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HEAR WHAT YOU EAT #2 : Le Pescado Frito de Coyo Taco featuring "Coastline" de Hagan

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La symphonie d’une Saint-Jacques qui frétille, les odes à la bouffe émanant des lyricistes d’hier et d’aujourd’hui, les innombrables playlists de restaurants qui rivalisent (de plus en plus) avec les assiettes qu’on y sert (coucou le festaurant)... Il ne fait aucun doute : prêter l'oreille et manger ne font qu’un. 

Depuis toujours, la relation entre la cuisine et la musique est quasi charnelle. Une interdépendance évidente et essentielle, entre deux arts qui flattent les tympans et les papilles, qui rassurent, qui réconfortent et qui enivrent. Bref, la mélodie et la gastronomie sont indissociables : ce que vous dégustez et ce que vous choisissez d’écouter pendant ce doux moment devraient l’être tout autant. Pour cela, chaque quinzaine, dans une démarche purement exhaustive (et très personnelle), nous tâcherons de vous conseiller le perfect match.

Cette semaine : Le Pescado Frito (Fish Taco) de Coyo Taco featuring Coastline de Hagan

Apparu dans la ville portuaire d’Ensenada en Basse-Californie, popularisé à San Diego, sublimé à Miami et maintenant Paris par les fondateurs de Coyo Taco (respectivement originaires du sud de la Floride, de Coyoacán au Mexique et de Los Angeles), le Fish Taco – appelé ici Pescado Frito  – se targue d’origines nombreuses et me permet des phrases longues.

Un voyage donc.

Une tortilla de blé fine, selon la recette mexicaine, largement accueillante dans laquelle se glisse un lieu breton, bien ferme, courtement vêtu d’une panure tempura originaire du Portugal, mais allègrement employée dans la cuisine japonaise. Un voyage donc.

Dans ce voyage, terme presque insolite, anachronique en ces temps de pandémie mondiale, la base précédemment citée partage la première classe avec de l’avocat, des piments jalapeños – mexicains eux aussi –, un coleslaw typiquement nord américain et un aïoli probablement provençal.

International donc.

International comme Hagan, jeune producteur à l’héritage Ghaneen, ayant posé ses valises à South London, et dont le track Coastline aux nappes presque caribéennes, est une ode aux côtes ensoleillées du monde entier. Un hymne impeccable provenant de la compilation Free Borga: Heaven's Gate No Bribe, à l’initiative du label de street-wear ghanéen Free the youth, du collectif Italien Crudo Volta et du label anglais Python Syndicate, dont le but principal est de mettre en lumière la diaspora africaine éparpillée dans ce vaste monde. 

International donc.

International comme les multiples influences de Brendan“Hagan” Opoku-Ware, des percussions de Accra (la capitale du Ghana dont sont originaires ses parents) en passant par la scène anglaise (UK funky, grime, garage) ou US (jazz, hip-hop) et dont le résultat est un hommage à la scène club contemporaine des grands ensembles urbains africains. 

International donc. Des phrases longues, donc.

Le vague à l’âme, l’alliance de ce track et de ce taco te feront voyager comme si tu avais les pieds dans le sable, en perte de repères totale, sans pouvoir définir de spatio-temporalité à ce bonheur qui soudain t’envahit.

Un voyage donc, international donc.

Plus besoin de longues phrases, donc.

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