Anna et Bernhard Blume : La Photographie transcendantale

Art, Photographie Libre
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 (Anna et Bernhard Blume, 'Im Wahnzimmer (détail)', 1984 / Ensemble de 18 épreuves / © Centre Pompidou, MNAM-CCI/G. Meguerditchian et Ph. Migeat / Dist. RMN-GP / © ADAGP, 2015)
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Anna et Bernhard Blume, 'Im Wahnzimmer (détail)', 1984 / Ensemble de 18 épreuves / © Centre Pompidou, MNAM-CCI/G. Meguerditchian et Ph. Migeat / Dist. RMN-GP / © ADAGP, 2015
 (© Coll. Centre Pompidou / Dist. RMN-GP)
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© Coll. Centre Pompidou / Dist. RMN-GP
 (Anna et Bernhard Blume, 'Im Wahnzimmer (détail)', 1984 / Ensemble de 18 épreuves / © Centre Pompidou, MNAM-CCI/G. Meguerditchian et Ph. Migeat / Dist. RMN-GP / © ADAGP, 2015)
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Anna et Bernhard Blume, 'Im Wahnzimmer (détail)', 1984 / Ensemble de 18 épreuves / © Centre Pompidou, MNAM-CCI/G. Meguerditchian et Ph. Migeat / Dist. RMN-GP / © ADAGP, 2015

Alerte aux patates volantes ! Alors qu'ils étaient tranquillement en train de dîner dans leur cuisine, Anna et Bernhard Blume ont soudain vu leurs pommes de terre prendre leur envol et tourbillonner dans les airs avant de les attaquer violemment, se jetant sur le pauvre couple qui, une fois encore, avait maille à partir avec les esprits. Car Anna et Bernhard ont souvent des problèmes de ce genre : chez eux, le salon se retrouve sens dessus-dessous, les meubles se brisent de colère, les vases s'envolent et des formes spectrales jaillissent de leurs casseroles, quand ce ne sont pas leurs propres corps qui se mettent à léviter ou se contorsionner.

Dans l'Allemagne des années 1970, alors que la photographie réaliste s'est largement imposée, le couple décide de prendre les choses à rebrousse-poil en se souvenant qu'à ses débuts, la photo passait pour un outil capable de révéler l'invisible. Pour souligner la manière dont les Blume ont détourné tout ça (et avec une fantastique dérision), l'exposition présente d’ailleurs un certain nombre de clichés spirites ou médiumniques de l'époque, sur lesquels flous étranges et mouvements étonnants se font passer pour des fantômes, esprits ou autres présences chimériques.

Comme l'explique Bernhard, pour eux, il s'agit de mettre en scène un « mysticisme photographique s'aidant de moyens tout simples pour œuvrer à la démystification des images photographiques, de leur prétention à l'authenticité et de leur pseudo-objectivité ». En introduisant ce paranormal de pacotille mais brillamment réalisé d’un point de vue esthétique (notamment en utilisant un très beau noir et blanc éthéré, propice à toutes les apparitions), ils rappellent à quel point cantonner la photographie à son aspect documentaire s'avère réducteur. Et parviennent, avec beaucoup d'ironie et de cocasserie, à réenchanter le quotidien morne et banal d'une société allemande d'après-guerre profondément matérialiste.


Tous les jours sauf le mardi de 11h à 21h.

Par Mikaël Demets

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