Extra fantômes - Les vrais, les faux, l'incertain

Art, Installation
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extra fantômes (© Louis David Najar)
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© Louis David Najar
extra fantômes (© C.Gaillard)
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La Chambre Rouge
extra fantômes (© C.Gaillard)
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Les Ténèbres inspirent et vous aspirent.
extra fantômes (© C.Gaillard)
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'Psychic' d’Antoine Schmitt : qui du visiteur ou de l'oeuvre est regardé ?
extra fantômes (© C.Gaillard)
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La maison respire, écoutez-la...
extra fantômes (© C.Gaillard)
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'Spectres' de Malte Martin implique pleinement le spectateur et le met face à son propre fantôme.
extra fantômes (© C.Gaillard)
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Le ouija de Mathieu Schmitt.
extra fantômes (© C.Gaillard)
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Le puits 'Kyklos' de Charlotte Charbonnel.

Phasmophobiques, passez votre chemin : les fantômes investissent la Gaité Lyrique. Et c'est extra !

Envie de se faire une petite frayeur du côté de la Gaîté Lyrique ? Cela tombe bien, du 7 avril au 31 juillet, ce haut lieu de la culture – lui-même hanté par ses mille vies, de temple de l’opérette à parc d’attractions – se trouve habité par l’exposition ‘Extra Fantômes’. Des revenants de tous voiles qui nous plongent dans un univers à la fois fantastique et inquiétant. Sensoriellement perceptible ou, au contraire, évanescent. 

Pour accéder à la première des quatre salles du parcours, il faut pousser une porte qui grince et descendre des escaliers illuminés de néons verts. Une bonne façon de nous habituer, dès le départ, à l’ambiance spectrale qui ne cessera de flotter dans l’air de chaque pièce. Puis on pénètre dans les Ténèbres où, vous vous en doutez, règne l’obscurité. Au cœur de ce manoir ésotérique et ultra-connecté, on fait face à la figure de l’ectoplasme au travers du prisme numérique. Une toile ovale, tendue au milieu de l’espace, nous accueille et nous avale lorsqu’on l’effleure, ne laissant derrière nous qu’une empreinte digitale. Avant que l’aménagement de l’artiste Malte Martin ne déforme notre portrait à l’aide d’une caméra, dans le but de nous confronter à notre double fantomatique. Un jeu fugace avec la monstruosité qui amusera les enfants insouciants, ravis de grimacer devant l’objectif sans se faire réprimander.

Place ensuite au monde de l’occulte et du paranormal dans La Chambre Rouge. Là, on rencontre des esprits farceurs produisant des glitches impromptus sur une « ghost box » capable d’intercepter de mystérieuses fréquences. Ou encore des êtres d’outre-tombe dictant des mots hasardeux sur un large ouija en bois conçu par Mathieu Schmitt. Et si cette immersion énigmatique dans l’inexplicable n’a pas freiné notre curiosité, on se lance avec témérité dans le conduit d’une cheminée débouchant sur une pièce secrète.
Assis sur des canapés, bercé par le souffle d’une suspension de coussins aériens luminescents se gonflant et se dégonflant en rythme, on y écoute la maison respirer. Car, ici, tous les objets prennent vie. A l’image de ce miroir révélant notre bestialité ou de ce puits au tourbillon hypnotique.

Mais si, jusqu’alors, l’impression d’avancer avec une présence invisible à nos côtés s’apparentait à un récréatif cache-cache, elle devient clairement oppressante lorsqu’on franchit le seuil de La Salle de Contrôle. Baignée d’une aura blanchâtre et résonnant de bruit mécanique, celle-ci met en avant le médium numérique qui agit tel un fantôme dans notre société, insaisissable et pourtant omniprésent. Les rôles s’inversent alors étrangement et ce n’est plus le spectateur qui regarde l’œuvre mais l’œuvre qui le regarde, voire le surveille. La preuve avec ‘Psychic’, installation d’Antoine Schmitt qui, grâce à une machine à écrire et de nombreux capteurs, retranscrit au mur le moindre de nos faits et gestes. Vraiment perturbant. Tout comme ce cahier des ‘Affaires non classées’ que l’on feuillette avec fébrilité. Un doute s’empare en effet de nous devant ces visages flous et aux contours imprécis : sont-ce vraiment des images numériques mal interprétées par un algorithme ou de véritables revenants ?

C’est sur cette ambiguïté constante, renforcée par le fait d’être en permanence cerné d’énergies indécelables, que joue habilement l’exposition ‘Extra Fantômes’. Bien qu’une angoisse discrète face à l’univers extralucide se dissimule çà et là, petits et grands ne pourront toutefois pas s’empêcher de manipuler leurs peurs pour mieux les exorciser. Et si vraiment, vous n’êtes toujours pas rassurés, la visite se termine par Le Bucker, repaire d’objets et de vêtement farfelus pour se protéger des entités qui rôdent. Un camouflage brouillant votre émission de chaleur humaine vous sera, par exemple, proposé. Une façon de vous rendre invisible aux yeux des caméras qui, paradoxalement, vous transformera vous-même en fantôme. 

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Par Clotilde Gaillard

Publié :

Téléphone de l'événement 01.53.01.52.00
Site Web de l'événement http://www.gaite-lyrique.net

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The Very Big Sheep
tastemaker

Je suis une fan des expositions de la gaité et je dois dire que celle-ci m’a laissé perplexe. La première moitié de l’exposition m’a plutôt beaucoup plu, questionnant notre perception et notre relation avec l’au-delà. Toute la partie « œuvre participative » m’a captivé. Jje suis restée de longue minutes dans la salle où se trouvait l’œuvre Seventeen de Nils Völker que j’ai trouvé extrêmement réussie, mais j’ai complètement décroché quand on a abordé le numérique puis les protections anti ondes électromagnétiques.J’ai trouvé l’exposition courte et peu aboutie.

Gayaelle
tastemaker

Le concept est sympa, mais on ne comprend pas toujours bien comment interagir pour découvrir les expériences, et l'expo est plutôt courte (les films ne m'ont pas vraiment parus dans le thème, pour certains en tout cas). Déçue !

Attention, l'expo s'est finalement terminée le 17/07