Les Tudors

Art, Peinture
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 (D’après Hans Holbein le Jeune, 'Henri VIII' (détail), 1540-1550 / © West Sussex, Petworth House, National Trust)
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D’après Hans Holbein le Jeune, 'Henri VIII' (détail), 1540-1550 / © West Sussex, Petworth House, National Trust
 (Maître dit «Master John», 'Marie Ire', 1544 / © National Portrait Gallery, Londres)
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Maître dit «Master John», 'Marie Ire', 1544 / © National Portrait Gallery, Londres
 (Associé à Nicholas Hilliard, 'Elisabeth Ire', dit 'Le Portrait au phénix', vers 1575 / © National Portrait Gallery, Londres)
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Associé à Nicholas Hilliard, 'Elisabeth Ire', dit 'Le Portrait au phénix', vers 1575 / © National Portrait Gallery, Londres
 (Hans Holbein le Jeune, 'Edouard VI', 1538 / © National Gallery of Art, Washington)
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Hans Holbein le Jeune, 'Edouard VI', 1538 / © National Gallery of Art, Washington
 (Artiste anglais, 'Elisabeth Ire', vers 1600 / © National Portrait Gallery, Londres)
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Artiste anglais, 'Elisabeth Ire', vers 1600 / © National Portrait Gallery, Londres

Le musée du Luxembourg décrypte les mythes, fictions et réalités de la dynastie britannique.

Drames familiaux, manigances politiques, querelles religieuses, décapitations dégoulinantes, étoffes précieuses et chaînes en or qui brillent... Chez les Tudors, on n’était pas du genre plan-plan. La preuve (s’il en fallait) au musée du Luxembourg qui, épaulé par la National Portrait Gallery de Londres, met son nez dans les affaires scabreuses de la dynastie britannique, en se hasardant bien au-delà des portraits de rois et reines collet monté. Ici, il s’agit avant tout d’explorer l’art et la manière dont la légende des Tudors et les faits historiques se sont mélangés dans notre inconscient collectif, embrumé depuis des siècles par les dérives d’écrivains et autres cinéastes, nombreux à s’être librement inspirés des aventures d’Henry VIII et des mésaventures de ses six épouses, des persécutions de Marie la sanglante (Bloody Mary, la fameuse) ou des dessous de la Reine Vierge (Elisabeth). Bref, de quantité d’épisodes qui ont façonné le destin de l’Angleterre – brodés, revus et corrigés jusqu’à plus soif.

Alors oui, l’exposition affiche son lot (impressionnant) de portraits signés des grands peintres de la Renaissance nordique que furent Nicholas Hilliard, Joos van Cleve ou Hans Holbein. Mais le musée s’applique surtout à confronter ces toiles à des extraits de films et de textes qui ont contribué à cultiver et dramatiser la mythologie de la couronne britannique. Tout le monde  de Shakespeare à Gioachino Rossini et de Shekhar Kapur à Victor Hugo, sans oublier Alexandre Dumas  semble avoir donné du sien pour faire couler l’encre tenace qui entretient, aujourd’hui encore, les fictions qui enrobent les monarques anglais. Première expo sur la dynastie en France, le parcours se penche aussi sur la fascination mutuelle et les luttes de pouvoir qui animèrent les relations franco-britanniques aux XVe et XVIe siècles, de la rivalité courtoise entre François Ier et Henry VIII à l’entente cordiale entre Catherine de Médicis et Elisabeth Ière. En ressort l’ébauche d’une alliance durable, déjà soudée par des intérêts semblables. Bien avant qu’un tunnel ne relie la National Gallery au jardin du Luxembourg, traversant les eaux qui dévorent les épaves de l’invincible armada et de la Luftwaffe.

Tous les jours de 10h à 19h / Nocturnes les lundis jusqu'à 22h.

Par Maria Hagan / Tania Brimson

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