Monde icon-chevron-right France icon-chevron-right Paris icon-chevron-right Oscars 2013
Meilleur acteur1/10
Qui sont les nominés ? Bradley Cooper, Joaquin Phoenix, Daniel Day-Lewis (photo), Denzel Washington, Hugh JackmanQui devrait gagner ?Daniel Day-Lewis ou Joaquin Phoenix. Le premier car sa performance dans 'Lincoln' est tout bonnement impressionnante. L'acteur, déjà détenteur de deux Oscars, a notamment réussi à transformer sa voix, d'habitude très grave, la rendant haut perchée pour mieux incarner l'emblématique président. Quant à Joaquin Phoenix, immense acteur lui aussi, il nous avait manqué, et cela nous ferait plaisir de voir son come-back récompensé. Qui va gagner ? Daniel Day-Lewis, dont les adversaires, hormis Joaquin Phoenix, ne semblent franchement pas menaçants.
Meilleur actrice2/10
Qui sont les nominées ? Jessica Chastain, Jennifer Lawrence, Emmanuelle Riva (photo), Naomi Watts, Quvenzhané WallisQui devrait gagner ? Emmanuelle Riva, parce qu'elle est écrasante dans 'Amour', qu'elle aura 86 ans le jour de la cérémonie, et que c'est peut-être son dernier rôle. D'autant que sa seule rivale potentielle, Quvenzhané Wallis, n'a que 6 ans – et donc tout le temps de gagner un prix. Qui va gagner ? A notre grand désespoir, Jennifer Lawrence. Certes, la jeune actrice est charmante, et pas dépourvue de talent, mais son rôle de danseuse névrosée dans la comédie maladroite 'Happiness Therapy' ne nous a pas vraiment renversés. Elle gagnera, pourtant, parce qu'elle mène une promo de dingue depuis des mois, qu'Hollywood l'adore, et que le Golden Globe de la meilleure actrice dans une comédie, qu'elle a remporté il y a quelques jours, aura achevé de convaincre les plus réticents.
Meilleur acteur (2nd rôle)3/10
Qui sont les nominés ? Alan Arkin, Robert de Niro, Philip Seymour Hoffman, Tommy Lee Jones, Christoph Waltz (photo)Qui devrait gagner ? Christoph Waltz, parce qu'après avoir incarné le plus abject de tous les nazis dans 'Inglourious Basterds', il nous revient en cowboy jovial et débonnaire dans le nouveau Tarantino. Un tel grand écart mérite récompense.Qui va gagner ? Tommy Lee Jones, parce que 'Lincoln' est de toute façon pressenti pour tout rafler, et que ses scènes sont de loin les plus divertissantes du film. Philip Seymour Hoffman est également un rival sérieux, mais 'The Master', sorti en salles il y a déjà plusieurs mois aux Etats-Unis, s'est depuis un peu estompé dans les esprits, au profit de films plus récents.
Meilleure actrice (2nd rôle)4/10
Qui sont les nominées ? Amy Adams, Sally Field, Anne Hathaway (photo), Helen Hunt, Jacki WeaverQui devrait gagner ? Anne Hathaway, parce que les vingt minutes qu'elle occupe dans 'Les Misérables' sont de loin les meilleures du film, et que les métamorphoses physiques – dans son cas, douze kilos en moins et un passage à la tondeuse face caméra assez violent – sont le moyen le plus sûr d'obtenir un Oscar. Malgré tout, on ne s'offusquera pas si le prix revient à Amy Adams, qui nous a offert l'une des plus belles scènes de l'année dans 'The Master', livrant un monologue glacial et impassible face à un miroir tout en masturbant agressivement Philip Seymour Hoffman. Qui va gagner ? Anne Hathaway.
Meilleur film5/10
Qui sont les nominés ? 'Amour', 'L'Odyssée de Pi', 'Argo', 'Lincoln' (photo), 'Les Bêtes du Sud sauvage', 'Happiness Therapy', 'Django Unchained', 'Zero Dark Thirty', 'Les Misérables'Qui devrait gagner ? 'Les Bêtes du Sud sauvage' : récompensé à Cannes par la Caméra d'Or, le premier film de Benh Zeitlin est un petit chef-d'œuvre. Conte bouleversant et universel sur les douleurs de la filiation, il a réussi là où le très prétentieux 'Tree of Life' de Terrence Malick avait échoué. Malheureusement, son côté un peu trop indé risque de l'empêcher de gagner. Qui va gagner ? 'Lincoln', parce que c'est l'archétype du film à Oscars : l'histoire vraie d'un grand personnage américain, dirigée, qui plus est, par un grand réalisateur américain (Spielberg). Parmi ses concurrents les plus sérieux, 'Django Unchained', autre vision de l'esclavage, ne fait pas (assez) l'unanimité auprès du public, et 'Zero Dark Thirty', qui retrace également une histoire vraie – celle de la traque de Ben Laden – est trop controversé, notamment à cause de ses scènes de torture. Quant à 'Amour', déjà Palme d'Or, on le voit mieux remporter l'Oscar du meilleur film étranger.
