Hip-hop : du Bronx aux rues arabes

Art, Street art
Recommandé
  • 3 sur 5 étoiles
0 J'aime
Epingler
 (Ammar Abo Bakr, Mo Mahmoud dit Khaled, 'Glory to the unidentified', 2013, Ganzeer, Le Caire, Egypte / © Abdo El Amir)
1/8
Ammar Abo Bakr, Mo Mahmoud dit Khaled, 'Glory to the unidentified', 2013, Ganzeer, Le Caire, Egypte / © Abdo El Amir
 (Yoshi Omori, 'Triptyque Breakdance', Paris, Le Globo, 1988 / © Yoshi Omori)
2/8
Yoshi Omori, 'Triptyque Breakdance', Paris, Le Globo, 1988 / © Yoshi Omori
 (Vincent Bousserez, 'Arrêt automatique total', 2013 / Courtesy de Galerie Sisso / © Vincent Bousserez)
3/8
Vincent Bousserez, 'Arrêt automatique total', 2013 / Courtesy de Galerie Sisso / © Vincent Bousserez
 (Jean-Pierre Maéro, ‘Concert au Caillols, Années 80’ / © Jean-Pierre Maéro)
4/8
Jean-Pierre Maéro, ‘Concert au Caillols, Années 80’ / © Jean-Pierre Maéro
 (Kehinde Wiley, ‘The Three Graces 1881-1956,’ 2012 / Courtesy Galerie Daniel Templon, Paris / © Kehinde Wiley Studio)
5/8
Kehinde Wiley, ‘The Three Graces 1881-1956,’ 2012 / Courtesy Galerie Daniel Templon, Paris / © Kehinde Wiley Studio
 (Yoshi Omori, 'Ambiance Public Enemy', Paris, Le Globo, 1989 / © Yoshi Omori)
6/8
Yoshi Omori, 'Ambiance Public Enemy', Paris, Le Globo, 1989 / © Yoshi Omori
7/8
 (Yazan Halwani Fayrouz, 'JdoudnaIkhtara’ou Al Sofor, Wa Ah’fadhom Sarou Sfoura', Gemmayzeh, Beyrouth, 2013 / © Yazan Halwanii)
8/8
Yazan Halwani Fayrouz, 'JdoudnaIkhtara’ou Al Sofor, Wa Ah’fadhom Sarou Sfoura', Gemmayzeh, Beyrouth, 2013 / © Yazan Halwanii

Des blocks du Bronx aux rues des printemps arabes. Voilà le fil que tente de tresser l'Institut du Monde Arabe, avec plus ou moins de réussite. De la matière, pourtant, il y en a : d'abord une bande-son irréprochable, qui dès la première salle balance du rap old school, du premier hit commercial "Rapper's Delight" du Sugar Hill Gang au "Paid in Full" de Eric B. & Rakim, toujours aussi entêtant. Vinyles d'époque, fringues customisées, documentaires, extraits de films, photos eighties des quartiers new-yorkais ou des friches autour du métro Stalingrad : l'IMA s'est creusé les méninges pour tenter de recréer le parfum excitant, juvénile et solidaire du hip-hop période Afrika Bambaataa et Dee Nasty.

Même si la scénographie frise parfois le ringard (les immeubles en carton-pâte étaient dispensables), l'ambition y est : raconter l'éclosion d’un mouvement culturel devenu, entre-temps, largement dominant. La danse, le graffiti, mais aussi la mode et toutes les paraphilies qui en découlent (l'amour immodéré des baskets en tête) sont abordées. A part l'importance initiale de la musique jamaïcaine, les oublis se comptent sur les doigts d’une main, et quelques bonnes idées alimentent le parcours, comme ce « tuto » de DJing ou l'incursion d'artistes contemporains marqués par la culture hip-hop  Guillaume Bresson en première ligne.

Le problème, c'est que l'exposition, une fois passées les origines US, oublie d'analyser les évolutions des années 1990-2000-2010, et ne dit pas un mot sur la West Coast de Dr. Dre et Snoop Dogg, sur le gangsta rap ou l'acide Eminem. Pire, elle se ment un peu, en restant coincée dans une vision très idéaliste du rap, qui serait un genre éminemment politique. C'était peut-être vrai avec Public Enemy et NTM ; c'est peut-être encore vrai pour certains comme l'Irakien The Narcicyst (ou d'autres découverts grâce à l'exposition, notamment Fareeq El Atrash). Mais le réduire à cela paraît bien utopique. Ce serait nier que dans sa grande majorité, le hip-hop est également devenu une bouillie fade et caricaturale, calibrée pour vendre de la subversion tiède  et des fringues  au plus grand nombre.

Par Mikaël Demets

Publié :

Téléphone de l'événement 01.40.51.38.38
Site Web de l'événement http://www.imarabe.org
LiveReviews|0
1 person listening