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Le calendrier de vos sorties • Novembre

Les événements les plus attendus

Festival Inrocks

25e anniversaire du festival créé par le magazine Du 5 au 13 novembre 2012 Si le magazine des Inrocks a bien changé en vingt-cinq ans (changement de propriétaire et de ligne, perte de crédibilité journalistique), son festival a en revanche gardé sa vitalité. Chantre du rock indépendant, l'événement s'est ouvert à d'autres horizons, folk, soul, electronica, tout en conservant son idée directrice : faire découvrir les artistes de demain au public, dans des salles modestes et réputées comme la Cigale ou la Boule noire. Cette année, aucune affiche incontournable hormis peut-être les sympathiques Maccabees, l'excellent Michael Kiwanuka ou les surestimés Citizens !, mais pléthore de groupes en devenir. A cet égard, les plus avertis iront lorgner du côté de l'électro rêveuse de Poliça, de l'indie pop étrange des Alt-J ou d'Electric Guest. Surtout, ne pas manquer les Bots, deux gamins qui pratiquent un punk garage détonant ! A noter que le festival est itinérant cette année, puisque des concerts auront lieu également à Marseille, Nantes, Lyon, Lille et Toulouse. Le pass 3 jours à Paris coûte 99 euros, le pass 1 jour 39,50 euros.

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Les événements du mois

Film • La Chasse

Depuis ‘Festen’ en 1998, Thomas Vinterberg est connu pour être un joyeux drille aux sujets allègres et rassembleurs. Avec ‘La Chasse’, nous retrouvons ses thèmes de prédilection : pédophilie et névrose collective. Autrement dit, une certaine idée de la comédie familiale. Lucas (Mads Mikkelsen), type d’une quarantaine d’années a priori gentil comme tout, travaille comme assistant d’éducation dans une école primaire. Un jour, une gamine, vaguement amoureuse de lui, l’accuse de pédophilie sans trop comprendre de quoi elle parle. Evidemment, c’est l’engrenage immédiat. Flics, menaces, cassage de gueule, calomnie : le pauvre Lucas, victime de la rumeur, verra peu à peu sa vie réduite à néant. Dur. Le propos, original et audacieux, est remarquablement servi par son interprète principal, et le film alterne entre l’inquiétant et le familier avec un talent assez pervers. Seulement, la cabale contre cet innocent prend tout de même bien souvent des allures de démonstration clinique, et la logique implacable de son développement paraît par moments sérieusement tirée par les cheveux (ainsi l’interrogatoire de la gamine par un pseudo-psychologue scolaire). Au final, tout concourt à démolir ce pauvre Lucas, et cette chasse à l’homme finit tout simplement par ressembler à un jeu de massacre. Bien sûr, on sait que Vinterberg n’est pas du genre à prendre des pincettes ou à se satisfaire de demi-mesures, mais là, franchement, ça fait trop. Ainsi, même si le film, alternativement fascinant et révoltant, continuera certainement de hanter le spectateur pendant quelques jours, on ne peut s’empêcher de s’en souvenir comme d’un mélange de brutalité et de maladresse. Intéressant, mais inutilement hardcore. Et du coup, pas vraiment réussi.

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Concert • Swans + Sir Richard Bishop

Une claque monumentale : voilà ce à quoi on avait eu droit en juillet 2011 à la Maroquinerie. Les Swans sont bel et bien de retour, toujours aussi passionnants, et Michael Gira semble plus remonté que jamais. En témoigne leur dernier album en date, ‘The Seer’, déferlante de noise rock sauvage et tourmenté s’étalant sur près de deux heures. Il faut dire que l’homme au stetson blanc sait s’entourer : au sein du groupe d’abord, avec des musiciens talentueux tels que Kristof Hahn (guitare slide) et Phil Puleo (batterie) ; sur la liste d’invités enfin, qui réunit cette fois Ben Frost, Jarboe ou encore Alan Sparhawk et Mimi Parker de Low. Du beau monde donc, pour une musique qui ne se fixe aucune limite – après trente ans de carrière, la pire angoisse de Gira serait, et on le comprend, de se répéter. Depuis leur reformation en 2010, les Swans ont largement prouvé leur volonté d’aller de l’avant, évitant soigneusement de « répondre aux attentes » et, du même coup, d’enterrer toute créativité. Assister à leur concert du 19 novembre au Trabendo n’est donc plus un droit mais un devoir, alors évitez l’abstention et prenez votre place dès maintenant ou pleurez plus tard.

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Le 19 novembre

Film • Au-delà des collines

Après sa Palme d’or en 2007 pour ‘4 mois, 3 semaines, 2 jours’, Cristian Mungiu revient à Cannes avec ce film puissant et austère : plus de 2h30 passées dans un monastère paumé en Roumanie, ou Voichita (Cosmina Stratan), une jeune nonne superbement bressonienne, se voit rejointe par Alina (Cristina Flutur), ancienne camarade d’orphelinat avec laquelle elle entretenait une relation amoureuse, bien décidée à rendre Voichita à la vie profane. Mais peu à peu, Alina semble montrer des signes de possession : schizophrénie, manipulation ou envoûtement diabolique, la communauté de bonnes sœurs, réunie autour d’un pope sévère, va décider de traiter le mal par le mal. Pourtant, en dépit de son synopsis, ‘Au-delà des collines’ n’a pas grand-chose d’un film d’épouvante lesbien. Ce serait plutôt un film sur l’enfermement, la claustration volontaire, l’amour humain prisonnier du religieux. Et le ton y est juste : Mungiu montre sans prendre parti, se concentrant sur l’atmosphère du couvent. D’une certaine manière, c’est même un film qui sonde la foi et son mystère, sans en donner d’interprétation définitive, à mi-chemin entre une réalité implacable (le froid, la faim, le désir, la neige) et l'ardente possibilité du surnaturel. Incontestablement lent, ‘Au-delà des collines’ finit par constituer une expérience qui peut rappeler les films de Béla Tarr : un cinéma à la fois dense et ouvert, profond et contemplatif, où l’interprétation est laissée à la liberté du spectateur. Film impressionnant, par moments sublime, ‘Au-delà des collines’ est âpre et difficile, mais la patience du spectateur en est très largement récompensée. Et les interprètes sont fabuleuses.

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