‘L’Esprit singulier’ à la Halle Saint-Pierre

Art, Art abstrait
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Depuis trente ans, l'art brut a son temple sur les hauteurs de Montmartre. La Halle Saint-Pierre constitue en effet l’épicentre culturel parisien de cet art singulier, jouissant d’une réputation de musée expérimental et précurseur. Avec sa nouvelle exposition à voir du 30 mars au 26 août, et logiquement intitulée ‘L’Esprit singulier’, la Halle demeure donc fidèle à ses convictions artistiques. A savoir ouvrir le grand public à ces genres spontanés, souvent rejetés par les grandes institutions.

Habituée à présenter des collections d’avant-garde, elle ne déroge donc pas à cette règle en exposant en son sein le fonds de l’Abbaye d’Auberive. Comprenant 2 500 oeuvres réunies par son fondateur et collectionneur, Jean-Claude Volot, celle-ci est l’une des plus importantes collections d’art moderne et contemporain du monde. Toutefois, La Halle Saint-Pierre n’en présente qu’un (conséquent) échantillon de 600 pièces parmi les plus pertinentes, voire provocantes. Que ce soit les séries fantomatiques et inquiétantes de Alain Nahum et Jean Klépal, dont des formes spectrales émergent d'objets aussi hétéroclites que des sacs de gravats, ou les gravures anatomiques hybrides et chimériques de Hélène Lagnieu, le curieux se trouve propulsé avec force dans le violent tourbillon de la création. Pas toujours très à l'aise dans ce dédale de monstres décharnés (Roger Decaux et Dado), de sanglants suicidés d'inspiration manga, signés Daisuke Ichiba, ou du carnaval déluré et caricatural de Maryan, on ne peut cependant s'empêcher d'être interpellé par la vivacité artistique qui se dégage de chaque oeuvre. Il y a de la folie qui se lie au génie, une naïve provocation dans la dénonciation des travers sociaux par la satire picturale de Moke Fils ou les puzzles de tôle de Eudes Ménichetti. 

Parfois douloureuses ou dérangeantes, souvent excessives et outrancières mais jamais dénuées de profondeur et d’émotion, les pièces exposées à la Halle Saint-Pierre tordent également le cou aux préjugés affirmant que les adeptes de l'art brut n'ont aucune capacité technique. Les dessins d'une finesse époustouflante et aux angles de vue particuliers de Davor Vrankic en attestent. De même que les fusains grotesques de Paul Rumsey, rappelant étrangement les toiles de Brueghel. 

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Par Clotilde Gaillard

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