Street Dance : une brève histoire de la danse hip-hop

Art, Technique mixte
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Street Dance (© Ernesto Novo/C.Gaillard)
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© Ernesto Novo/C.Gaillard
Ernesto Novo reproduisant la photo de Martha Cooper.
Street Dance (© Martha Cooper)
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© Martha Cooper
Le jeune Christopher Sawyer effectuant des figures sur un carton au milieu de l’Upper West Side.
Street Dance (© C.Gaillard)
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© C.Gaillard
Street Dance (© Nika Kramer)
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© Nika Kramer
Street Dance (© Nika Kramer)
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© Nika Kramer
Installation vidéo de l'exposition 'Street Dance'
Street Dance (© C.Gaillard)
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© C.Gaillard
Street Dance (© Ben Dumas)
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© Ben Dumas
Spectacle 'En Filigrane' entre le chorégraphe Ibrahim Sissoko et la violoncelliste Ophélie Gaillard, dimanche 20 mars.
Street Dance (© DR/La Manufacture 111)
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© DR/La Manufacture 111
Storm, virtuose du break dace, invité à se produire lors de l'exposition 'Street Dance'

Pour parler d’un art aussi vivant que le street dance, et plus largement de la culture hip-hop, il fallait une exposition dynamique qui ne s’affiche pas seulement sur les murs mais prenne également corps dans le réel. Car cette discipline ne peut vraiment se comprendre qu’en s’expérimentant et ça, La Manufacture 111 l’a bien saisi.
Ainsi, fidèle au principe de multidisciplinarité qui fait la spécificité de ce centre de créations urbaines du 20e arrondissement, ‘Street Dance’ mélange peinture, photographie, installation vidéo et, bien sûr, danse. Un amalgame de genres qui n’a, pour autant, rien de discordant. Au contraire, la programmation imaginée par La Manufacture 111 en marge de l’événement apparaît indissociable de l’exposition en elle-même.

On commence d’abord par se familiariser avec l’histoire du hip-hop par le biais plus « théorique », mais néanmoins ludique, d’un parcours illustratif. On y croise un arbre peint sur le mur blanc de la galerie, généalogie des artistes pionniers du genre allant de James Brown à Snoop Dog et Dr Dre. A côté, une carte géographique des styles ayant inspiré la street dance nous permet de reconstituer sa genèse métissée. On passe ensuite du Congo Square de la Nouvelle-Orléans au Bronx des années 1960-1970, où la discipline prend une dimension politique et sociale encore plus assumée. Jusqu’aux années 1990, synonymes d’âge d’or pour les crews de hip-hop, là où l’on voit l’émergence des baggy jeans et des chaînes musicales type MTV. Un voyage dans le temps accompagné de textes explicatifs clairs et de vestiges du passé tels cette mosaïque de disques microsillons classés par années, ce transistor des plus vintage ou cette vieille stéréo portable des nineties. Les clichés de Martha Cooper, empreints de ce grain propre aux années 1980, nous font également opérer un saut dans le temps. On y voit en effet le jeune Christopher Sawyer effectuant des figures sur un carton au milieu de l’Upper West Side, ou l’insouciance des B.Boys, dont le duvet adolescent apparaît tout juste au bord des lèvres.
Les tableaux d’Ernesto Novo, eux, ponctuent la visite d’une touche street artistique. Tandis qu’un pan entier de mur se voit dédié aux photographies de Nika Kramer, qui immortalise les meilleures B.Girls de sa génération comme la Française Minzy, la Japonaise Nagisa ou l’Espagnole Jess.

Voilà, les bases sont posées, place à la dimension plus « pratique ».

Projections/débats, conférences dansées et chorégraphies live composent le second pendant de l’exposition ‘Street Dance’. Des animations invitant chacun à éprouver de façon concrète, cette fois, un art qu’il connaît déjà un peu mieux. Et pour que la rencontre soit totale et parfaite, La Manufacture 111 n’a pas hésité à mettre les petits plats dans les grands en conviant des virtuoses du genre. A l’image du chorégraphe Ibrahim Sissoko, qui réalisera un dialogue pur et esthétique avec la violoncelliste Ophélie Gaillard le dimanche 20 mars. Ou encore de l’une des principales figures internationales du break dance, Storm, qui investira l’auditorium le samedi 16 avril. Deux rendez-vous immanquables qui ne constituent que la partie émergée d’un iceberg de performances toutes plus uniques et magnifiques les unes que les autres. Bien que certaines se tiennent, malheureusement, un peu trop tard.

Bref, avec ‘Street Dance’, La Manufacture 111 prouve à nouveau qu’elle sait comment susciter l’intérêt des curieux pour un domaine qu’ils n’ont souvent jamais côtoyé d’aussi près. Et, surtout, à nous donner l’impression (mais est-ce seulement une impression ?) de ressortir de l'exposition un peu plus intelligent. 

Retrouvez tout le programme de l’exposition ‘Street Dance’ ici.   

Par Clotilde Gaillard

Publié :

Téléphone de l'événement 01.40.33.01.36
Site Web de l'événement http://www.manufacture111.com

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