L'édition 2014 de la Nuit Blanche se déroulera le samedi 4 octobre entre 19h et 7h du matin dans six quartiers différents de Paris. En voici notre guide.

Nuit Blanche 2014 • Les œuvres : Notre sélection

La Grande Randonnée Artistique a désormais sa feuille de route

Publicité

Les futurs composés - Hôtel de Ville :

Tsai Ming Liang - 'Walker'

Les habitués de Berlin et de Venise vont devoir se faire une raison. Non, nous n'aborderons pas les problèmes liés au tourisme des « easyjeteurs » dont se plaignent les habitants des deux villes. C'est d'ailleurs bien plus grave que cela. Les assidus de leurs festivals respectifs n'y croiseront en effet plus Tsai Ming-Liang, lui qui a annoncé, après avoir remporté en 2013 le Grand Prix du jury de la Mostra pour 'Les Chiens errants', qu'il se retirerait de la réalisation de films dans la conception traditionnelle du terme. En lieu et place, le Malais a décidé de se lancer dans un art plus performatif dont il présentera deux premières moutures lors de la Nuit Blanche. Ceux-ci, 'Walker' et 'Le Voyage en Occident' – qui sera diffusé dans le quartier de la petite ceinture le même soir  rappelleront aux inconditionnels du réalisateur ses deux précédents opus au rythme si savamment ralenti. Tsai Ming-Liang y incarne en effet un moine bouddhiste déambulant dans les rues de Hong-Kong et de Marseille à un rythme qui contraste fortement avec celui des passants, plongé dans une profonde méditation au milieu d'un environnement qui n'aura jamais paru si hostile. L'esprit de Li Wei avec la caméra d'Apichatpong Weerasethakul. Cerise sur le gâteau, le réalisateur a réussi à convaincre Denis Lavant d'apparaître dans la version européenne de ces exercices de style si éloignés du cinéma classique et pourtant si proches de ses productions antérieures. Tandis que le documentaire 'L'Urgence de ralentir' fait grand bruit, Tsai Ming-Liang, lui, l'applique déjà en silence.

Tsai Ming-Liang, 'Walker', vidéo, en façade du BHV, à l'angle de la rue de Rivoli et de la rue des Archives.

De 20h à 7h.

Motoi Yamamoto - 'Labyrinth'

L'artiste Motoi Yamamoto n'est pas fou, mais il a bien un grain. Un grain de sel sur sa palette, qu'il utilise depuis bientôt vingt ans pour créer à même le sol de gigantesques installations rapprochant le street-art des estampes d'Hokusai. Cette proximité d'avec la culture folklorique japonaise, Yamamoto l'assume jusque dans l'ingrédient avec lequel il réalise ses dessins, le sel si symbolique que l'on jette au Japon par-dessus l'épaule pendant les rites mortuaires pour chasser le mauvais sort, et qu'il combine avec la fugacité de l'art urbain. Son passage à Paris représente donc une occasion unique de découvrir ses grands dessins labyrinthiques, ses jardins flottants légers comme de la dentelle et d'une fluidité qui n'est pas sans rappeler l'écume de 'La Grande Vague'. Quasiment religieux, le geste qui donne naissance à ses œuvres, ainsi que l'attitude méditative de Yamamoto face à la planche répondent parfaitement au travail d'un autre invité de la Nuit Blanche, le Pakistanais Qurashi. Ensemble, ils forment très certainement ce que José-Manuel Gonçalvès, le directeur artistique de cette édition, appelle mystérieusement le « nouveau street-art contemporain ». Bien loin de l'esprit sauvage de 'Style Wars' et de sa suite, celui-ci n'en oublie pas pour autant de provoquer. Moins par une certaine violence que par la subtilité du propos.

Motoi Yamamoto, 'Labyrinth', installation/performance, Hôtel de Ville, accès par le 3 rue Lobau.

De 20h à 7h.

Publicité

Hicham Berrada - 'Présage'

Détourner la science pour en faire un art. Une idée qui n'est plus, grâce à Hicham Berrada, l'apanage du Palais de la Découverte et des institutions scientifiques, et qui en passant par les mains d'un artiste de talent réussit à exacerber le lyrisme parfois difficile à cerner de la cause scientifique. Car les mouvements générés par les associations chimiques que ce Marocain de naissance réalise dans des ustensiles de laboratoire, se révèlent tout aussi fascinants que peuvent l'être une plongée au microscope dans l'infiniment petit, ou bien, au contraire, une approche téléscopique de l'infiniment grand. Les explosions de matières, leur agrégation, leur répulsion, que Berrada retransmet sur écran, semblent surgir des abîmes de la terre. Les ondulations et mouvements aléatoires s'expriment avec une poésie que l'on croit réservée aux formes de vie répandues dans l'obscurité des grandes failles océaniques, dans des teintes impossibles à trouver à moins de 2 000 mètres de profondeur. Voilà qui est, à n'en pas douter, ce que l'on appelle aller chercher au plus profond de son art.

