Pitchfork Music Festival / Jour 3 : Ratatat + Laurent Garnier + Unknown Mortal Orchestra + Curtis Harding...

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Pitchfork Music Festival / Jour 3 : Ratatat + Laurent Garnier + Unknown Mortal Orchestra + Curtis Harding...

Si vous tenez jusqu'ici, on ne va pas vous mentir, vous aurez l'air d'un zombie, mais ça tombe bien, c'est HALLOWEEN ! Troisième soirée pitchforkienne, la plus longue, c'est la fête, on donne tout ! Chaussez vos baskets et préparez-vous à liquider vos derniers points de vie.

Quelques cuivres, des guitares pleines de réverb, de l'orgue d'église de-ci de-là, une voix limpide qui n'en fait pas des caisses, voici Curtis Harding et sa soul instinctive saupoudrée de punk et de garage. Ce natif du Michigan (coucou Stevie Wonder) a réussi en trois coups de cuillère à pot à affoler la planète musique en seulement un album ('Soul Power' signé sur Burger Records). Même Iggy Pop en redemande. Ajoutez à cela une belle petite gueule (immortalisée par Hedi Slimane) et des titres accrocheurs tels que "Keep on Shining", et voilà, la température va grimper de quelques degrés.

Il fera chaud et ça tombe bien, parce qu'avec Hudson Mohawke, ça va shaker du booty, on vous le dit. Sur le titre "Chimes" par exemple (on sait que vous connaissez la pub Apple, pas besoin de faire votre snob), issu de son extravagant album 'Lantern' (2015). L'Ecossais, fer de lance du trap, travestit un dirty south bien lourd avec des passages limite symphoniques ("Kettles"), des orgues bachiens ("100HM") ou des cuivres dantesques, ponctués de synthés survitaminés ("Scud Books"). Si certains de ses featurings proches du R'n'B se révèlent un peu niaiseux, sa récente collab avec Kanye West nous laisse penser qu'on n'a pas fini d'entendre parler de lui.

Ah... Laurent Garnier, est-ce bien nécessaire de le présenter ? Notre fuckingdaddycool, on l'aura espéré, et on en mettrait nos tympans à couper, comme au Worldwide Festival de cette année, Lolo va nous mettre une fessée. Electrohaters et craintifs du boumboum sans âme, rassurez-vous, il faudrait avoir les pieds englués pour ne pas se laisser gagner par le set mirifique qui s'annonce ici. On s'avance un peu, mais il faut dire que malgré ses 50 balais, Laurent Garnier sait toujours se réinventer et nous faire danser. What else ? Avec sa méga 'Home Box' (2015) sortie sur le légendaire F Com, on a, comme qui dirait, hâte d'y être.

D'un occupant de l'Haçienda à un autre, il n'y a qu'un pas, et c'est avec un rock embrumé, qui fait la part belle au psyché et au shoegaze, que Spiritualized viendra nous ensorceler. Si l'on est toujours en attente de son prochain album, on peut se consoler avec le lumineux 'Sweet Heart Sweet Light' (2012) contenant des pépites d'une sincérité bouleversante ("Little Girl") et des compos de rock pur ("Hey Jane"). Les plus anciens, eux, se rappelleront du génialissime 'Ladies and Gentlemen We Are Floating in Space' (1997) qui a défini son genre musical par-delà les nébuleuses : le space rock.

Changement de décor : vous connaissez Laurel et Hardy ? Ces deux-là sont aussi mal assortis que leur musique est réussie. Avec un hip-hop gonflé aux stéroïdes et piqué à l'EPO, Run the Jewels vous donnera envie d'exhiber votre calbut, fute baissé et main levée. Killer Mike et EI-P ne rigolent pas, leur hip-hop est hardcore et leur flow, cinglant. On les attend de pied ferme (enfin un pied gentiment et poliment ferme, sur lequel on baissera les yeux hein, on veut pas de problèmes, bisous).

Sur scène aussi ce samedi soir, Unknown Mortal Orchestra qui nous enchante depuis 2010 avec sa pop psyché sortie d'un autre temps... à écouter de jour comme de nuit et (surtout) lors des éclipses ; le duo new-yorkais Ratatat et son joyeux dernier album 'Magnifique' (validé par Cristina Cordula), John Talabot et sa house fantomatique versus Roman Flügel et son électro-house sympathique, synthétique et élastique, et la vibrante Nao, version londonienne 2.0 de Neneh Cherry.

En revanche, on se fera un plaisir de zapper l'énervant Father John Misty, qui en plus de se dandiner (comme à la RdR 2015) viendra déverser un blues digne des plus mauvaises FM américaines. On bottera aussi en touche pour les minauderies de Hinds...

Mais on vous laisse seul juge, bien entendu !

Allez, on vous embrasse et amusez-vous bien !

Par Jenny Stampa

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