De Giotto à Caravage

Art, Peinture
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De Giotto à Caravage
© Firenze, Fondazione di Studi di Storia dell’Arte Roberto Longhi

L'art italien vu par l'historien Roberto Longhi. Featuring Giotto, Masolino, Masaccio, Piero della Francesca, le Caravage et ses émules.

Tandis que de plus en plus d'expositions se contentent de dérouler des monographies bêtement chronologiques et d'afficher les plus grands noms possibles pour attirer tout le monde, il convient, une fois encore, de tirer son chapeau au musée Jacquemart-André. Pour 'De Giotto à Caravage', l'hôtel particulier du boulevard Haussmann propose un parcours original doublé d'une vraie réflexion, qui nous permet de (re)découvrir tout un pan de l'art italien autour de la figure originale du critique et collectionneur Roberto Longhi (mort en 1970). Celui qui fut, pour l'anecdote, le prof de Pasolini à l'université de Bologne, revalorisa l'art primitif italien et, contre les classifications alors en vigueur, remit notamment Giotto ou Le Caravage au cœur de l'histoire de la peinture.

Personnalité intuitive, capable de comparaisons improbables (comme quand il voit en Piero Della Francesca le fondateur de la palette de Cézanne et de la couleur moderne), Longhi a également su, avant que les technologies ne le confirment, réattribuer des tableaux à leurs vrais auteurs, notamment au Caravage. Au fil des passions de l’historien, le musée Jacquemart-André nous entraîne ainsi dans une exploration bouleversante d'un art italien en pleine mutation. Du XIVe au XVIIe siècle, on oscille entre la grâce de Masaccio ou de Giotto, et d’artistes moins connus du grand public, comme le Hollandais Matthias Stomer ou l'Espagnol José de Ribera et son pétrifiant 'Saint Barthélémy'. Un déferlement de clairs-obscurs, de scènes bibliques tourmentées et d'ors minutieux, qui permet en plus au visiteur d'admirer une poignée de tableaux du Caravage en chair et en os, du 'Garçon mordu par un lézard', débordant de nervosité et d'ardeur, au ‘Couronnement d'épines', d'une violence rentrée à couper le souffle. Et ça, ça n'a pas de prix.


Tous les jours de 10h à 18h, nocturne le lundi et le samedi jusqu'à 20h30.

Par Mikaël Demets

Publié :

Site Web de l'événement http://www.musee-jacquemart-andre.com/
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