Hicham Berrada, 'Présage', performance & vidéo, berges de Seine rive gauche, 3 rue Lobau.

De 20h à 7h.

William Daniels - 'Nuit Noire Centrafrique'

Une nuit noire en plein cœur de la Nuit Blanche. En invitant William Daniels à venir présenter ce travail réalisé dans un pays en pleine guerre, Action contre la Faim joue la carte de la provocation au sein d'un parcours jusque-là très contemplatif. Car les photographies que Daniels a ramenées d'un pays en proie à de grands troubles, ce Centrafrique également à l'honneur du festival Visa pour l'image, viennent heurter le regard d'un passant bercé dans la nuit par la beauté des œuvres de Yamamoto, de Xiaochun, d'Evi Keller ou de Boa Mistura. S'inscrivant dans la tendance actuelle du photoreportage sociologique et artistique, Daniels offre un magnifique panorama de la folie dans laquelle l'Homme peut tomber en temps de guerre. Cette exposition sera par ailleurs accompagnée d'une performance sonore entre 20h et 21h sur la promenade Maurice Carême. Ne vous abstenez pas.

William Daniels, '"Nuit Noire Centrafrique" d'Action contre la Faim', quai du Marché Neuf & Promenade Maurice Carême.

De 19h à 7h.

Ceux que nous sommes - Panthéon :

Antony Gormley - 'Another Time, 2012'

En Angleterre, Antony Gormley est une véritable institution. Sculpteur à succès passé maître dans l’art de l’immodération, ce natif de Londres s’est taillé un nom dans la glaise à force de démesure, d’œuvres à visage humain, mais à échelle titanesque. En témoigne par exemple les 35 000 à 40 000 statues des différentes versions de ‘Field’, ou bien les quelque 54 mètres de large des ailes de l’'Ange du Nord'. Des chiffres à laisser pantois notre Jean-Bernard Métais national et son 'Tour de France dans les Pyrénées'. Chez Gormley, cette caractéristique impressionante n'est cependant pas vaine, et l'on décèle chez ce passionné d’archéologie et d’anthropologie, disciplines qu’il a étudiées à l’université, une filiation avec les 8 000 statues de l’'Armée de terre cuite' de la ville de Xi’An en Chine, ou les aujourd’hui disparus ‘Bouddhas de Bâmiyân’ afghans dont le plus grand mesurait 53 mètres de haut. Toutefois, malgré cette habituelle tendance à l'excès, c'est avec une œuvre simple et poétique dans les bagages qu'il viendra émouvoir le passant levant les yeux sur les toitures de l'université Sorbonne-Panthéon, sans doute inspirée par la volonté de présenter une Nuit Blanche à visage humain. Finalement, il en faut bel et bien peu pour être heureux.

Antony Gormley, 'Another Time', installation, sur le toit de l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne.

De 19h à 7h.

Imran Qureshi - 'And They Still Seek the Trace of Blood'

Au sein du langage des fleurs, c'est un tout nouvel alphabet qu'a su créer Imran Qureshi. Car en mariant la peinture miniature traditionnelle indienne à une forme de pensée abstraite et moderniste, l'artiste pakistanais ne se contente pas de créer de splendides arabesques balancées, telles leur pays d'origine, entre une incroyable violence quotidienne et la grande délicatesse de sa culture et de son art. Ses fresques, grandioses de démesure et de minutie, semblent, à l'image de sa récente installation sur le toit de la MET, narrer l'éclosion d'une nuée de fleurs dans une mare de sang. A travers ses réinterprétations de motifs ancestraux musulmans, comme ceux peints sur la mosquée Sultane de Singapour, Qureshi exprime une vision très personnelle de sa religion, lui dont le travail semble inspiré par l'idée de rituel et de purification. Parfois plus pédante qu'ambitieuse, la tendance actuelle au gigantisme dans l'art trouve dans les œuvres de ce Pakistanais une légitimité salutaire avec un naturel déconcertant. Qureshi, pas de quoi en faire une affaire.


