G I R L, curated by Pharrell Williams

Art Libre
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Il paraît que cette exposition rend hommage aux femmes – avec ses 37 artistes, dont 18 dames, et ses 49 œuvres qui évoquent, de près ou de loin, la gent féminine. C’est vrai. Ici, les performances de Marina Abramovic nous parlent d’amour et de guerre des sexes pendant que les travestissements de Cindy Sherman interrogent l’identité des genres et que les slogans virulents des Guerrilla Girls! dénoncent la phallocratie. Mais ‘G I R L’ signe surtout l’apothéose de deux hommes. Deux types riches, influents et célèbres qui se sont rencontrés à Miami en 2007 et filent depuis une amitié d’art, de stars et de fric. Pharrell Williams. Oui oui, le Pharrell Williams. Et Emmanuel Perrotin. Le magnat des galeristes français.

Le premier a été invité à jouer les commissaires de cette expo qui porte le nom de son deuxième album solo – aidé, dans ses choix, par Perrotin et Ashok Adicéam, ancien de la Fondation Pinault. Le second inaugure à cette occasion son troisième espace de la rue de Turenne, une « salle de bal » qui vient s’ajouter à une longue liste de galeries, dont une à Hong Kong et une autre à New York. Bref, on ne nous la fait pas. Ici, on parle de la féminité des unes pour mieux asseoir la virilité des autres. Inutile, en effet, de préciser qu’avec ‘G I R L’, Emmanuel Perrotin s’offre un coup de pub démesuré, en faisant entrer une star intersidérale de la culture populaire dans le monde très hermétique des galeries du Marais. Quant au musicien, producteur et (depuis peu) créateur de mode américain, il goûte pour la première fois aux joies du curating d’art contemporain avec une cuillère d'argent sous la dent. Encore mieux, Pharrell devient définitivement une icône pop, des artistes comme Daniel Arsham ou son ami Takashi Murakami ayant réalisé pour l’occasion des portraits du musicien sous forme de photo, sculpture, compositions graphiques et même fauteuil Ikea customisé – le tout à base de couleurs flashy, de paillettes et de kitsch.

Et on a envie de dire : tant mieux. D’abord, parce que les œuvres sélectionnées par Pharrell Williams (avec un gros coup de pouce de l’équipe de Perrotin, bien entendu), dont douze produites spécialement pour l’exposition, forment un beau parcours, parsemé de petites pépites comme cette Joconde gluante de Gelitin ou cette toile de Laurent Grasso figurant Pharrell en habit napoléonien, à cheval dans le désert égyptien devant une grande statue de déesse antique (peinture réalisée pour le single ‘Lost Queen’ de Williams). Ensuite, parce que ce genre d’initiatives permet aux galeries de s’ouvrir à un autre public : plus large, plus jeune, et qui ignore parfois que les expositions d’art contemporain proposées par les marchands sont gratuites et tout à fait accessibles. Alors, si tout le monde peut en profiter et apercevoir, en plus, des créations de Xavier Veilhan, Sophie Calle, Annette Messager, Germaine Richier ou Jean-Michel Othoniel, c’est tout bénef. Le tout Paris artistique les attendait au quart de tour : mais Perrotin et Williams s’en sortent très bien. L’univers des femmes et le narcissisme de Pharrell, éclatant de cool et de couleurs, forment un cocktail frais, improbable et plaisant. Un truc happy plutôt réussi.

> Horaires : du mardi au samedi de 11h à 19h.

Par Tania Brimson

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