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Mur de 20h
© Mur de 20h / DR

Un anonyme illumine tous les soirs un mur pour célébrer les « héros du quotidien »

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Chaque soir, au moment des applaudissements, un anonyme rend hommage aux « héros du quotidien » en projetant une création visuelle sur un mur de Clichy-la-Garenne. Machine à bulles et à baffes, autopsie d'un mur loin d'être lisse.

« Je souhaite dans la mesure du possible rester dans l’anonymat. Ce qui est important c’est le message, pas le messager. » Tradition chez ceux qui font le mur, nous avons donc affaire à un discret. La lumière, Le Mur de 20H préfère la réserver aux « métiers héros du quotidien ». S'il traite aussi de l'actualité, « l’idée maîtresse est de rendre hommage aux soignants, mais également à tous ceux qui sacrifient leur confinement pour nous permettre de vivre le nôtre correctement. »

Depuis le samedi 21 mars, cet homme – dont on sait juste qu'il travaille dans la création visuelle – les célèbre chaque soir à l'aide d'une illustration maison, qu'il diffuse avec un projecteur perso sur un mur de la rue Henri-Barbusse à Clichy-la-Garenne.

Machines à bulles

S'il récuse toute idée de projet, affirmant n'être qu'« un Français parmi tant d'autres »Le Mur de 20H a tout de suite marqué les esprits et cartonné sur les réseaux sociaux. Outre ce réinvestissement d'un espace public désormais fantasmé, les raisons du succès sont peut-être liées aux personnages familiers qu'il met en scène dans ses projections, les Schtroumpfs, Astérix, Tintin ou Benoît Brisefer. 

« Les personnages de bande dessinée sont un excellent support iconographique pour cet exercice : ils sont présents dans toutes les bibliothèques municipales et familiales de France, ils font partie de notre imaginaire collectif, auquel chacun peut se rattacher et y trouver une résonance intime », reconnaît l'illustrateur. « Techniquement, la ligne claire est idéale pour une bonne perception visuelle. Les éventuelles remarques politiques sont des ajouts, quand il y a un ras-le-bol de se faire prendre pour des idiots. »

Machines à baffes

« Soignants, médecins, merci. Honte aux irresponsables », tel était le message de la deuxième projection le 22 mars, preuve que Le Mur de 20h a vite montré un fond politique. Quasiment tous les soirs, l'illustrateur sort la machine à baffes et critique la gestion gouvernementale de la crise sanitaire (« Des dépistages, pas du pistage » ; « Où sont les tests ? Où sont les masques ? »). « Les références à l’actualité sont faites lorsque les égarements, les mensonges, le mépris de nos gouvernants sont trop flagrants. Chacun fait sa part à son niveau pour lutter contre cette pandémie, les responsabilités ne doivent pas être occultées. » 

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