Meilleur film étranger6/10
Qui sont les nominés ? 'Amour' (photo), 'A Royal Affair', 'No', 'Kon-Tiki', 'Rebelle (War Witch)'Qui devrait gagner ? De manière assez évidente, 'Amour' de Michael Haneke est le favori incontesté de cette catégorie. Et avec la présence du long métrage en course pour les meilleurs film, réalisateur et actrice, il serait tout de même étonnant qu'il n'obtienne pas au moins ce prix-ci...Qui va gagner ? 'Amour', donc.
Meilleur réalisateur7/10
Qui sont les nominés ? Michael Haneke, Benh Zeitlin, Ang Lee, Steven Spielberg (photo), David O. Russell (ouf, pas de Ben Affleck !)Qui devrait gagner ? N'importe qui sauf Ben Affleck. Non, plus sérieusement, Benh Zeitlin, parce qu'il a réussi à imposer une identité visuelle singulière avec son premier film, et qu'il serait audacieux de récompenser un petit nouveau au lieu des habituels vieux pontes.Qui va gagner ? Le vieux ponte, donc : Spielberg. Comme 'Lincoln' risque sans doute de remporter l'Oscar du meilleur film, il est logique que celui du meilleur réalisateur lui revienne. S'il gagne, ce sera son troisième Oscar dans cette catégorie (les deux précédents étant revenus à 'La Liste de Schindler' et 'Il faut sauver le soldat Ryan').
Meilleur documentaire8/10
Qui sont les nominés ? 'How To Survive a Plague', '5 Broken Cameras', 'The Gatekeepers', 'The Invisible War', 'Sugar Man' (photo)Qui devrait gagner ? ‘Sugar Man’, parce qu’entre un docu sur le sida, un autre sur les viols dans l’armée américaine et un troisième sur le Shin Bet (agence de sécurité israélienne), la vraie-fausse success story, complètement effarante, d’un chanteur américain s’impose comme l’option la moins déprimante. Qui va gagner ? N’importe lequel sauf ‘Sugar Man’. Pour les mêmes raisons.
Meilleur scénario adapté9/10
Qui sont les nominés ? 'Argo', 'Les Bêtes du Sud sauvage' (photo), 'L'Odyssée de Pi', 'Lincoln', 'Happiness Therapy'Qui devrait gagner ? 'Les Bêtes du Sud sauvage', parce qu'il faut récompenser les jeunes. Et que tout sauf 'Argo'. Qui va gagner ? Difficile à dire, car tous les candidats se défendent plutôt bien dans cette catégorie. 'Argo', que nous avons choisi d'abhorrer, est une histoire de CIA et d'héroïsme américain, parfaite pour les Oscars. 'Les Bêtes du Sud sauvage', tiré d'une pièce de Lucy Alibar, est un sublime conte d'apprentissage. Pareil pour 'L'Odyssée de Pi', adapté d'un bouquin inadaptable. 'Lincoln' – là aussi, très gros travail d'adaptation –, est tout simplement l'histoire du Héros américain par excellence. Quant à 'Happiness Therapy', son idée de rédemption par la danse est typiquement le genre de scénar' nourri aux bons sentiments qui pourrait l'emporter.
Meilleur scénario original10/10
Qui sont les nominés ? 'Amour', 'Django Unchained', 'Flight', 'Moonrise Kingdom', 'Zero Dark Thirty'Qui devrait gagner ? 'Django Unchained', parce que, même si le film a ses faiblesses, l'idée que quelqu'un comme Tarantino puisse encore gagner un Oscar a quelque chose de rassurant. Qui va gagner ? Difficile à dire, vu qu'aucun des candidats ne se défend particulièrement bien dans cette catégorie. Le scénario d''Amour' n'est pas vraiment d'une complexité folle. Celui de 'Flight', bien que divertissant, est en fait du grand n'importe quoi. Celui de 'Zero Dark Thirty' est non seulement controversé, mais il présente des inexactitudes – dommage, pour un scénario qui se prétend « journalistique ». 'Moonrise Kingdom'... C'était pas l'année dernière, ça ? Quant à Tarantino, si son talent de scénariste n'est plus à prouver, 'Django' n'est certainement pas son œuvre la plus réussie.