Imran Qureshi, 'And They Still Seek the Trace of Blood', performance, 10 place du Panthéon.

De 19h à 7h.

Publicité

JR - 'Au Panthéon !'

Habituellement, ce sont plutôt les noms célèbres qui ont les faveurs du Panthéon. Mais grâce à l'artiste JR, des centaines d'anonymes ont pu y pénétrer et côtoient désormais Jean Moulin, Pierre et Marie Curie, Victor Hugo, Jean-Jacques Rousseau, Victor Schoelcher, ou le dernier venu, le résistant Pierre Brossolette. Un détail, cependant : ils ne sont pas morts. Ils participent juste au projet INSIDE OUT, une plateforme internationale et participative qui invite chacun à envoyer son autoportrait pour contribuer à une œuvre d'art collective sous la direction de l'artiste JR, qu'on ne présente plus. Pour cette exposition 'Au Panthéon !', plus de 1 300 portraits ont été collectés à travers le site Internet du projet, et 2 500 autres récupérés grâce à un camion photomaton qui a voyagé à travers la France. L'installation s'étale sur le sol, les murs et la coupole du Panthéon comme une vaste tapisserie en noir et blanc, et sera exceptionnellement ouvert jusqu'à 23h pour la Nuit Blanche. Venez donc rencontrer votre bel et sombre inconnu.

JR, 'JR Au Panthéon!', photographie, place du Panthéon.


De 19h à 23h.

Open Musée - Austerlitz et Quai de Seine :

Jacques Villeglé - 'Etre étonné c'est un bonheur'

Dans une édition de Nuit Blanche centrée sur le street-art, la présence de Jacques Villeglé ne passe pas inaperçue. Partisan historique du détournement culturel, archéologue des formes déchirées de propagande, le natif de Brest fut l’un des tout premiers à exprimer le caractère collectif de l’art né dans la rue, postulat depuis devenu leitmotiv d’une grande partie du mouvement de l’art urbain de France et de Navarre. Mais plus encore qu’un théoricien de génie, Villeglé représente, avec ses collages au confluent d’Erró, de Duchamp et de Warhol, et son alphabet socio-politique, les prémices de ce que deviendra le graffiti. C'est précisément ce dernier code (l'alphabet socio-politique) qui servira de langue à Edgar Allan Poe, tagué en grand sur les murs du quai d'Austerlitz, qui disait en son temps que l'important était de savoir quoi observer. Vous avez désormais la réponse.

Jacques Villeglé, 'Etre étonné c'est un bonheur', installation, 85 quai d'Austerlitz.


De 19h à 7h.

Pablo Valbuena - 'Kinematope'

Et si Pablo Valbuena, artiste résidant à Toulouse encore peu connu du grand public, à qui les organisateurs de la Nuit Blanche ont confié l'une des œuvres phares de l'évènement, était le Buren du numérique ? A l'image des productions du natif de Boulogne, Valbuena a su déconstruire ses compositions pour atteindre un niveau 0 de la projection pour un postulat de travail semblable à celui de Buren (qui définissait son travail comme le niveau zéro de la peinture). Cet Espagnol de naissance fait suivre à ses projections des courbes préexistantes, les scinde ensuite pour mieux déstructurer la pièce à l'image de ce que peut également réaliser dans un registre plus coloré la plasticienne belge Anne Veronica Janssens. La nuit du 4 octobre, Pablo Valbuena aura donc la charge du quai numéro 13 de la gare d'Austerlitz, qu'il transformera en un tunnel accélérateur de mouvement par ses jeux lumineux et sonores, pour une expérience qui n'est pas sans rappeler la fameuse porte des étoiles de Kubrick. Si le cinéma est la réalité, alors la réalité, elle aussi, peut-être un cinéma.

Pablo Valbuena, 'Kinematope', installation, gare d'Austerlitz, accès par le début de la voie 7.

De 19h à 7h.

