Paris 14/18, la guerre au quotidien

Art, Photographie
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Paris 14/18, la guerre au quotidien
© Charles Lansiaux / BHVP / Roger-Viollet
Charles Lansiaux, 'Hôtel de Ville', août 1914

A l’occasion du centenaire de la Grande Guerre, Paris s'expose à la Galerie des bibliothèques. Et pour ouvrir les hostilités, elle nous offre une sélection de clichés pris tout au long de la Première Guerre mondiale par le photographe Charles Lansiaux. Visionnaire, la mairie de l'époque - qui s'en était portée acquéreuse dès 1914 - avait déjà saisi la portée documentaire de l’œuvre de cet autodidacte qui a su capter à merveille l’atmosphère confuse de la capitale. Parmi les 250 photos choisies, on retrouve plusieurs temps forts. Tout d’abord, ces images qui révèlent une ville fantôme mue en un village aux proportions démesurées, et dont les grands monuments vides, comme ce Trocadéro recroquevillé sur lui-même, font écho à la photographie très vivante de Doisneau dont elle semble montrer l'envers. Un microcosme qui se place en opposition absolue aux clichés de Lansiaux qui lui succèdent, et montrent des foules en proie à la cohue, entassées autour des porteurs de nouvelles, loin de l’image intime du Paris plus tardif de Brassaï.

Une troisième partie dévoile une étonnante période d’avancées sociales malgré les frappes qui menacent la ville. Les femmes remplacent les hommes partis au front. Elles exercent alors des professions qui leur étaient autrefois interdites. On découvre également comment les populations se sont renouvelées avec l’arrivée massive de migrants belges et le départ des notables parisiens « invités » par l’Etat à l’exil, craignant la guerre et les tensions sociales qu'elle apporte avec elle. Malgré ce sujet lourd, la visite est rendue légère par les annotations de l’auteur conservées par la mairie. Un témoignage dont le ton souvent comique nous guide à travers ce Paris qui, immédiatement après la guerre, a su repartir comme en quatorze.

> Horaires : du mardi au dimanche de 13h à 19h, nocturne gratuite le jeudi de 18h à 21h.

Par Yves Czerczuk

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