L'Esprit du Bauhaus

Art , Architecture Musée des Arts décoratifs , 1er arrondissement Jusqu'au dimanche 26 février 2017
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Bauhaus
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Erich Consemüller, Scène du Bauhaus : inconnue au masque dans un fauteuil tubulaire de Marcel Breuer portant un masque de Oskar Schlemmer. Photographie, 1926
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Marianne Brandt, Théière et passe-thé, argent et ébène, vers 1924
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Installation, cuir laiton propylène, Muller Van Severen, 2012

On connaît tous (si, si) les principes du Bauhaus : simplicité, fonctionnalisme, modernisme. Alors (re)plongez au cœur de cette école du style.

Au commencement était le tube. Ou peut-être le cube. La géométrie élémentaire appliquée à la structure. La structure menant à l’art de vivre. Le manifeste du Bauhaus est clair : « Architectes, peintres et sculpteurs doivent réapprendre à connaître et à comprendre la complexe mise en forme de la construction dans son ensemble et dans ses parties ; alors leurs œuvres seront d’elles-mêmes à nouveau remplies de l’esprit architectonique qu’elles ont perdu dans l’art de salon. »  C’est sur ce principe énoncé par Walter Gropius, architecte et fondateur de l’école du Bauhaus, que des dizaines d’étudiants laissèrent s’agiter leur crayon, de 1919 à 1933, sous la houlette de professeurs aussi augustes que Paul Klee et Vassily Kandinsky. 

Mélange des genres

L’exposition présentée au musée des Arts Décoratifs s’attache à rendre l’esprit qui animait le lieu : créativité, pluridisciplinarité et collaboration de talents au service d’un art voulu proche de l’artisanat. Dense et immersif, le parcours mène le visiteur d’atelier en atelier, à la découverte des matières traitées par les étudiants. Textile, verre, métal, peinture, porcelaine, bois, la liste est longue et donne une idée du foisonnement créatif qui parcourait l’école. Au mur, les travaux anonymes (dessins préparatoires, lithographies, tapisseries…) font voisinage avec des œuvres de Kandinsky, révélant une certaine égalité entre artistes. Walter Gropius remarquait en effet que « l’art n’est pas enseignable » : cela semble paradoxal pour un directeur d’école, mais ancre l’offre faite à chacun d’expérimenter dans les ateliers pour participer à l’œuvre commune.

Une communauté créative

On aurait bien aimé en être. Les nombreuses photographies qui jalonnent le parcours témoignent de la vie intense et créative menée par les étudiants. Les fêtes sont nombreuses (fête des barbes, carnaval, fête blanche…) et offrent autant d’occasions de produire de nouvelles œuvres, décors, costumes, affiches, etc. L’artiste Oskar Schlemmer, décorateur de théâtre et scénographe de ballet, s’inspire de ces élans festifs pour proposer une toute nouvelle vision de la performance et des arts scéniques (ainsi qu’une série de grands bonshommes colorés à ne pas rater), étendant la matière du Bauhaus au-delà de la construction architecturale visée par Gropius.

Le Bauhaus, un beau souvenir ?

Un petit regret : alors que le Bauhaus existe dans un contexte bien particulier, celui de la république de Weimar et de la montée du nazisme, l’exposition ne propose que quelques allusions aux liens entre l’école et l’Allemagne de l’époque. En revanche, l’héritage du Bauhaus est présenté dans les dernières salles, à travers une exposition d’œuvres contemporaines inspirées de l’esprit du lieu. On y retrouve un élan ludique et une certaine simplicité de forme ; manque peut-être la gravité née de la certitude d’appartenir à un grand moment de l’art. 

Cette exposition fait partie de notre sélection des meilleures expositions à Paris

Nom du lieu Musée des Arts décoratifs
Contact
Adresse 107 rue de Rivoli
1er
Paris

Heures d'ouverture Du mardi au dimanche de 11h à 18h, nocturne (21h) le jeudi.
Transport Métro : Tuileries ou Palais Royal
Prix 11 €
Site Web de l'événement http://www.lesartsdecoratifs.fr
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