Publicité

Mark Jenkins - 'Embed Series'

Absurdes, sombres et poétiques. Ainsi peuvent être décrits les protagonistes des œuvres de Mark Jenkins, scénographe urbain connu pour ses étranges sculptures aux formes humaines et dont les attitudes irréalistes n’ont d’égal que le réalisme de leur plastique. Ainsi leur auteur peut être décrit comme un fantasque héritier de Muñoz, réalisant les moulages de ses « expériences sociales d’altération de la réalité » à partir, en partie, de sa propre personne, comme s’il s’agissait de projections plastiques d’un surmoi déréglé. Ou bien, comme il aime à le décrire, d’une « expérience hors-de-corps » qui tirerait sur le cauchemardesque, où l’artiste noie volontiers son double dans une flaque d’eau ou le jette aux ordures comme le vulgaire mannequin qu’il est. Politicien de l’absurde cherchant à attirer le regard vers ce que celui-ci cherche habituellement à ignorer, Jenkins impose aux yeux des passants des scènes morbides ou saugrenues. Une réalité fictive que l'on ne peut s'empêcher de regarder avec le sourire aux lèvres.

Mark Jenkins, 'Embed Series', installation, sur le terre-plein central à l'angle du boulevard Vincent Auriol et de l'avenue Pierre Mendès-France.

De 19h à 7h.

Jan Vormann - 'Dispatchwork'

Dans 'Réparer les vivants', l'écrivaine Maylis de Kerangal, adepte d'une narration se tissant autour d'un objet, racontait l'histoire d'une transplantation cardiaque. Jan Vormann, lui aussi, répare par la greffe. Depuis bientôt cinq ans, il parcourt le monde pour colmater les trous formés dans la roche, le béton ou la brique avec des briques Lego de toutes les couleurs et de toutes les formes, à condition bien entendu que celle-ci colmate au mieux les plaies de la ville. Et comme l'auteur d'origine normande, ses histoires à lui, centrées sur un objet ou un acte, en disent finalement plus sur ceux y prenant part que sur l'acte en lui-même. Car ce sculpteur allemand n'est pas seul à exercer ce drôle de rituel colmateur, ou plutôt plus le seul. Au fil des ans et de ses réparations, Vormann a su fédérer les passionnés de la marque de jouet autour de son projet de reconstruction de la ville qui utilise non pas un élément qui va camoufler la perte, mais qui, au contraire, révèle la blessure tout en la bouchant. Aléatoires et astucieuses, ces réparations sont ainsi répertoriées sur une page dédiée que l'artiste gère en parallèle à la sienne. Tandis que les musées peinent à faire pénétrer le participatif en leurs murs, le street-art, lui, prouve plus que jamais, comme le prônait Jacques Villeglé, qu'il est une pratique collective.

Jan Vormann, 'Dispatchwork', performance, du 121 au 147 rue du Chevaleret.

De 19h à 7h.

A la lumière des arbres - Montsouris :

Héhé - 'Radiant Tree'

Il en faut, de la matière grise, pour alimenter le duo Héhé composé d'Helen Evans et Heiko Hansen. Car, en plus d'une bonne dose d'imagination, ce duo anglo-allemand utilise les nuages gris nés dans les cheminées des usines pour créer leurs illuminations urbaines. Désireux de créer un univers artistique dénonçant toutes les dérives industrielles, les deux jeunes ingénieurs scénographes n'hésitent pas à multiplier les formes pour faire passer leur message. Construction de radeaux ferroviaires, dispersion de sable coloré sur une plage hollandaise ou, comme ce sera le cas pour Nuit Blanche, illumination fluorescente des arbres sont autant de prétextes à la prise de parole dans un langage à la fois politique et poétique, avec l'autodestruction comme point commun avec les politiques qu'ils combattent. Car, in fine, si leurs rêves de réalisent, leur action deviendra vaine. Et c'est tout ce que nous pouvons leur souhaiter.

Héhé, 'Radiant Tree', installation, 2 rue Gazan.

De 19h à 7h.

Ascensions magnétiques - Montparnasse :

UVA - 'Volume, 2006'

Sculpture, installation, performance, architecture, ingénierie... UVA, par l'éclectisme de ses membres, définit à lui tout seul les nouveaux codes des grands collectifs contemporains. Pluridisciplinaires, ceux-ci pensent de plus en plus en dehors de leur bulle pour pouvoir proposer des performances et installations toujours plus marquantes, toujours plus spectaculaires, ou toujours plus communicatives, comme ce sera le cas pour ce 'Volume' planté au pied de la tour Montparnasse. Il faut dire qu'avec toute l'ambition dont fait preuve le studio londonien sur chacune de ses réalisations, combiner les savoir-faire est une donnée primordiale. Déjà aperçues en France du côté de la Gaîté Lyrique ou, plus anciennement, de Nuit Blanche en 2007, UVA investira cette fois-ci l'esplanade de la tour Montparnasse en partenariat avec Massive Attack, pour qui ils ont réalisé la scénographie de quatre tournées différentes, proposant, entre autres, un dispositif lumineux interactif aux réactions dépendantes des spectateurs. Alors, si vous n'aimez pas la musique du groupe de trip-hop, vous ne pourrez cette fois-ci ne vous en prendre qu'à vous-même.

