Berlinde de Bruyckere et Philippe Vandenberg : Il me faut tout oublier

Art, Installation
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 (Berlinde De Bruyckere, détail 2013 / © Mirjam Devriendt)
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Berlinde De Bruyckere, détail 2013 / © Mirjam Devriendt
 (Philippe Vandenberg, 'D'après l'ennemi intérieur', 2003 / © Philippe Vandenberg)
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Philippe Vandenberg, 'D'après l'ennemi intérieur', 2003 / © Philippe Vandenberg
 (Berlinde de Bruyckere, 'Actaeon III', 2012 / © Berlinde de Bruyckere)
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Berlinde de Bruyckere, 'Actaeon III', 2012 / © Berlinde de Bruyckere
 (Philippe Vandenberg, 'Aimer c'est flageller - flageller c'est aimer- aimer c'est l'enfer', 1981-1998 / © Philippe Vandenberg)
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Philippe Vandenberg, 'Aimer c'est flageller - flageller c'est aimer- aimer c'est l'enfer', 1981-1998 / © Philippe Vandenberg
 (Philippe Vandenberg, 'La tête aux clous', 1994 / © Philippe Vandenberg)
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Philippe Vandenberg, 'La tête aux clous', 1994 / © Philippe Vandenberg
 (Philippe Vandenberg, 'Kill them all', 2005-2008 / © Philippe Vandenberg)
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Philippe Vandenberg, 'Kill them all', 2005-2008 / © Philippe Vandenberg

Qu'elle travaille autour de corps de chevaux découpés, ou compose des sculptures de cire et de chiffons, l'œuvre de Berline de Bruyckere arrive toujours à nous toucher au plus profond de nous. Un peu comme les « érotiques voilées » des surréalistes (souvent des objets recouverts d'un voile qui éveillent notre désir de voir), contaminées ici par une noirceur palpable, ou comme ces figures indéfinissables qui hantent les tableaux de Francis Bacon, mi-abstraites mi-humaines, dégageant quelque chose d'étrangement familier, mais aussi de puissamment charnel, sensuel, macabre.

Pour cette exposition à la Maison Rouge, l'artiste belge a imaginé un parcours en dialogue avec le peintre et dessinateur Philippe Vandenberg (1952-2009). Un tête-à-tête avec celui qu'elle qualifie d'« âme sœur », et qui voit se côtoyer deux univers aussi sombres l'un que l'autre. La souffrance, le mal-être, la violence imposée par la société éclaboussent les travaux de Vandenberg comme un cri persistant qui traverserait toutes ses œuvres, donnant une résonance encore plus sombre à la sensibilité crue de Berlinde de Bruyckere.

Si elle dégage une indéniable intensité, la rencontre de ces deux artistes belges peine pourtant à nous happer autant qu'on l'avait espéré. Le parcours chaotique de la Maison Rouge y est sans doute pour quelque chose : le début de l'exposition, sur les murs de l'espace central, paraît bien terne, et la dernière partie, au sous-sol, s'avère trop morcelée pour parvenir à réellement confronter les deux voix. Et même si cela fonctionne mieux dans les deux grandes salles, où les phrases épileptiques de Philippe Vanderberg semblent émaner des formes troublantes imaginées par Berlinde de Bruyckere, 'Il me faut tout oublier' garde un côté froid et impénétrable qui nous laisse avec l'impression d'être passé à côté de l'essentiel.

> Horaires : du mercredi au dimanche de 11h à 19h, nocturne le jeudi jusqu’à 21h.

Par Mikaël Demets

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