Double je, artisans d'art et d'artistes

Art, Installation
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Double je (©E.Boutié)
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Double je (© Elise Boutié)
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Plongée au cœur d'une enquête policière dans un dédale d'ateliers d'artisanat.

En se basant sur une nouvelle de Franck Thilliez, spécialement écrite pour l'occasion, le Palais de Tokyo invite le public à explorer les lieux d'un crime. Et plus particulièrement celui du célèbre artiste Natan de Galois, assassiné avec une dague damassée par son rival Ganel Todanais.
Les chapitres nous guident dans notre exploration, entre réalisme pur et fantasmagorie délirante. On entre d'abord dans l'appartement de Natan, où la police a déjà entouré la scène de crime de son autoritaire scotch jaune. L'éclairage, la verrière, la disposition de l'espace, tout est fait pour nous immerger totalement dans la véracité de l'intrigue et du décor. On pénètre ensuite dans l'atelier de l'artiste. L'odeur de la colle, ainsi que le travail laissé en plan nous immergent encore un peu plus dans le dispositif. Puis le troisième chapitre nous fait passer au garage, où chaque détail a été travaillé pour gonfler la réalité de la scène. Enfin, dans le dernier chapitre, sorte de retournement de situation, on bascule dans un second atelier, celui de l'artiste meurtrier, plus sombre, plus confus et plus énigmatique. Comme s’il était la seconde face de la même pièce.

A travers ce parcours, l'exposition ‘Double Je’ propose non seulement une expérience ludique absolue, en faisant du spectateur l’enquêteur (faussement) actif d'une investigation policière, mais aussi une superbe occasion de découvrir des métiers d'art sous-représentés en dehors des musées spécialisés. Ainsi, on rencontre le travail du plumassier Maxime Leroy, celui de l'ornemaniste Anne Nicolle, celui de la maison de dentelles Sophie Hallette (fondée en 1887), ou bien encore les prouesses de la créatrice d'or Manuela Paul-Cavallier, celles du ferronnier Thomas Niemann, de la céramiste Héloïse Barriol... Rassemblant plus de deux cents pièces d'artistes, toutes d'une facture exceptionnelle et d'une inventivité incroyable, ‘Double Je’ met donc, avant tout, à l'honneur le travail de la main, le savoir-faire de l'artisan. Une volonté renforcée par l'absence de cartels qui, en gommant la médiatisation de l'artiste, force ainsi le visiteur à regarder l'objet et non son nom.

Foisonnante, cette exposition construite sur le souci du détail et la précision de la mise en scène, regorge ainsi de merveilles qu'il faut savoir dénicher. La beauté des broderies d'art, la finesse des gravures sur bois, la complexité des peintures sur carrosserie et la délicatesse des recherches sur textile retiennent notre attention et notre curiosité. C'est un réel plaisir que de rencontrer un art contemporain aussi riche et varié, d'une telle maîtrise. Pointue mais accessible, l'exposition ‘Double Je’ s’amuse à jouer de son ambivalence et assume son prétexte divertissant afin d'intéresser les spectateurs à des factures qu'ils auraient délaissées si elles n'avaient pas fait partie de la dernière exposition à la mode. Autant qu’à les perdre dans les méandres et la folie de la création.

Par Elise Boutié

Publié :

Téléphone de l'événement 01.81.97.35.88
Site Web de l'événement http://www.palaisdetokyo.com
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