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Dexter revient pour une ultime saison inédite : que retenir de la série culte ?

Par La Rédaction
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Arrêtez tout ! La cultissime série Dexter va revenir pour une nouvelle et ultime saison. Et c’est la chaîne Showtime qui a balancé l’info. Pour ce clap de fin, prévu pour 2021, on devrait retrouver Michael C. Hall, le célèbre acteur principal, qui nous en a fait vivre de toutes les couleurs (enfin, surtout du rouge) pendant 8 saisons durant.

Gary Levine, le président de la chaîne, a justifié ce retour dans un communiqué : "Nous ne voulions revisiter ce personnage unique que si nous trouvions une idée qui serait conforme à la qualité de la série originale. Et je suis heureux de pouvoir vous annoncer que Clyde Phillips (ndlr: le créateur) et Michael C. Hall l'ont trouvée ! Nous avons hâte d'entamer le tournage puis la dévoiler au monde entier !". 

L’occasion pour Time Out, de revenir sur cette série phare. Et vous donner envie (ou pas) de vous (re)plonger dans son univers - bon, ce n’est pas comme si vous n’aviez pas un peu plus de temps pendant le confinement.

Que retenir de la série Dexter ?

C'est l'histoire d'une série qui avait enthousiasmé le public avant de le décevoir et de l'agacer. Quinze ans déjà que la première saison s'ouvrait sur un travelling : Dexter dans sa voiture, à la recherche d'une proie pour satisfaire ses pulsions meurtrières. Coup de génie, le héros se trouve donc être un tueur psychopathe qui travaille dans la police comme expert scientifique, « blood expert », un serial killer obéissant à un code éthique hérité de son père : il ne tue que des ordures, des salauds, des meurtriers. Banalité du mal, Dexter ressemble aussi à un Américain moyen, il apporte des donuts à ses collègues de travail et habite un petit studio cosy près du port de Miami. 

L'homme n'en reste pas moins un loup solitaire. Par son étrangeté au monde, Dexter Morgan observe nos codes sociaux du point de vue le plus neutre possible, il n'éprouve ni empathie, ni honte, ni passion. Ce qui fait de lui un redoutable moraliste au final, qui aime décrire dans ses longues narrations le combat à l'intérieur de chaque homme entre ses pulsions sauvages et son apparence civilisée. Toute la première saison consistera donc à nous faire aimer l'être le moins aimable du monde, par une sorte de mimétisme inversé. Alors que Dexter s'humanise peu à peu au contact de ses proches, le spectateur est quant à lui renvoyé à sa propre inhumanité, au point de se lier émotionnellement à Dexter lors du suspense insoutenable des deux premières saisons. 

Une série freudienne sur les pulsions humaines

C'est là que réside tout l'attrait de la première moitié du show : comment civiliser le sauvage ? Comment contrôler la frustration et les pulsions ? Si l'homme est foncièrement mauvais, peut-il être sauvé par son libre arbitre ? Série freudienne s'il en est (on y parlera aussi inceste, traumatismes d'enfance et père de substitution), Dexter oscille entre le polissage de son héros et son retour à l'animalité première lors de violents à-coups. En combattant d'autres démons, Dexter soigne en quelque sorte le mal par le mal, il oriente sa pulsion de mort mais ne la contrôle pas encore. Il faudra des serial killers toujours plus effrayants, comme le génial Trinity lors d'une saison mémorable, pour que le personnage découvre sa part lumineuse, soutenu par une armée de spectateurs qui l'encouragent comme si c'était leur gamin sur un terrain de foot : « Allez vas-y, tu peux le faire ! Tu peux devenir un être humain comme les autres ! »

On pourrait d'ailleurs y voir une similitude avec le rapport qu'entretient le spectateur avec un autre antihéros attachant, Tony Soprano : en espérant que ces deux personnages, Dexter et Tony, prennent le bon chemin dans la vie, c'est eux-mêmes que les spectateurs encouragent à se comporter moralement. Hélas, Dexter finira par exaspérer son public en refusant les amitiés qui lui étaient promises, à commencer par la nôtre. Si la série a bien appliqué le code hitchcockien selon lequel « plus réussi est le méchant, plus réussi sera le film », elle tire sur la corde lors des quatre dernières saisons et tourne en rond.

Après Trinity, le mécanisme dialectique d'attirance/répulsion entre Dexter et ses épigones perd son sel. Acculé de toutes parts, Dexter Morgan n'en finit plus de tergiverser et s'enfonce dans le mensonge, finissant sa double vie comme un mauvais Jean-Claude Romand, pas comme une belle histoire. Sur le site Imdb, le dernier épisode de la série fait partie des moins bien notés (4,8) en comparaison avec la note globale de la série (8,9), jetant ainsi l'opprobre sur une série qui avait pourtant si bien commencé. Restent quatre premières saisons grandioses entre suspense intense, ambiance cubaine et comédiens savoureux, sans oublier ce générique culte.

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