Nous autres, au BAL
Donna Gottschalk, Oak, Robin, Binky, Chris et moi, Bébés Gouines, E. 9th Street, New York,1969, Courtesy de l’artiste et de Marcelle Alix © Donna Gottschalk

Critique

Nous autres, au BAL

4 sur 5 étoiles
Avec « Nous autres, Donna Gottschalk et Hélène Giannecchini avec Carla Williams », le BAL livre un manifeste de l’amitié queer aussi touchant qu’important.
  • Art, Photographie
  • Recommandé
Zoé Terouinard
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Time Out dit

Militante pour les droits des personnes LGBTQIA+ et photographe, Donna Gottschalk s’activait dans le New York des années 1960 où être lesbienne est encore un crime. Capturant les instants de vie de son groupe d’amies, son travail passionne, cinquante ans plus tard, l’écrivaine et théoricienne de l’art Hélène Giannecchini, qui conçoit cette fantastique expo-dialogue au BAL en y rattachant le travail de Carla Williams, une autre photographe qui axe son art sur la représentation des femmes noires dans les cercles gays. 

Trois femmes, trois générations, trois visions d’un même combat. Avant que la question de la représentation devienne un sujet aussi important, Donna Gottschalk œuvrait déjà pour la visibilité des minorités sexuelles et de genre en photographiant ses amies lesbiennes, ses potes de manif et sa sœur transgenre Myla. Un corpus de l’intime renforcé par un cadrage souvent serré, dévoilant le quotidien de celles qui doivent encore se cacher pour s’aimer. Des “bébés gouines” comme les appelle la photographe, capturées entre New York et la Californie, qui s’exposent sur les cimaises épurées du BAL, éclairées par les mots d’Hélène Giannecchini, toujours justes, toujours beaux. Cette place importante laissée au texte nous perd parfois, tant on a l’habitude que l’image soit la seule à parler, mais nous séduit toujours, sans qu’on sache expliquer pourquoi. 

Un traitement audacieux, parfois nébuleux, mais profondément tendre, qui prend tout son sens à la fin du parcours lorsque l’on découvre une merveilleuse série en noir et blanc signée Carla Williams. Ouvrant le sujet à d’autres femmes doublement marginalisées, par leur sexualité et par leur couleur de peau, la photographe puise elle aussi son inspiration dans l’art de Donna Gottschalk, qui lui a permis de se réapproprier son corps “nu, noir, queer”, comme elle l’écrit sur l’un des cartels de l’exposition. La boucle est bouclée et la figure de Donna Gottschalk ne sera plus jamais oubliée. 

Infos

Adresse
Prix
De 6 à 8 euros
Heures d'ouverture
Ouvert le mercredi de 12h à 20h et du jeudi au dimanche de 12h à 19h Fermé le lundi et le mardi
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