Angelin Preljocaj - Gravité

Danse, Moderne
Recommandé
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© Jean-Claude Carbonne
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A bas la pesanteur !

Ils sont là, allongés sur une scène nue. Treize femmes et hommes, ciselés dans leur justaucorps, s’entremêlent sans bouger d’un iota. Progressivement, les notes musicales du Prélude à la nuit de Maurice Ravel va réveiller ce petit monde. Et leur offrir, tout en délicatesse et en slow motion, les premiers balbutiements d’une vie humaine. Une sorte d’Under the Skin sans Scarlett. 

Voici le premier et magnifique tableau de Gravité, le nouveau spectacle d’Angelin Preljocaj. Le chorégraphe, habitué depuis plus de 30 ans à alterner entre les pièces narratives (dont Blanche Neige) et les expérimentations sur scène (Empty Moves), pousse ici à fond le curseur de la recherche pure et abstraite. Son thème ? Celui de la gravitation, ce phénomène entre masse et légèreté. Il va encourager ses danseurs (tous pieds nus) à se libérer du poids de leur corps et de la pesanteur, en les faisant défiler dans plusieurs séquences sur fond de Bach, Dimitri Chostakovitch mais aussi Philip Glass ou Daft Punk. 

Résultat ? Entre arabesques au sol et pirouettes vertigineuses, danse classique et mouvements modernes, les moments de grâce, de lenteur et de célérité vont s’enchaîner tour à tour, bien aidés par l’inquiétant jeu de lumière d’Eric Soyer. Parmi les grands moments, ces duos qui avancent de profil – l’homme suivant le mouvement de la femme en rampant tel un ver. Ou cette apothéose de 17 minutes quand, d’un coup, sans prévenir, il balance le Boléro de Maurice Ravel pour ne plus nous lâcher. Captivant, audacieux. Brillant.

Par Houssine Bouchama

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