UVA, 'Volume, 2006', installation, accès par la place du 18 juin 1940, côté rue du Départ.

De 19h à 7h.

Vhils - 'Scratching the Surface'

Si le street-art a toujours été une histoire de gratteur, il n'y a bien que depuis Borondo et Vhils que les artistes urbains ont incorporé cette pratique à leur art. Certains diront que le personnage de MBW, dans 'Exit Through the Gift Shop' fut précurseur, mais il semble également bien plus pertinent de reconnaître le talent du sculpteur lusitanien Alexandre Farto, ainsi que celui du Madrilène exposé pour sa part rue du Chevaleret. Vhils, lui, commence à employer le burin lors de ses études au St Martins College, pour le compte d'une série gravée à même le mur intitulée 'Scratching the Surface' qu'il perpétue aujourd'hui encore, et pour laquelle il réalisera trois portraits lors de Nuit Blanche. Ces œuvres, qui font partie des quelques-unes choisies pour devenir permanentes, illumineront ainsi le quotidien des enfants hospitalisés à l'hôpital Necker, dont les chambres font face aux supports choisis pour accueillir le travail de Farto. C'est donc peu dire que Vhils, en France, porte mal son pseudonyme.

Vhils, 'Scratching The Surface', installation, accès à proximité du 149 rue de Sèvres.

De 19h à 7h.

Je perf', ils perfs'... nous dansons - Petite ceinture :

Chloé Moglia - 'Absences'

Suspendue dans les airs et le temps, suspendue au bout de sa « courbe », Chloé Moglia n’en est pas pour autant une artiste hautement perchée. Dans son spectacle ‘Horizon’, devenu au fil de quelque 450 représentations sa signature, elle lévite à quelques centimètres à peine du sol, dans un genre unique qui unit, à la virtuosité de sa discipline d’origine le trapèze, les lents mouvements graciles et tout en contrôle des arts martiaux taoïstes. Inspirée d’ailleurs par le tai chi, la voltigeuse perpignanaise se fait point de contact entre le ciel et la terre, dont elle s’est rapprochée en passant des acrobaties aériennes à un spectacle qu’elle effectue donc à une distance très réduite du sol. Comme si la performance n'était déjà pas assez saisissante, celle-ci sera assurée pour Nuit Blanche pendant 5 heures consécutives par Chloé Moglia, doublée de Fanny Austry et Sandrine Duquesne. De quoi mettre, pour un instant, votre soirée en suspension.

Chloé Moglia, 'Absences', performance, accès face au 99 rue Olivier de Serres ou place Balard.


De 20h à 2h.

Jeff Mills - 'Together Is Better'

Né à Détroit, Jeff Mills fait partie des pionniers de la techno aux côtés de Derrick May, Carl Craig, Kevin Saunderson ou encore Juan Atkins. Connu pour son jeu ultra-rapide sur trois platines différentes qu'il peaufina au début des années 1990 à la radio ainsi que via son label Underground Resistance, le DJ fait aujourd'hui parler de lui pour sa passion du cinéma qui l’oriente vers une house cinétique et hallucinatoire qui lui permet de monter des projets inspirés par les classiques de la science-fiction. En témoignent ses projets ‘Time Tunnel’, produits par Irwin Allen, sa récente performance sur 'La Femme sur la Lune' de Fritz Lang ou son dernier travail élaboré en compagnie de la réalisatrice expérimentale française Jacqueline Caux, 'Man from Tomorrow'. Aujourd'hui, ce maestro des platines, doyen et encyclopédie vivante d’un courant underground devenu majeur en quelques décennies, se lance pour Nuit Blanche dans un projet fou de conciliation de toutes les formes de danse à deux, de la musique des fêtes du Moyen Age au disco à paillettes, en passant par le swing des années 1930, pour un spectacle sobrement intitulé 'Together is Better'. Il est vrai qu'avec Jeff Mills derrière les platines, les danseurs s'amusent toujours un peu plus.

Jeff Mills, 'Together is Better', bal pop / musique, 6 rue de la Montagne de la Fage.


De 20h à 2h.

Recommandé
    Vous aimerez aussi
    Vous aimerez aussi
    Publicité