Oscars 2013

Tous nos pronostics - et nos favoris - pour la cérémonie du 24 février

Par Anaïs Bordages
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Nos critiques des films sélectionnés

L'Odyssée de Pi

4 sur 5 étoiles
Cinéma Action & aventure

Sorti en 2001, le roman de Yann Martel fit osciller les réactions de ses lecteurs entre l'émerveillement (face à son réalisme magique et mystique) et un assez franc agacement devant ses platitudes panthéistes. Contre toute attente, cette adaptation en 3D par Ang Lee ('Tigre et Dragon', 'Le Secret de Brokeback Mountain') pourrait finalement mettre tout le monde d'accord. Trois acteurs (parmi lesquels l'adolescent Suraj Sharma) interprètent Pi, un type de la classe moyenne de Pondichéry dont la quête spirituelle se trouve interrompue lorsque le bateau sur lequel il voyage sombre dans le Pacifique. Tout le monde se noie, à l'exception de Pi et de quatre occupants du zoo de son père – parmi lesquels un grand et féroce tigre du Bengale... nommé Richard Parker. Bref, c'est un peu 'Le Livre de la jungle' sur le 'Radeau de la méduse'. Omniprésents, les effets spéciaux sont heureusement bien fichus, et le script parvient à la fois à éviter le sentimentalisme sirupeux et la spiritualité cheap, en dépit de quelques scènes parfois un peu hasardeuses. Ceux qui ne craignent pas le traitement numérique de l'image trouveront certainement le résultat somptueux, rêveur et intelligent. Pour les autres, ce sera sans doute une bonne occasion de s'initier aux images de synthèse, et de suivre les réflexions métaphysiques et cinématographiques d'un cinéaste profond et original.

Royal Affair

3 sur 5 étoiles
Cinéma Drame

Produit par la boîte de Lars Von Trier, 'Royal Affair' a été écrit et réalisé par l’équipe qui a adapté le 'Millenium' danois au cinéma. Mais ne vous attendez pas au même traitement de choc pour cette chronique du scandale sexuel et politique qui secoua le Danemark des années 1770. 'Royal Affair' est le drame historique chic par excellence : bien joué, intelligemment écrit, avec juste ce qu’il faut de déchirure de corsage. C’est presque impeccable en fait, même si ça manque peut-être un peu d’intensité. A l’instar du 'Marie-Antoinette' de Sofia Coppola, tout commence par le mariage arrangé d’une princesse de 15 ans, Caroline (Alicia Vikander), à un roi. Caroline est cultivée et instruite, alors que son fiancé n’est autre que le roi fou Christian VII du Danemark, un imbécile irritable à la cervelle de moineau. Caroline se résigne à son triste sort, jusqu’à ce que le docteur et libre penseur Johann Friedrich Struensee (Mads Mikkelsen) ne soit nommé médecin personnel du roi. Les deux entament alors une liaison illicite et, en utilisant le roi comme leur marionnette, décident en secret de faire passer le Danemark de l'âge des ténèbres à l'utopie éclairée, décret par décret. Le film ne manque pas de détails historiques qui lui confèrent un aspect authentique, comme cette scène où un docteur supervise d’un air ennuyé le travail de femme qu’est l’accouchement du bébé de Caroline (« Une vraie reine délivre dans le silence et la dignité »). D’un point de vue politique également, on ob

