François Kollar : Un ouvrier du regard

Art, Photographie
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François Kollar (© François Kollar / Bibliothèque Forney / Roger-Viollet)
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François Kollar, Aux sources de l‘énergie. Enseignes lumineuses. Paris,1931, coll. Paris, Bibliothèque Forney
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© François Kollar
François Kollar, Tour Eiffel, vers 1930, tirage gélatino-argentique d‘époque, MNAM/CCI, Centre Pompidou, Paris, inv. AM 2012-3429. Achat grâce au mécénat d’Yves Rocher, 2011. Ancienne collection Christian Bouqueret.
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François Kollar, Étude publicitaire pour "Magic Phono", portrait de Marie Bell en photomontage, 1930, donation François Kollar, Médiathèque de l‘architecture et du patrimoine, Charenton-le-Pont.
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François Kollar, Sans titre [Emboutissage des couverts, usine Christofle, France], 1950, donation François Kollar, Médiathèque de l‘architecture et du patrimoine, Charenton-le-Pont

130 sublimes clichés signés François Kollar sur les milieux de la mode et de l'industrie entre 1930 et 1960.

Une bouche de tunnel à Rouen, le rivetage des tôles d’un pont de navire à Saint-Nazaire, des mineurs dans le Pas-de-Calais… Dans l’objectif du photographe hongrois François Kollar, le noir et blanc déploie toutes ses nuances de gris pour capturer le quotidien de la force ouvrière française. En 130 clichés, l’exposition du Jeu de Paume, première rétrospective de l’œuvre de Kollar en France, traverse des aciéries en Meurthe-et-Moselle, assiste aux découpes d’une scie circulaire, à la fabrication de moulins à légumes. Elle déroule des kilomètres de pellicule, de l’usine Moulinex à Alençon à la Société des Mines de Lens, documentant l’évolution des techniques et conditions de travail en France des années 1930 ('La France travaille') aux années 1960 ('Reportages industriels'). Un parcours qui fait de François Kollar l’un des plus grands témoins du paysage industriel du XXe siècle, mais pas seulement.  

Pour raconter la carrière très diversifiée du photographe, les commissaires Matthieu Rivallin et Pia Viewing ont imaginé un tracé chronologique. Plus de trente années de clichés, de ses débuts dans la photographie publicitaire (Oméga, Hermès) jusqu’à ses reportages commandés par l’industrie française.

On retrouve ainsi Kollar dans son studio parisien, où il s’inspire de Man Ray ou encore de son compatriote László Moholy-Nagy pour composer des autoportraits expérimentaux. Des techniques de photomontage, de solarisation ou encore de surimpression qu’il réutilisera tout au long de sa carrière dans la mode, la publicité ou lors de ses reportages en usine.

Et c’est peut-être cette sensibilité particulière, cette grande maîtrise technique et ce refus de la composition linéaire qui rend son enquête documentaire pour les éditions Horizons de France aussi éblouissante. Un travail largement retracé par l’exposition du Jeu de Paume. ‘La France travaille’, véritable point d’orgue de cette rétrospective bien nommée ‘Un ouvrier du regard’, offre ainsi un magnifique témoignage de la transition qui s’opère déjà à l’époque dans les milieux ouvriers. Invité à parcourir le territoire hexagonal, Kollar fournira au total plus de deux mille photographies publiées entre 1931 et 1934 dans quinze ouvrages thématiques : le bâtiment, les métiers du fer, les mineurs, le rail… Un travail titanesque raconté notamment au travers de quatre diaporamas. Un outil qui permet de traverser les clichés de Kollar non plus thématiquement mais à travers des grilles de lecture bien définies : la transition historique, les lieux et conditions de travail, le force ouvrière observée au plus près et une série de portraits d’ouvriers en action.

Intelligemment scénographiée et très largement documentée, la rétrospective ‘Un ouvrier du regard’ met en lumière et en perspective les extraordinaires archives de François Kollar. Une plongée experte qui témoigne des multiples visages de la France, des profondes transformations opérées dans le monde du travail et offre, de fait, un formidable écho à l’actualité économique. 

Gagnez vos invitations aux expositions du Jeu de Paume en participant ici à notre jeu-concours.

François Kollar at Jeu de Paume - Teaser from Jeu de Paume / magazine on Vimeo.

Par Elsa Pereira

Publié :

Téléphone de l'événement 01 47 03 12 50
Site Web de l'événement http://www.jeudepaume.org

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Alizée
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Exposition de photos en noir et blanc. Les sujets de François Kollar ont été varié au cours de sa carrière : mode ou photomontage. Mais le plus intéressant de son oeuvre concerne les photos d’ouvriers au travail dans les années 1930 / 1940. Impressionnant de voir comme les métiers ont évolué ou même comment Paris a pu changer en moins d’un siècle. En revanche les tirages sont assez petits et les scènes photographiées se ressemblent beaucoup.

Clémentine V
tastemaker

Après la très bonne expo 'Helena Almeida : Corpus' située à l'étage du dessus, j'ai été très déçue par celle-ci. Les clichés de François Kollar illustre bien la France au travail pendant les années 30, mais de façon trop documentaire et pas assez vivante à mon goût. Au final, une exposition qui m'a plus ennuyée qu'autre chose.