L’art du pastel de Degas à Redon

Art, Dessin
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Pastelmania au Petit Palais

L’initiative est suffisamment rare. Rare car le pastel, ce bâtonnet de poudre, de craie et de gomme arabique, est tellement fragile et capricieux qu’il faut le protéger. Le mettre loin de la lumière vive tout en évitant au maximum les déplacements pour que la couleur et l’adhérence ne s’érodent pas. Autant dire que les œuvres ont plutôt tendance à squatter les réserves des musées qu’à être déployées en masse dans les allées d’exposition.

Le Petit Palais a pourtant succombé – et c’est tant mieux ! – à la tentation de présenter une large collection de 130 œuvres autour du second âge d’or du pastel, aux alentours du XIXe siècle. Jusqu’au 8 avril, dans un parcours chronologiquo-esthétique, l’expo revient sur les différents courants (symbolisme, impressionnisme, réalisme…) et met en exergue la complexité des différentes expérimentations dudit matériel et ses effets escomptés (profondeur, jeux de lumière et de matière…). Et le casting est impressionnant : Redon, Renoir, Degas, Gauguin, Morisot, pour ne citer qu’eux, se conjuguent tous au pluriel.

Et autant dire qu’en pénétrant dans les salles intimistes et ultracolorées, le plaisir et la jouissance viennent de tous les sens. On pense à Degas, le maître incontesté du pastel, qui, de juxtaposition de couleurs à des gestes plus ou moins appuyés, suggère habilement tel ou tel paysage qui devient aussitôt méconnaissable dès qu’on s’en approche trop. Ou à Redon, autre grand, qui nous conforte dans l’idée que, quand l’artiste refuse de trop préciser, laissant place à un incertain tout en s’éloignant d’un symbolisme académique, le pastel devient mieux utilisé et a fortiori, plus intéressant… Faisant ainsi de chaque œuvre, un moment immanquable !

Par Houssine Bouchama

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