagne quand même. 

Ce qui nous montre à quel point – et malgré la vision erronée que le Parisien peut bien se faire de l'agriculteur et de la réalité de son métier – l'image du paysan, elle, reste une valeur forte. Même chose pour les produits qu'il fabrique toute l'année, emblèmes fantasmés d'un pays où l'on aime croire aux bonnes choses et au bon vivre. L'agriculture est bien belle dans l'imaginaire collectif. Mais cette semaine, peu importe si la vérité est bien plus cruelle, tout le monde y trouvera son compte. L'enfant s'émerveillera et l'agriculteur pourra, un moment du moins, respirer et profiter. D'autant qu'il repartira sûrement avec un bon lot d'anecdotes cocasses sur ces petits Parisiens qui ne connaissent plus la nature. 

Politique. S'il y a bien un autre adjectif qui va de pair avec le Salon de l'agriculture, c'est celui-ci. L'événement est un exercice incontournable auxquels nos chers politiciens se prêtent avec plus ou moins d'entrain et de naturel. Si De Gaulle, Giscard et bien évidemment Chirac étaient plutôt bons, d'autres comme Pompidou ou Mitterrand y étaient moins à l'aise. Sarkozy, lui, aura définitivement marqué l'histoire du Salon en 2008, avec son mémorable et regrettable : « Casse-toi pov' con. » Mauvais coup d'éclat. L'année suivante, une jeune truie baptisée comme la triste citation avait d'ailleurs du changer de nom – trop polémique au goût des organisateurs – pour pouvoir participer à un concours, qu'elle remportait sous le patronyme moins controversé de Camomille. A quelques encablures de l'échéance présidentielle, le défilé des politiques devrait être, encore une fois, un drôle de spectacle. 

L'entrée est à 12 euros, les étudiants et les enfants de moins de 12 ans bénéficient d'un tarif à moitié prix. Le salon est ouvert de 9h à 19h tous les jours, sauf le vendredi où la nocturne vous permet pour 6 euros d'entrer à partir de 19h et jusqu'à 23h. Plusieurs animations et parcours sont organisés pour les enfants et de nombreux stands de dégustation raviront les parents. Le Concours général agricole des animaux, vedette du Salon, verra plus de 2 000 bêtes défiler, des bœufs gros comme des hippopotames, des vaches sur leur trente-et-un, des cochons en goguette ou encore une dizaine d'espèces rares. D'autres concours agricoles sont également prévus pour les jeunes professionnels, les produits et les vins.

Par AW