1. L’IMA fait résonner l’histoire de Gaza au-delà des ruines
    © J.-B. Humbert | Détail d'une mosaïque byzantine, site de Jabaliya
  2. L’IMA fait résonner l’histoire de Gaza au-delà des ruines
    © J.-B. Humbert | Equipes franco-palestiniennes dans les fouilles de Blakhiyah
  3. L’IMA fait résonner l’histoire de Gaza au-delà des ruines
    © Philippe Maillard | Stèle funéraire, Gaza, XIIe-XIIIe siècle, Calcaire

Critique

Trésors sauvés de Gaza, à l'Institut du monde arabe

4 sur 5 étoiles
L’Institut du monde arabe n’a pas attendu la reconnaissance de la Palestine par la France pour consacrer une exposition au patrimoine gazaoui.
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Zoé Terouinard
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Time Out dit

On ne balaie pas 5 000 ans d’histoire comme ça. Alors qu’on peine à compter les morts quotidiens à Gaza, l’Institut du monde arabe ose une exposition consacrée au patrimoine de la région palestinienne. Attendez : n’est-ce pas un peu indécent de parler d’archéologie aujourd’hui ? Pour l’IMA, non, c’est même nécessaire. Pour la commissaire Élodie Bouffard, il est important de rappeler qu’hier, la région était l’une des plus prospères du monde. Pour espérer retrouver, demain, la douceur de vivre qui a si longtemps caractérisé Gaza.

Installée au sous-sol du musée, l’exposition rassemble environ 130 objets issus de la collection privée de Jawdat Khoudary et du musée d’Art et d’Histoire de Genève, conservateur temporaire d’une partie de la collection gazaouie. Placées toutes au même niveau, les pièces sont présentées telles quelles, dans une scénographie dépouillée, froidement éclairée au néon. Le message est clair : il ne s’agit pas de pleurer la pierre disparue, mais bien d’humaniser un territoire aujourd’hui réduit aux ravages de la guerre.

Après tout, carrefour commercial entre l’Afrique et l’Asie, l’oasis palestinienne en a vu passer, des civilisations ! Colonnes grecques, décors sculptés romains et mosaïques byzantines nous accueillent dans une première salle, tandis qu’un second espace se consacre à l’activité de fouilles à Gaza. Ici, pas de buste d’Aphrodite, mais des tirages en noir et blanc des principaux sites archéologiques de la zone et des éléments de cartographie des bombardements qui contribuent à effacer la mémoire de Gaza.

Car sans patrimoine, il est facile de tomber dans l’illusion d’un peuple sans histoire, dont l’annihilation progressive finit presque par désintéresser les médias. Trésors sauvés de Gaza apparaît ainsi comme un acte de résistance face à la mise à mort à petit feu d’un peuple et de son héritage.

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