Peintres femmes, 1780-1870. Naissance d'un combat

Art, Peinture
Recommandé
4 sur 5 étoiles
Nisa Villers
Nisa Villers, Portrait présumé de madame Soustras laçant son chausson, 1802 Paris, musée du Louvre, en dépôt à Romans, musée de la Chaussure © Rmn-Grand Palais (Musée du Louvre) / Jean-Gilles Berizzi

Time Out dit

4 sur 5 étoiles

Le musée du Luxembourg nous invite à découvrir les combats des femmes du 18ème siècle qui détruisent la notion de “sexe faible” grâce à leurs coups de pinceau.

Pour qui ? Les esthètes féministes
Voir quoi ? Une expo historique qui rend hommage aux oubliées des musées 

Si on s'insurge contre le patriarcat aujourd’hui, on peut bien imaginer qu’au 18ème siècle, c’était pas ouf d’être une meuf, et encore moins quand on voulait être indépendante artistiquement et financièrement (non mais ça va pas oh ?). Du coup, pas facile de citer des femmes artistes avant le 19ème siècle, et encore. Pourtant, des femmes artistes, il y en a eu. Plein même, et hyper talentueuses. Tellement talentueuses que la plupart du temps, leurs travaux étaient directement attribués à un mec de leur entourage : leur boyfriend, leur maître d’atelier ou leur daron. On se rend donc rapidement compte de la difficulté à établir un corpus complet d'œuvres exclusivement féminines quand il faut carrément mener une enquête pour s’assurer de la provenance des toiles. Heureusement pour nous, le musée du Luxembourg a fait le taf et nous propose une expo 100% féminine présentant près de 70 œuvres réalisées entre 1730 et 1830. 

Elles s’appellent Henriette Lorimier, Constance Mayer ou encore Élisabeth Vigée Le Brun et se sont battues, chacune à leur manière, pour la reconnaissance de leur pratique et le droit de l’exercer. Entre interdiction d’exposer, d’intégrer les Beaux Arts ou de pratiquer le nu, le chemin d’une femme artiste de la Révolution à la République n’était pas des plus tranquille. A travers un parcours thématique, on découvre alors toutes les difficultés qu’ont rencontré ces militantes au pinceau, qu’on encourageait plutôt à peindre des fleurs que des corps, sujet plus en phase avec “leur caractère paisible”. S' ils savaient… 

L’expo effectue un parallèle essentiel entre les enjeux politiques et les changements sociétaux. Entre formation, naissance de la critique et émergence des salons, les femmes se font ici les parfaites témoins d’une France en ébullition. Malgré une scéno un peu trop classique, on découvre une expo complète aux cartels développés d’où on ressort intellectuellement comblé. Merci les meufs !

Infos

Vous aimerez aussi