Miroir, ô mon miroir

Art, Art vidéo Libre
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 (Pilvi Takala, 'Real Snow White', 2010 / Courtesy Galerie Carlos/Ishikawa, Londres)
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Pilvi Takala, 'Real Snow White', 2010 / Courtesy Galerie Carlos/Ishikawa, Londres
 (Julien Salaud, 'Constellation de la biche II', 2012 / Courtesy Galerie Suzanne Tarasieve, Paris)
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Julien Salaud, 'Constellation de la biche II', 2012 / Courtesy Galerie Suzanne Tarasieve, Paris
 (Giulia Andreani, 'Daddy #3', 2012 / Courtesy de l’artiste et Galerie Maïa Muller, Paris)
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Giulia Andreani, 'Daddy #3', 2012 / Courtesy de l’artiste et Galerie Maïa Muller, Paris
 (Virginie Barré, 'Tsukiko – Les yeux fermés', 2009 / Courtesy Galerie Loevenbruck, Paris)
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Virginie Barré, 'Tsukiko – Les yeux fermés', 2009 / Courtesy Galerie Loevenbruck, Paris
 (Chloé Poizat, 'Sans titre (Trognes I)', 2014 / Courtesy de l’artiste)
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Chloé Poizat, 'Sans titre (Trognes I)', 2014 / Courtesy de l’artiste
 (Bertille Bak, 'Le Hameau', 2014 / Courtesy Galerie Xippas, Paris)
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Bertille Bak, 'Le Hameau', 2014 / Courtesy Galerie Xippas, Paris
 (Clément Cogitore, 'Portrait #1', 2014 / Courtesy Galerie White Project, Paris)
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Clément Cogitore, 'Portrait #1', 2014 / Courtesy Galerie White Project, Paris
 (Lionel Sabatté, 'Rose blanche', 2013 / Courtesy de l’artiste)
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Lionel Sabatté, 'Rose blanche', 2013 / Courtesy de l’artiste
 (Emilie Brout et Maxime Marion, 'Gold and Glitter' / Courtesy Galerie 22,48 m2, Paris)
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Emilie Brout et Maxime Marion, 'Gold and Glitter' / Courtesy Galerie 22,48 m2, Paris

Une exposition collective inespérée, intelligente, (gratuite) et qui fonctionne sur plusieurs niveaux de lecture : c’est suffisamment rare pour être salué à coups de clins d’œil frétillants et de pouces vigoureusement levés. En allant faire un tour au Pavillon Carré de Baudouin, on ne s’attendait pas à tomber sur des œuvres de Bertille Bak, Julien Salaud ou Virginie Barré, entourées de pré-ados subitement épris d’amour pour l’art contemporain (« Il est trop bien le film, y a des lapins ! »), et d’amateurs tout en hochements de tête approbateurs. Agréable surprise donc, que cette exposition qui aborde de près ou de loin le thème du conte, et où des médiateurs prennent le soin de guider les jeunes du quartier de création en création, leur donnant presque l’illusion d’être dans un jeu de piste vachement swag (et moi je suis la Fée Clochette).

Cela dit, même si certaines œuvres s’avèrent un peu hermétiques (n’hésitez pas à vous munir du fascicule distribué à l’entrée pour vous aider à les décrypter), il est vrai qu’ici, c’est la fantaisie qui l’emporte sur les dérives de l’art conceptuel. Au total, vingt-quatre artistes peuplent ce parcours faussement candide, habité de biches constellées d’étoiles (Julien Salaud), de Blanche Neige allumeuses (Caroline Delieutraz), d'enfants-marionnettes (Virginie Barré), de chaussures magiques (Chloé Dugit-Gros), de sols mouvants (Charlotte Charbonnel), de miroirs capricieux (Thomas Cimolaï), de forêts (Bertille Bak, Chloé Poizat) et de chambres princières glaçantes, sans charmes ni fées ni jolies donzelles à l’horizon (Damien Cadio). Si l’ensemble part parfois dans tous les sens (les affinités avec le conte sont plus ou moins évidentes), on prend tout de même un malin plaisir à se perdre dans ce petit labyrinthe, espiègle comme le renard, cruel comme les châtiments des frères Grimm.

Dans l’escalier, « maman » nous laisse un petit mot mignon : « Mes chéris, quand papa et maman mourront vous serez seuls puis vous mourrez aussi, à ce soir » (Eric Pougeau). Voilà qui donne le ton. Nous voilà prêts à passer du côté obscur pour voir les souvenirs délavés des enfants de Heinrich Himmler s’accrocher aux murs (Giulia Andreani), des petites filles disséquer des cadavres (Stéphane Protic), des peaux mortes se transformer en fleur (Lionel Sabatté) et des trésors de chevaliers s’entasser dans un magma kitsch et obscène de GIF animés (Emilie Brout et Maxime Marion). Le tout sous couvert d’innocence (si vous y allez avec vos enfants, a priori ils n’y verront que du feu follet). Dans la dernière salle, on s’attarde notamment sur cette vidéo ironique et truculente de Pilvi Takala, où l’on voit l’artiste se faire refouler de Disneyland à cause d’un déguisement, sous prétexte qu'on risquerait de la confondre avec la vraie Blanche Neige. Un beau point final à cette exposition qui joue à cache-cache avec l’enfance. Démystifiant les fables qu'on nous racontait autrefois, pour mieux enchanter notre monde en mal de poudre de perlimpinpin.

Du mardi au samedi de 11h à 18h.
Visites contées les samedis 21 mars, 4 avril, 25 avril et 16 mai à 15h.
Visites et ateliers enfants, adolescents et adultes sur inscription.

Par Tania Brimson

Publié :

Site Web de l'événement http://www.carredebaudouin.fr/
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