Mona Hatoum

Art, Dessin
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 (Vue de l'exposition de Mona Hatoum au Centre Pompidou / Photo : © TB / Time Out)
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Vue de l'exposition de Mona Hatoum au Centre Pompidou / Photo : © TB / Time Out

« Tant de choses que je voudrais dire. » C’est la phrase obsédante que Mona Hatoum répète en boucle à l’entrée de son exposition au Centre Pompidou – une sorte de générique monocorde qui donne le ton, agrémenté d’une vidéo où l’on voit l’artiste se couvrir la bouche avec les mains (‘So much I want to say’, 1983). Détrompez-vous : l’autocensure n’est pas le genre de la maison. Des choses à dire, cinglantes pour la plupart, l’artiste britannique d’origine palestinienne en a un paquet, et elle n’a pas pour habitude de se réfréner – elle qui parle couramment le langage de l’art conceptuel, avec un accent old school et hautement politisé qui n’est pas pour nous déplaire. Qu’elle tisse des planisphères sur des tapis persans, joue les bouchères avec des abats, sculpte des petites boules avec ses cheveux, imagine des affiches de propagande antimilitariste ou invente des paravents en forme de râpes à fromage, Mona Hatoum, effrontée comme le bélier, avance toujours dans le même sens. Bien dans ses basques sur les sentiers de la subversion. 

L’exil, les inégalités raciales, la guerre au Proche-Orient, la surveillance, le cynisme capitaliste, la domination de l’homme par l’homme… D’une manière ou d’une autre, toutes les œuvres réunies dans cette exposition (une cinquantaine de pièces au total) se brûlent le bout des doigts en touchant à ces questions. D’ailleurs, l’autobiographie n’est jamais bien loin, Mona Hatoum se posant instinctivement en souffre-douleur de l’exil, dans une société européenne où elle peine à trouver sa place. Dans la vidéo ‘Measures of distance’ (1988), on l’écoute notamment lire des lettres que lui avait écrites sa mère depuis le Liban, alors que la guerre civile la retenait, elle, à Londres. Ailleurs, elle marche pieds nus dans les rues de Brixton, traînant derrière elle des Doc Martens (alors l’apanage du flic et du skinhead), accrochées à ses chevilles comme des boulets (‘Roadworks’, 1985). Partout, ou presque, Hatoum emprunte les codes de l’art occidental (dadaïsme, cinétisme, minimalisme, performance…) pour les imprégner d’une signification socio-politique effrayante. Mais la réduire à cet aspect serait une simplification : ici, c’est le paradoxe qui règne, la gravité de certains sujets se mêlant à une boulimie d’inventivité, de jeu, voire d’onirisme.

Cela dit, la démarche de la Britannique dépasse parfois l’expression artistique pour prendre une dimension sociale bien concrète. Comme Ai Weiwei lorsque, en 2010, il demandait à des artisans chinois de fabriquer des millions de graines de tournesol en porcelaine pour une installation à la Tate Modern, Mona Hatoum a notamment travaillé avec des brodeuses palestiniennes réfugiées au Liban, les sollicitant pour créer des tapisseries (‘French Windows’, 2012-2013). Ou comment allier art contemporain et activisme, en imaginant une œuvre collective à la fois susceptible d’être accrochée dans l’un des plus importants musées du monde, et de participer au développement d’un camp de réfugiés et à la préservation d’un art traditionnel en voie de disparition. Voilà qui résume bien la réflexion derrière les œuvres de Mona Hatoum, elle qui a mis un pied dans les hautes sphères de la création contemporaine pour mieux garder l’autre dans les marges. Et tant pis si son travail fonctionne parfois sur un premier degré un peu dépassé – c’est peut-être ça qui, justement, lui a permis de conserver cette hargne à la fois rentre-dedans, constructive et poétique.


Tous les jours sauf le mardi, de 11h à 21h.

Par Tania Brimson

Publié :

Site Web de l'événement https://www.centrepompidou.fr/
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