Monde icon-chevron-right France icon-chevron-right Paris icon-chevron-right On a rencontré Nadim Makhlouf, le gars qui se cache derrière les soirées Classics Only
Actualités / Vivre en Ville

On a rencontré Nadim Makhlouf, le gars qui se cache derrière les soirées Classics Only

On a rencontré Nadim Makhlouf, le gars qui se cache derrière les soirées Classics Only
© Camille Zerhat

A 33 ans, Nadim Makhlouf a réussi à s'imposer comme une valeur sûre de la nuit parisienne. L’entrepreneur, grand passionné de hip-hop, fêtera ce vendredi à la Bellevilloise les 3 ans de Classics Only, ces soirées 100 % Rap et Rnb Old School qui agitent la capitale. L’occasion de discuter avec lui de ses débuts dans le milieu, de ses classiques et de Nokia 3310. 

Time Out Paris : T’es aujourd’hui à la tête de Casabey, une boîte de prod', événementiel et booking. Comment on en arrive là ?

Nadim Makhlouf : En réalité, au début je n’avais pas prévu de me lancer dans les soirées. Je pensais plutôt organiser des concerts, des festivals… J’ai commencé par booker des artistes, ça se passait bien. Mais dès l’instant où les gars commençaient à percer, ça devenait compliqué de continuer l’aventure. Il faut savoir que dans ce milieu, ça peut se jouer à un détail. Tu mets la bonne photo Instagram ou une localisation backstage, et hop tu peux devenir manager d’artiste ! Et étrangement dans le booking, il existe très peu de contrats qui lient booker et artiste, comme ça peut être le cas avec un label ou un éditeur. Au final c’est très frustrant. A partir de là, l’idée de créer ma propre soirée a germé. Je voulais un projet à moi, lui donner un nom, le défendre, le faire grandir. 

C’est quoi la genèse de Classics Only ? D’où t’es venue l’idée ?

C’est simplement que je ne m’y retrouvais pas dans les soirées qu’on proposait à Paris. Aujourd’hui, si tu prends la Trap par exemple. Il y’a de très bons morceaux. Mais le son est saccadé, très numérique et pas tellement musical. Si tu compares avec les sons d’avant, en particulier le Rnb, c’est beaucoup plus chantant. Tu vois immédiatement l’effet que ça crée sur la piste. Ça donne une vibe différente, tout le monde danse, ça rapproche les gens. Y'a juste à voir les photos de nos soirées : y’a très peu de gens collés à leur téléphone. Ça veut tout dire. Notre leitmotiv à Classics Only, c’est qu’à chaque refrain, absolument tout le monde chante. Et ça, c’est possible qu’en passant de vrais bons classiques.

Justement, si tu devais écrire la définition d’un vrai classique dans un dico, ça serait quoi ? 

Un classique, pour moi, ce n’est pas qu’une date. Ce n’est pas parce que le son est estampillé 1990 que c’est forcément un bon morceau. C’est un feeling et surtout, c’est un son facile à chanter.

Et si je te demande de me citer le classique des classiques ?

Say my name, des Destiny’s Child. En une minute, même si c’est la première fois que tu entends le son, tu peux le chanter avec tes potes. Pour moi, c’est ça un vrai classique.  

Est-ce que t’as repéré un son actuel qui pourrait devenir un classique dans les années à venir ?

Là tout de suite, je te réponds Controlla de Drake. Mais quelque part, je ne pense pas qu’on aura encore des classiques dans vingt ans. Avec le streaming, en est en multi-canal. Aujourd’hui, t’as trop de sons qui passent aux oubliettes. A l’époque, t’avais pas Internet, juste la télé qui diffusait un clip 30 fois par jour et quelques albums ou CD deux titres. Alors forcément, les morceaux traversent le temps sans problème. Je pense qu’aujourd’hui, on a de meilleurs albums que ce qu’on pouvait produire dans les années 90, à l’image de ce que fait un Kendrick Lamar par exemple. Le problème, c’est qu’ils n’auront jamais l’attention qu’on a pu donner à l’époque des années 90-2000. Avant, tu prenais le temps de savourer un album. Maintenant on consomme la musique comme des chips.

