Hémisphère

Art, Art contemporain
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Hémisphère (© E.Boutié)
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'Variation pour Montée de Sève' du Laboratoire Associatif d'Art et de Botanique [LAAB]
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'Eau de Paris - Cyprès' de Fabien Leaustic
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'Flux' de Julien Poidevin
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'Dividers' de Flavien Théry
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'Le rétro-Musée en 2137' de Magali Desbazeille
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'Caméra 2067' de David Guez

‘Hémisphère’, premier volet de la biennale internationale des Bains Numériques, s'ouvre cette semaine au centre des Arts d'Enghien-les-Bains. Cette exposition collective rassemblant plusieurs structures du Réseau des Arts Numériques (le festival Elektra de Montréal et le Décalab notamment) présente une dizaine d'œuvres développées au sein de ces structures innovantes. Première expérimentation de co-diffusion dans le domaine des Arts Numériques, ‘Hémisphère’ a l'intelligence de faire se rencontrer des œuvres aux problématiques communes produites dans des contextes différents, où leurs singularités se rejoignent sans toutefois s'affaiblir.

Pensée comme une exploration à travers des correspondances quasi baudelairiennes, ‘Hémisphère’ se parcourt tel un poème, lentement, dans une sorte de lévitation permanente. Nature et Mécanique y cohabitent en une utopie diffractée, biologique et temporelle. Ainsi, l'œuvre de Fabien Leaustic, ‘Eau de Paris – Cyprès’, nous accueille et nous invite – les cyprès symbolisant l'hospitalité – à entrer dans ce dédale immersif et sensoriel qui nous plonge dans un ecosystème fait d'images numériques, d'installations et d'ambiances sonores. On se retrouve à naviguer entre imaginaire, fantasmagorie, virtualité anticipée et réalité augmentée par un trouble constant de la perception et une remise en question de notre environnement. L'artiste iranienne Golnaz Behrouznia, elle, s'interroge sur les modalités du vivant dans un système complexe. Son installation ‘Lumina Fiction’ met donc en scène plusieurs corps autonomes dans un scénario interactif avec le visiteur. Les corps s'agitent, deviennent rouges, se brouillent et ne se calment que lorsqu'on prend en considération le respect de leur écosystème. Quant au collectif Laab, il s'intéresse à la montée de sève à l'intérieur des plantes, retranscrivant son ascendance soit en lumières, soit en sons.

Micro-organismes, météorologie, spectre lumineux, voyage dans le temps… Autant de phénomènes dont s'inspirent ou s'emparent les œuvres présentées dans cet ‘Hémisphère’ particulier où même l'œil et la vision sont déformés. Scientifiques et artistes collaborent ensemble pour tenter de produire une autre vérité, un autre récit du monde, parallèle et transversal. La science n'est ici qu'une expérience de plus, une autre proposition de réel, au même titre que l'art. Bref, à mi-chemin de la mémoire, du futurisme et de l'éphémérité, on ne sait plus si c'est l'art qui est scientifique ou la science artistique. Une ambivalence déroutante, certes, mais riche d'inventions et de possibilités, faisant d'’Hémisphère’ une exposition détonante.
Il faudra cependant attendre le mois de juin pour voir la suite des propositions numériques de la biennale qui investiront le reste de la ville en un parcours encore plus labyrinthique. Pour patienter, rincez-vous déjà l'œil dans les méandres de cet hémisphère et de ses œuvres aux différentes temporalités.

Par Elise Boutié

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