Gauguin. L'alchimiste

Art, Peinture
5 sur 5 étoiles
Gauguin. L'alchimiste
© RMN Grand Palais, musée d’Orsay, photo Hervé Lewandowski

Itinéraire d’un explorateur

Qui mieux que Paul Gauguin pour nous faire voyager sous la coupole du Grand Palais ? Artiste des formes, celui que l’on surnomme « Koke » lors de son séjour aux îles Marquises dévoile sa vision du monde pendant près de trente ans. Son crédo : utiliser la nature et les matières pour créer la vie.

Attiré par les coutumes et les traditions, Gauguin se fait surtout connaître pour son travail en Polynésie, où il vivra pendant douze ans, avant d’y mourir. Là, sa muse Teha’amana deviendra sa femme et son modèle. Soixante-dix toiles, dont le surprenant portrait ‘Les aïeux de Tehamana’, naîtront en quelques mois. Un travail de précision que l’exposition restitue sobrement à l’aide d’un jeu de lumière qui redonne vie à des œuvres poignantes. On reste muet face aux couleurs et aux expressions des femmes qu’il dépeint. Des expressions figées et émouvantes. 

Mais la force de ce maître de l’impressionnisme, c’est surtout sa capacité à faire voyager son admirateur, sans forcément l’emmener au bout du monde. En se rendant régulièrement en Bretagne, Gauguin parvient à rendre compte de la poésie de la région, avec des tableaux comme ‘La Moisson’ où le jaune vif des champs nous captive pendant cinq bonnes minutes. Mais le point commun entre tous ces multiples rendus (sculpture, céramique, peinture), ce sont les femmes. Représentées nues ou habillées, elles incarnent les différentes coutumes et ethnies observées par celui que l’on pourrait qualifier de « poète globe-trotteur ».

On se baigne doucement dans la nature imaginée par Paul Gauguin, pour qui la création était considérée comme plus importante que le résultat. Lui parvient magnifiquement à obtenir les deux. Et on court admirer la performance avant le 22 janvier.

Par Alexandra Boquet

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