Hokusai

Art, Estampes et gravures
  • 3 sur 5 étoiles
0 J'aime
Epingler
 (Katsushika Hokusai, 'Kajikazawa dans la province de Kōshū', de la série 'Trente-six vues du mont Fuji', c. 1830-1834)
1/11
Katsushika Hokusai, 'Kajikazawa dans la province de Kōshū', de la série 'Trente-six vues du mont Fuji', c. 1830-1834
 (Katsushika Hokusai, 'Spectre d’Oiwa-san', de la série 'Cent contes de fantômes', c. 1831-1832 / © Katsushika Hokusai Museum of Art)
2/11
Katsushika Hokusai, 'Spectre d’Oiwa-san', de la série 'Cent contes de fantômes', c. 1831-1832 / © Katsushika Hokusai Museum of Art
 (Katsushika Hokusai, 'Dans le creux d’une vague au large de Kanagawa', de la série 'Trente-six vues du mont Fuji', c. 1830-1834 / © © Musées royaux d’Art et d’Histoire, Bruxelles)
3/11
Katsushika Hokusai, 'Dans le creux d’une vague au large de Kanagawa', de la série 'Trente-six vues du mont Fuji', c. 1830-1834 / © © Musées royaux d’Art et d’Histoire, Bruxelles
 (Katsushika Hokusai, 'Manoir aux assiettes', de la série 'Cent contes de fantômes', c. 1831-1832 / © Museum für Kunst und Gewerbe, Hambourg)
4/11
Katsushika Hokusai, 'Manoir aux assiettes', de la série 'Cent contes de fantômes', c. 1831-1832 / © Museum für Kunst und Gewerbe, Hambourg
 (Katsushika Hokusai, 'Longue vue', de la série 'Sept manies des jeunes femmes sans élégance', 1801-1804 / © Galerie Sebastian Izzard LLC)
5/11
Katsushika Hokusai, 'Longue vue', de la série 'Sept manies des jeunes femmes sans élégance', 1801-1804 / © Galerie Sebastian Izzard LLC
 (Katsushika Hokusai, 'Vent du sud, ciel clair [le Fuji rouge]', de la série 'Trente-six vues du mont Fuji', c. 1830-1834 / © The British Museum, Londres, dist. Rmn-Grand Palais)
6/11
Katsushika Hokusai, 'Vent du sud, ciel clair [le Fuji rouge]', de la série 'Trente-six vues du mont Fuji', c. 1830-1834 / © The British Museum, Londres, dist. Rmn-Grand Palais
 (© Rmn - Grand Palais (musée Guimet, Paris) / Thierry Olivier)
7/11
© Rmn - Grand Palais (musée Guimet, Paris) / Thierry Olivier
Hokusai, 'Choshi dans la province de Chiba' (série 'Mille images de la mer')
 (Katsushika Hokusai, 'Pêcheur', c. 1818-1830)
8/11
Katsushika Hokusai, 'Pêcheur', c. 1818-1830
 (Katsushika Hokusai, 'Canards dans le courant', 1847 / © British Museum /  dist. Rmn-Grand palais)
9/11
Katsushika Hokusai, 'Canards dans le courant', 1847 / © British Museum / dist. Rmn-Grand palais
 (Katsushika Hokusai, 'Deux carpes', 1831 / © Rmn-Grand Palais (musée Guimet, Paris) / Thierry Ollivier)
10/11
Katsushika Hokusai, 'Deux carpes', 1831 / © Rmn-Grand Palais (musée Guimet, Paris) / Thierry Ollivier
 (Katsushika Hokusai, croquis, janvier 1814)
11/11
Katsushika Hokusai, croquis, janvier 1814

« A l'âge de 73 ans, j'ai compris à peu près la structure de la nature vraie (…). Quand j'aurai 110 ans, chez moi, soit un point, soit une ligne, tout sera vivant. » Voilà comment Hokusai (1760-1849), le plus célèbre artiste de l'Histoire du Japon, conçoit son art : comme une perpétuelle escalade vers la perfection, une avancée lente mais têtue vers une expression qui tend, toujours, à s'améliorer. Pendant des décennies, il dessine et peint sans relâche. Des centaines, des milliers de pièces, dont la profusion est bien rendue par le parcours gargantuesque du Grand Palais. Régulièrement, il change de pseudonyme, pour marquer chaque étape de sa progression. Les techniques changent, les supports varient, les sujets se suivent sans se ressembler, même si, chez Hokusai, la nature luxuriante, source d'émerveillement et de beauté qui rappelle à l'homme son humble condition, reste le personnage récurrent d'une œuvre extraordinaire.

A admirer les fameuses 'Trente-six vues du Mont Fuji', formidable portrait des différentes facettes d'un Japon à la fois maritime et paysan, citadin et sauvage, moderne et hanté, baigné dans des couleurs chaudes ou des bleus glacés, on peut deviner le choc qui suit l'apparition en Europe de ces estampes, au milieu du XIXe siècle. Choc qui répercute son onde, on le sait, jusqu'à Van Gogh, Monet, Degas et bien d'autres. La force du trait, la pureté du mouvement, la souplesse des lignes, l'intelligence des effets de perspective ou l'utilisation bouleversante du bleu laissent béat. Et partout, de la stylisation des formes jusqu'à ces dessins qu'on dirait tirés du manga 'Akira', surgit cette stupéfiante modernité.



Mais, il y a un « mais ». Un gros même : par pudibonderie sans doute, par précaution peut-être, le Grand Palais, voulant plaire à tout le monde, a choisi d'omettre tout le pan érotique de l'œuvre du « vieux fou de peinture ». Avec une certaine forme de malhonnêteté puisqu'aucun texte ne souligne jamais ce manque dans l'exposition, les commissaires ont ôté de cette soi-disant rétrospective des chefs-d'œuvre comme 'Le Rêve de la femme du pêcheur'*. Ce faisant, ils abaissent au niveau de basses images porno des estampes magnifiques qui caractérisent l'affrontement entre l'homme et la nature, cher au Japonais. Ce Hokusai-ci, déshabillé de sa subversion, a l'air bien sage. Beaucoup trop. Alors quoi, la prochaine exposition de Courbet se fera sans 'L'Origine du monde' et on enlèvera des futures rétrospectives sur Schiele les représentations de prostituées de 13 ans pour ne pas troubler les visiteurs ? Ca promet.

* Devant notre interrogation, la co-commissaire a expliqué que l'exposition souhaitait se concentrer sur le reste de l'œuvre d'Hokusai, et que les pièces érotiques auraient monopolisé l'attention du visiteur (sic).

> Horaires : tous les jours sauf le mardi de 10h à 22h (fermeture à 20h le dimanche et le lundi).

> Ouverture à partir de 9h le samedi et pendant les vacances scolaires.

 

Par Mikaël Demets

Publié :

LiveReviews|0
1 person listening