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Tempête sur la Seine : la mairie vote pour le déménagement des bouquinistes

Rémi Morvan
Écrit par
Rémi Morvan
Journaliste, Time Out Paris
Bouquinistes
© Alexandra Lande / Shutterstock.com
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Elles sont parmi les boîtes les plus emblématiques de la capitale, et pourtant, les JO se feront (en partie) sans elles. Alors que le plan était dans les tuyaux depuis cet été, et dénoncé par la profession et moult soutiens – entre tribune d’intellectuels et pétition populaire –, le Conseil de Paris du 3 octobre a entériné le déménagement des bouquinistes se trouvant sur le parcours de la cérémonie d’ouverture des JO, qui surfera sur la Seine. Soit grosso modo 600 boîtes vertes squattant les quais hauts entre le 5e et le 7e arrondissement.

Au cours de la séance, c’est Laurent Nuñez, préfet de police de Paris, qui s’est collé à la plaidoirie. S’il a rappelé l’importance des bouquinistes dans le rayonnement de la ville et mentionné un geste artistique de la cérémonie en leur faveur – ça leur fait une belle jambe –, son argumentaire a étonnamment (non) tourné autour des problématiques sécuritaires : 1) les boîtes n’étant pas installées de manière homogène, des mouvements de foule risquent de se créer ; 2) le risque terroriste, on pourrait y cacher des armes et des explosifs.

Pour faire passer la pilule, le préfet s’est engagé à réduire au maximum la zone d’intervention et le temps de déplacement en faisant des tests en amont de l’événement. Car oui, certaines boîtes sont de vieilles dames toisant parfois les 100 ans et leur déplacement risque au mieux de les abîmer, au pire de les flinguer. Jérôme Callais, président de l’asso des bouquinistes, évoquait un coût de 1,5 million d’euros, que la mairie s’est engagée à payer de sa poche. Le prix de la bonne conscience ?

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