0 J'aime
Epingler

Pitchfork Music Festival 2016

Notre guide pour profiter du Pitchfork Festival du 25 au 29 octobre

© Alban Gendrot

Et voilà, c'est reparti pour un tour, octobre est là et annonce le début du festival Pitchfork... 

Si jusqu'ici on avait plutôt l'habitude de voir défiler sur scène, à quelques exceptions près, une grosse resucée revival des festivals de l'été, cette année, on est agréablement surpris par le pré-festival, le « Pitchfork Avant-Garde » qui essaimera quelque 42 groupes dans 7 salles de la capitale sur deux jours (mardi 25 et mercredi 26 octobre). Et à première vue, il y a de quoi nourrir les morts de faim que nous sommes, avec pas mal d'inconnus au bataillon. Si l'on en croit les heures passées à écumer les bandcamp et les soundcloud de tout ce petit monde, le choix de LA bonne soirée risque d'être cornélien. On ne saurait que trop vous conseiller de prêter attention à la programmation de ces deux journées qui surpassent presque en qualité ce qui se tramera du côté de la Grande Halle. 

Et pour être honnête, nous qui avions un peu enterré l'excitation des débuts, celle du défrichage en ligne de la plateforme musicale Pitchfork, et l'attraction prudente qu'on éprouvait lors de la première édition parisienne, nous avons été agréablement surpris par la programmation de cette « Avant-Garde » 2016. 

En ce qui concerne les groupes présents sous la verrière vibrante de la Grande Halle, on trouve beaucoup d'électro (Mount Kimbie, Floating Points, Moderat...), peu de hip-hop (Avelino, Joey Purp) et encore moins de rock... Si quelques noms tels que MIA, Parquet Courts ou Daphni peuvent nous convaincre d'y faire un tour, on reste un peu déçu par cette cuvée moyennement originale. Enfin, pour les plus résistants, des after parties seront proposées au Trabendo de 23h à 6h du matin, avec entre autres Jacques, ClamsCasinoBambounou ou Dollkraut. De quoi peut-être remplir nos verres à moitié vides.


Quoi ? • Pitchfork Music Festival
Où ? • Grande Halle de La Villette et plusieurs salles dans le quartier Bastille pour la partie Avant-Garde
Quand ? • Du 25 au 29 octobre


On vous recommande les festivals de l'automne

[Concours] Gagnez vos places pour le festival.

Pitchfork Avant-Garde

Cette année, donc, Pitchfork a décidé de commencer la fête un peu en avance. Le principe ? Un marathon musical sur deux jours appelé à juste-titre « Avant-Garde ». En gros, vous achetez un billet à 15 €, et vous avez accès à toutes les soirées organisées par la Mécanique Ondulatoire, le Café de la Danse, le Badaboum, La Loge (oui, cette salle existe), le Pop Up du Label, la Café de la Presse ou encore le Supersonic. Quarante-deux groupes sur deux jours, comme vous pouvez l'imaginer, il y a à boire et à manger, voici donc ce qu'il ne faut pas rater : 

Le 25/10, c'est dans le 11e, à la Méca, qu'il faudra traîner vos guêtres. Premièrement parce que vous pourrez y écouter de l'indie pop/rock, grand absent du week-end à La Villette, et deuxièmement parce que les trois groupes qui y joueront valent vraiment le coup d'œil : Hoops fera teinter une pop claire dans la droite lignée de Real Estate, Get Inuit ravagera la scène avec leur dirty surf rock limite BRMC et Anteros nous fera onduler comme une Blondie 3.0. Le même soir, on ira peut-être faire un tour du côté de la Loge pour écouter l'électo-pop raffinée de Faroe et les mélodies minimales d'Okay Kaya, ou de celui du Café de la Danse pour lever les bras sur le rap classieux de Loyle Carner. Enfin, on n'oubliera pas non plus le Supersonic, et le génialissime Alex Cameron, sorte de Nick Cave échappé des eighties, qui partagera la scène avec Klangstof et ses mélodies mélancoliques très librement inspirées d'OK Computer, ainsi que de Smerz, un duo de Norvégiennes qui signe une électro-pop élégante et envoûtante. 

Le 26/10, on retournera à nouveau du côté de la Méca, avec une programmation où une nouvelle fois, il n'y aura rien à jeter. On écoutera celle qui ne veut plus être drôle, Lucy Dacus et son folk rock frais comme la rosée, puis on retrouvera le post-rock des quatre Danois de Communions, porté par quelques riffs efficaces ("Forget it's a Dream") et par la voix de Martin Rehof, digne héritier de Brett Anderson, et on finira la soirée avec le grunge jouissif de Cherry Glazerr désormais signée chez Secretly Canadian. Autre ambiance du côté du Café de la Danse avec la psyché-pop lumineuse de Robbing Millions, l'étonnant post-punk mâtiné de blues d'Adia Victoria et l'ambiant planante du batteur d'ALT+J, Thom Sonny Victoria. Côté 12e, sur la scène du Pop-Up du Label, des découvertes qui valent peut-être le coup d'oreille avec le folk âpre et tendre d'Isaac Gracie et la pop sixties de Pi Ja Ma. Enfin, pourquoi pas tenter une incursion du côté du Badaboum pour écouter la pop frenchie douce-amère de Requin Chagrin.

