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Bon sinon, trois mois après, que valent les vélos Gobee ?

Bon sinon, trois mois après, que valent les vélos Gobee ?
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Si vous n’avez rien remarqué, c’est sûrement que vous venez tout juste de sortir de prison, que vous avez un peu trop poncé votre compte Uber ou que vous souffrez du syndrome du casanier aigu (le comble pour un lecteur de Time Out). Depuis début octobre, 2 000 vélos Gobee ont poussé un peu partout dans les rues de Paris et semblent nous envahir façon remake de V, la célèbre série qui met en exergue des personnages tout verts. Vert, c’est aussi la couleur de ce deux-roues qui propose le même service que son ancêtre Vélib, à quelques détails près. 

Après avoir téléchargé l’application sur mobile (Gobee.bike), versé une caution de 50 € et s’être acheté une paire de poumons, vous pouvez géolocaliser la bicyclette la plus proche sans passer par la case abonnement. Il suffit ensuite de créditer votre compte, scanner le code QR à l’arrière du vélo et vous voilà le nez dans le guidon pour 50 centimes la demi-heure – dès la première minute. 

 

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Si la start-up peut se targuer de plus de 70 000 utilisateurs, tous ne sont pas conquis par cette néobécane asiatique. Si bien que le bilan semble mitigé : d’un côté, certains reprochent au vélo low cost de ne pas tenir la distance, à l’image de Thibaut, visage poupin mais maxicuisses de sportif : « Certes, ils sont plus légers. Mais étant donné qu’il n’y a qu’une seule vitesse, on a tendance à galérer sur la route et à envisager certains détours pour éviter les côtes. Vous imaginez pour ceux qui habitent à Ménilmontant ? Les Vélib étaient nettement plus performants. »

D’autres, en revanche, se réjouissent du fait qu’il n’y a pas besoin de l’accrocher sur une borne. « C’est une révolution ! », s’enflamme Charlotte, nouvelle adepte de Gobee. « Il y en a partout dans les rues ! Pour récupérer un vélo, ça me facilite la vie. Idem pour le déposer puisque je peux le laisser ici ou là, sur n’importe quel trottoir. »

« On en a marre, les gens les garent n’importent où»

De quoi faire grincer des dents. Car côté riverains, on ne voit pas les choses de la même façon et on peste à la cantonade. « On en a marre, les gens les garent n’importent où », grogne l’un d’entre eux, pour ne citer que lui. « Devant ma porte d’immeuble, sur une place de voiture, au milieu du trottoir… J’en ai même trouvé un plié dans un coin… » 

Pour Olivier Razemon, journaliste et auteur du blog "L'interconnexion n'est plus assurée", interrogé par France Inter, le vélo a certes sa place dans les espaces publics, mais dans des stations. « Par définition, l’espace public ne se régule pas tout seul, sinon, c’est la loi du plus fort. Ça se voit aujourd’hui avec les scooters sur les trottoirs, pour lesquels il faut des interdictions. […] La solution rationnelle se trouve dans des systèmes comme celui mis en place à Strasbourg : des vélos individuels, personnels, avec des propriétaires qui savent où stationner. »

Le fondateur de Gobee, Raphaël Cohen, répond qu’il « compte sur les usagers pour signaler les incidents ou les vols. L’aspect communautaire est très important ». De son côté, la mairie envisagerait de faire payer à la marque – et ses concurrents – une redevance pour occupation commerciale du domaine public. Mais en attendant, Gobee or not Gobee ? Au vu des divisions, telle est toujours la question.

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