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La Haine
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Pour ses 25 ans, La Haine de retour dans les salles de cinéma cet été !

Par La Rédaction
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Si La Haine fut érigée comme un monument dès sa sortie, c'est sans doute – et tristement – à l'aune du temps qui passe qu'on saisit toute la justesse du film de Mathieu Kassovitz. Alors pour célébrer comme il se doit les vingt-cinq ans de sa sortie, le film va cet été faire son retour dans les salles, à partir du 5 août prochain. Histoire de vous remettre dans le bain et de vous filer un petit coup de chaud avant de rentrer dans la salle, voici notre critique de ce film, devenu en 25 ans une indéboulonnable statue du cinéma français.

« En 1995, le second long métrage de Mathieu Kassovitz fait l’effet d’un obus. Grinçant, subtil, brut, La Haine expose pour l’une des premières fois au cinéma la réalité sociale des banlieues. Et met le doigt sur une plaie béante. Portrait social cru, moulé dans un noir et blanc atemporel, ce film en forme de manifeste sonde l'écrasante misère des cités bétonnées, vues de l’intérieur. L’aliénation, l’ennui, les espoirs avortés, le dialogue de sourd avec le monde extérieur, la brutalité des forces de l’ordre, le besoin d’exister par la vengeance... Au lendemain d’une émeute envenimée par une bavure policière, la caméra suit les pérégrinations stériles de trois jeunes. Un Noir (Hubert Koundé), un Blanc (Vincent Cassel), un Arabe (Saïd Taghmaoui). La semelle clouée au bitume. Le destin dilué dans un décor désincarné. Alors âgé de 28 ans, Kassovitz réalise un chef-d’œuvre dépourvu de pathos et rythmé par un leitmotiv diffus, menaçant : « Jusqu’ici tout va bien – mais l’important c'est pas la chute, c'est l'atterrissage. » La Haine capte ce moment presque imperceptible où tout bascule. Cet instant où l’équilibre s’effrite, où la vacuité devient frustration avant de se muer en colère sourde – puis éclate comme une bombe à retardement. Fresque satirique qui n’a d’égal, peut-être, que le Baltimore acide décrit par David Simon dans The Wire, La Haine n’a pas perdu une once de son actualité. »

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