En savoir plus

Des découvertes côté Grande Halle

Si vous avez lu le paragraphe précédent, vous savez que les plus belles découvertes risquent de se passer AVANT les trois jours du Pitchfork Music Festival. Pour autant, il serait dommage de passer à côté de quelques révélations de ces dernières années. Prenons l'exemple de Whitney, duo composé de Max Kakacek, ex-membre des Smith Westerns, et de Julien Ehrlich, ex-membre d'Unknown Mortal Orchestra. On trouve sur leur album 'Light Upon the Lake' de jolies mélodies pop bien ficelées, entraînantes et émouvantes à la manière d'un Christopher Owens époque Girls. Autre style, autre délicatesse avec C Duncan qui compose une dream pop aérienne et subtile comme le prouvent ses deux merveilleux albums 'Architect' (2015) et 'The Midnight Sun' (2016). Changement de décor côté hip-hop, avec deux excellents rappeurs, l'Anglais Avelino pour commencer, dont on a découvert la voix grave et le flow deep dans l'entêtant titre "FYO" (« Fuck You Opinion ») et l'Américain Joey Purp, originaire de Chicago, proche de Chance the Rapper, dont l'album 'iiiDrops' est un pur bijou bourré d'influences jazzy. Enfin, côté électro, pas facile de trouver du neuf dans la programmation, du coup on choisira de se laisser aller tout smooth, les hanches molles comme du marshmallow pour groover sur la "Sensuality" d'Aldous RH.

Pour ce qui est du reste, on appréciera pas mal la pop synthétique et l'univers fantasmagorique de Flavien Berger (si on ne l'a pas déjà croisé dix fois sur les routes des festivals d'été) ainsi que l'électro-pop mélancolique de Porches dont on attend le live pour se décider. A l'inverse, on déclarera forfait pour le post-punk de Shame, déjà vu, déjà entendu et le shoegaze de Minor Victories parce que le revival de ce genre commence tout simplement à nous courir sur le haricot (pour être poli).

Des têtes d'affiches côté Grande Halle

Côté têtes d'affiche, impossible de passer à côté de MIA. Après trois années d'absence, la chanteuse britannique a décidé de faire son grand retour avec un titre au nom évocateur : "Borders" (sur l'album 'AIM'). Un single bien produit qui balance sur la non-gérance de la crise des migrants (« Broke people, boat people (…) We're solid we don't need to kick them »). Comme pour Riri, Queen B et tutti quanti, il y a plusieurs écoles qui tentent en ce moment même d'imprégner leur musique d'un discours engagé. Phénomène de mode ou éveil des consciences citoyennes, pour ce qui est de MIA on peut dire que cela ne date pas d'hier ; on attend avec impatience son live qui risque d'être explosif. Ce qui nous amène à Explosions in the Sky qui nous revient avec un sixième et magnifique album 'The Wilderness'. Pour ceux qui ne connaîtraient pas, il s'agit de post-rock ambiante, une musique instrumentale aux singles soignés, composés comme de mini-symphonies, ici, aériennes, ici, rageuses, toujours fascinantes. De la fascination, on en éprouve sans difficulté pour Daphni, ou plutôt pour Dan Snaith que l'on connaît mieux sous le nom de Caribou. S'il n'a rien sorti depuis 'Jiaolong' (en 2012), on se rappelle sans peine de l'enivrant single "Ye Ye". On retrouvera aussi avec un plaisir non dissimulé les surdoués-surproductifs de Parquet Courts et leur cinquième album 'Performing Human' signé chez Rough Trade. Un rock de branleurs à mi-chemin entre Television et Pavement, pour un set qu'on espère yolo à gogo. Qui d'autre ? Les Canadiens de Suuns qui excitent les foules en entamant Arena, il est vrai, mais qu'on commence à avoir bien trop entendu çà et là. Quant aux nostalgiques du crossfader, notons que la légende vivante du trip-hop DJ Shadow sera dans la place, lui qui figure au panthéon du djing entre DJ Krush et DJ Q-Bert. Enfin, Warpaint : mais que s'est-il passé ? Entre l'album 'Warpaint' et 'Heads Up', il y a... Comment dire ? On ne peut même pas parler de fossé, au mieux on pourrait parler d'abysse ? Dans le genre, on préférera carrément réécouter Ace of Base que la "New Song" des quatre filles qui chantaient autrefois le brillantissime titre "Billie Holiday". 

Egalement présents durant ces trois jours : Moderat, Nick Murphy (Chet Faker), Mount Kimbie, Floating Points, Brandt Brauer Frick, Bat for Lashes, Todd Terje & The Olsens, Bonzaï, Tale of Us, Motor City Drum Ensemble, Acid Arab et Abra.

Commentaires

1 comments
Alizée
Alizée tastemaker

Un des meilleurs festivals à Paris selon moi. La programmation est pointue, mais toujours avec d’excellents sons qui font danser. J’y ai découvert Todd Terje / The Olsens avec leur musique hyper entrainante ; quant à la prestation de Moderat elle était top pour clore la soirée du vendredi. Une bonne ambiance et cohésion existe entre les festivaliers, peut être parce que c’est un petit festival à taille humaine. Les animations sont vraiment sympas. Tout comme niveau restauration, où de vrais restaurants viennent proposer leurs services ; ça fait toute la différence !