Havana

Art, Photographie Libre
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Havana (© Alexei Riboud)
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© Alexei Riboud
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Havana  (© Alexei Riboud)
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Cuba  (© Marc Riboud )
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© Marc Riboud
Castro  (© Marc Riboud )
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© Marc Riboud
Havana  (© Marc Riboud )
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© Marc Riboud

« Viva Cuba libre ! » C’est le message plein d’espoir écrit çà et là dans le livre d’or de ‘Havana’, la rétrospective de Marc et Alexei Riboud actuellement présentée à la Maison des Amériques Latines. L’exposition conjointe du père et du fils nous invite à une exploration historique de la capitale cubaine à travers deux séries de photos, l’une prise en 1963 et l’autre en 2004. Ancrés dans le contexte politique, ces deux corpus dressent le portrait remarquable d'une ville qui, en quarante ans, semble n'avoir que très peu changé.

Riboud-père, le monstre sacré multiprimé de chez Magnum, présente une série sémillante en noir et blanc, qui pose son objectif sur la joie de vivre des résidents de La Havane, tout en témoignant de l’avancée galopante du système castriste. Ses images jouent sur les contrastes d'une société déchirée entre un idéal politique et une réalité difficile, les scènes de vie quotidienne se heurtant aux affiches de propagande et aux inscriptions sur les murs, qui crient haut et fort des slogans à la gloire du communisme.

Quarante ans après, les photographies d’Alexei Riboud arrivent comme une explosion de couleurs. A première vue, les paysages urbains qu’il arpente ressemblent étrangement à la Havane de son père : l'architecture, les voitures et les bus n’ont pas bougé. Pourtant, la ville semble avoir perdu l'étincelle que l’on retrouve dans la série de 1963, comme si le spectre de la Guerre froide s’acharnait à peser sur chaque photographie. Les images d’Alexei jouent sur la superposition : tandis que la capitale dégradée est mise au point net, ses habitants restent flous et relégués à l'imprécision. Ici, la Havane retrouve ses couleurs éclatantes, certes ; mais son peuple sans visages la baigne dans une atmosphère d'autant plus troublante.

Face au récent assouplissement diplomatique entre les Etats-Unis et Cuba, cette petite exposition prend une dimension symbolique. Un coup d’œil furtif sur une société apparemment figée dans le passé, mais sur le point de vaciller.

> Horaires : du lundi au samedi de 10h à 19h.

Par Maria Hagan / Traduit par VP

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