Ça t’arrive de faire des écarts temporels, histoire de ne pas lasser les gens ?

Ça peut arriver mais très, très rarement. L’idée c’est de ratisser large, de 1996 à 2006. Ça fait quand même dix ans de musique à raconter. On mise aussi énormément sur la scénographie. Classics Only c’est complètement audiovisuel. On change déco et goodies à chaque nouvel event. Tu n’assisteras jamais deux fois à la même soirée.  

T’es de la génération 80. Ton concept est forcément guidé par la nostalgie. T’arrives quand même à attirer les jeunes dans tes soirées ?

Attends, c’est pas des soirées d’anciens non plus (rires. La moyenne d’âge, elle doit être de vingt-cinq piges. Tout le monde vient aux Classics : les jeunes, les plus vieux, les gens fringués à l’arrache ou tirés à quatre épingles. On est un peu un anti Vip Room.

 

Et forcément, LA question qui emmerde tout le monde depuis des décennies : le rap, c’était vraiment mieux avant ?

C’était génial avant, mais je pense que c’est carrément mieux maintenant. Le rap s’est décomplexé et les gens avec. Les rappeurs ne se posent plus la question de s’ils vont être validé ou non par la street. Si un gars de cité veut se lisser les cheveux et chanter de la variet’, aujourd’hui il le fait. De toute manière, c’est simple, il n’y a plus de variet’, elle a été remplacée par le rap. Prends Vald, Tekashi ou Lomepal : ils auraient eu beaucoup de mal à exister dans les années 90. C'est typiquement le genre d'artistes qui font aujourd'hui partie de la planète rap à part entière mais qui auraient eu une image de marginaux y'a vingt ans. Au final, le hip-hop en général n’a jamais été aussi créatif et intéressant que depuis qu’il s’est ouvert. De manière plus étendue, rien qu’en terme de lifestyle, avant dans les années 90-2000, on pouvait identifier quelqu’un qui écoute du hip-hop juste à ses fringues. C’est plus du tout le cas aujourd’hui.

De la nouvelle fraîche à annoncer pour cet été ?

On va retourner l'hôtel Normandy le 4 mai pour la soirée Last Dance. Et comme l’an passé, on a une résidence estivale sur le rooftop de l’institut du Monde arabe tout l'été. Il y aura plusieurs rendez-vous de juin à septembre. Pour la première, je ne peux pas encore l’annoncer, mais on va faire venir un guest qui va ambiancer tout le monde. Ça va être terrible !

T’es un porte-étendard de la musique old school à Paris. Mais dans la vie de tous les jours, est-ce que t’es aussi old school ?

Houlà, j’en sais rien du tout... J’espère pas ! (rires)

On va vérifier ça, avec l’interview ''classique'' ou "pas classique" :

Nokia 3310 ou iPhone 8 ?
iPhone 8, faut pas pousser quand même. 

Kebab classique ou O’tacos ?
Kebab. Avec masse de sauce blanche !

Super nintendo ou Play 4 ?
Play 4. 

Prince de la ville ou bandit saleté ?
Pas facile, mais je vais dire Prince de la ville.

Les Nuls ou Palmashow ?
Les Nuls, cent fois.

Star Wars Lucas ou Star Wars Disney ?
Disney, pour les effets spéciaux.

Docteur Quinn, femme médecin ou Grey's Anatomy ?
Docteur Quinn, femme médecin. Je tiens à préciser que je n'ai vu aucune des deux ! (rires) 

CD ou streaming ?  
Les deux. Bon, si je me mouille, je dis streaming. J’ai des CD mais on ne va pas se mentir, je les écoute pas.

Ça fait 4-4. Nadim, tes impressions ?

Nadim Makhlouf : Un pied dans le old school, un pied dans le monde d'aujourd'hui : ça me va !

Advertising
Advertising

Commentaires

0 comments