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Sugar Man

4 sur 5 étoiles
Cinéma Documentaire

L’histoire authentique de Sixto Rodriguez est à la fois une leçon de sagesse rare, un conte et une interrogation laissée lettre morte : à quoi peut bien tenir la réussite ou l’échec d’un immense artiste ? Redécouvert en 2008, lorsque le label Light In The Attic s’intéresse à son destin hors du commun et réédite ses deux chefs-d’œuvre sortis dans l’indifférence générale au début des années 1970, Rodriguez est un chanteur-compositeur de génie qui n’aura pourtant jamais laissé une trace indélébile dans l’histoire du rock. Mais ça, c’était avant. Avant que les activistes anti-Apartheid de la classe moyenne blanche sud-africaine ne s’emparent de ses chansons pour en faire la bande-son, voire le symbole de leur lutte. C’est d’ailleurs sur les hauteurs du Cap que débute le formidable documentaire de Malik Bendjelloul. On suit dans un premier temps l’histoire de Stephen "Sugar" Segermen, un disquaire, et Craig Bartholomew, un journaliste, qui ont enquêté il y a près de vingt ans sur le mystère Sixto Rodriguez. Car si ses disques se sont vendus par centaines de milliers en Afrique du Sud, personne ne sait rien sur ce chanteur aux paroles libératrices, qui évoquent crûment sexe, drogue et contestation sociale. La rumeur dit même qu’il se serait suicidé en s’immolant sur scène. Pas à pas, le cinéaste retrace donc l’ancien itinéraire des deux enquêteurs, désireux de faire la lumière sur sa vie et sa mort. Après plusieurs pistes vaines, ne restent plus pour indices que les textes mêmes du

Zero Dark Thirty

4 sur 5 étoiles
Cinéma Action & aventure

Evacuons d’entrée la polémique, complètement stérile, selon laquelle ‘Zero Dark Thirty’ ferait de la propagande pro-torture : ce n’est pas parce que l’on dépeint des pratiques violentes qu’on les approuve. Au contraire, Kathryn Bigelow, qui n’a pris d’autre parti que celui du réalisme, s’attache à montrer dans son dixième long métrage les passions parfois violentes et irrationnelles qui ont hanté l’Amérique post-11 Septembre. A commencer par les techniques d’interrogatoire musclées employées par la CIA. Les premières secondes du film font office de piqûre de rappel : face à un écran noir, on entend les grésillements d’une conversation téléphonique, enregistrée le 11 septembre 2001. Au bout du fil, une femme réalise à voix haute qu’elle va mourir. L’effet est dévastateur, et pourtant, ce seront les seuls moments d’émotion que Bigelow s’autorise. En pas moins de deux heures et quarante minutes, la réalisatrice de ‘Démineurs’ déroule un récit linéaire implacable, aussi sec qu’un désert pakistanais. Aucun pathos, aucune romance inutile, aucune musique grandiloquente, bref, ‘Zero Dark Thirty’, c’est un peu l’anti-‘Argo’. Et comme les événements que le film retrace sont relativement récents, on ne peut que saluer un tel effort de retenue. ‘Zero Dark Thirty’ – minuit trente, en langage militaire – suit donc la traque d’Oussama Ben Laden, ou plutôt, celle d’Abu Ahmed, l’un des proches collaborateurs du chef d’Al-Qaida. Une traque longue de dix ans, menée, dans le film, par Maya (Jess

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