Nyctalope

Art, Dessin Libre
  • 3 sur 5 étoiles
0 J'aime
Epingler
 (Francois Malingrey, 'Sans titre', 2014 / © Francois Malingrey / Courtesy Arts Factory)
1/6
Francois Malingrey, 'Sans titre', 2014 / © Francois Malingrey / Courtesy Arts Factory
 (Marion Fayolle, 'Le Plongeoir', 2015 / © Marion Fayolle / Courtesy Arts Factory)
2/6
Marion Fayolle, 'Le Plongeoir', 2015 / © Marion Fayolle / Courtesy Arts Factory
 (Simon Roussin, 'Steve McQueen', 2015 / Courtesy Arts Factory / © Simon Roussin)
3/6
Simon Roussin, 'Steve McQueen', 2015 / Courtesy Arts Factory / © Simon Roussin
 (Couverture de la revue 'Nyctalope' / Illustration : Bénédicte Muller / © Nyctalope / Courtesy Arts Factory)
4/6
Couverture de la revue 'Nyctalope' / Illustration : Bénédicte Muller / © Nyctalope / Courtesy Arts Factory
 (Yann Kebbi, 'Emeutes', 2014 / © Yann Kebbi / Courtesy Arts Factory)
5/6
Yann Kebbi, 'Emeutes', 2014 / © Yann Kebbi / Courtesy Arts Factory
 (Marion Fayolle, 'Les Equilibristes', 2015 / © Marion Fayolle / Courtesy Arts Factory)
6/6
Marion Fayolle, 'Les Equilibristes', 2015 / © Marion Fayolle / Courtesy Arts Factory

Non, « Nyctalope » n’est pas le titre d’un boulard vénère où des lascards fricoteraient avec des filles aux mœurs douteuses. N’en déplaise aux amateurs de calembours (et de boulards), derrière ce mot curieux se cachent trois phénomènes qui n’ont, a priori, aucun lien de parenté avec Aphrodite. « Nyctalope », c’est : le nom du premier super-héros de l’histoire des super-héros, la désignation d'un animal capable de voir dans la nuit, et le titre d'une (fort recommandable) revue d’art graphique, fondée en 2009 par les étoiles montantes de la BD que sont Marion Fayolle, Matthias Malingrëy et Simon Roussin.

Alors que la Halle Saint-Pierre rend en ce moment hommage aux Cahiers dessinés de Frédéric Pajak, la galerie Arts Factory prête, elle, ses murs aux dessinateurs de ce joli périodique, qui sort son huitième numéro cette année. Pensée comme une sorte de reproduction XXL du recueil, l’exposition réunit vingt contributeurs réguliers de la publication, dont Anouk Ricard, Angela Dalinger, Bénédicte Muller, Caroline Gamon et Mayumi Otero. De quoi composer un parcours au caractère bien trempé, que les galeristes ont tracé de concert avec les éditeurs, piochant parmi les pépites graphiques qui font tout le sel de Nyctalope. On n’en attendait pas moins : quand l’univers d’une revue graphique s’échappe des reliures pour s’accrocher aux murs, c’est comme une boîte de Pandore qui s’ouvre. Les expressions s’entrechoquent, les folies se répondent, les coups de crayon jouent des coudes, tout le monde parle en même temps et, au final, la cacophonie est plutôt délicieuse.

Ici, des tatous-policiers font régner la terreur (Mayumi Otero) pendant que des barbus rêvent avec ironie du temps béni des colonies (Fanny Blanc). Plus loin, des patates géantes s'envolent (Astrid Huguet) devant des soubrettes qui passent l’aspirateur sur des montagnes enneigées (Bénédicte Muller). Si la sérigraphie domine (tirages en vente à partir de 30 euros), quelques planches à bulles de Simon Roussin flottent ici où là pour donner la parole à des super beaux gosses (Steve McQueen, Marilyn Monroe et, euh, Jean-Pierre Marielle), alors que les peintures de François Malingrëy font trembler le sous-sol de la galerie avec des histoires d’illuminés, de spiritisme, de baignades et de fantômes phosphorescents (bouh). Bref, quand Arts Factory rencontre Nyctalope, les choix sont pointus, les œuvres éclectiques, l'ambiance tranquillement détraquée. De quoi ne plus trop savoir à quel dessin se vouer.

> Horaires : du lundi au samedi de 12h30 à 19h30.

Par Tania Brimson

Publié :

LiveReviews|0
2 people listening