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24 heures à Saint-Lazare

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Ou comment ressusciter l’âme du Paris ferroviaire.

La gare Saint-Lazare est le premier édifice que découvrent les vacanciers venus de Normandie lorsqu’ils débarquent à Paris. Et comme les lignes de métro 3, 12, 13 et 14 (ainsi que de nombreux Transiliens) s’y croisent, cette station du 8e arrondissement constitue donc un point de passage ininterrompu et obligé pour les touristes comme pour les usagers réguliers. En 2011, ils étaient d’ailleurs presque 49 millions à y avoir traîné leur valise et/ou attaché-case. Seulement voilà, là est le hic : la plupart du temps, on ne fait que passer dans cette gare, rebuté par l’affluence et le niveau sonore qui y règnent. Pourtant, Saint-Lazare et ses environs regorgent de petits secrets urbains et de bonnes adresses. La preuve : une journée suffit à peine pour démontrer que, dans ce quartier, l’escale furtive peut vite se transformer en un périple charmant. On vous souhaite alors bon voyage même si on parie que vous ne verrez pas passer le temps.

 

8h : on fait un footing dans le square Marcel Pagnol

Afin d’entretenir votre santé de (chemin de) fer, chaussez vos baskets et faites un tour (voire plusieurs) dans ce parc datant du XIXe siècle. Bénéficiez du calme du square Marcel Pagnol situé à deux pas de l’église Saint-Augustin mais en retrait par rapport au boulevard Malesherbes. Ainsi, à l’ombre des majestueux marronniers, des platanes d’Orient ou des érables sycomores argentés, votre jogging matinal n’en sera que plus mémorable.

Fontaine du Square Marcel Pagnol© VP & Trillian

N’oubliez quand même pas de faire une pause sous le mûrier blanc pleureur afin de vous délasser ou près de la fontaine centrale ayant pour particularité d’être dépourvue d’eau. En lieu et place de l’onde claire fleurissent en effet pâquerettes et œillets blancs. Un spectacle splendide, surtout au printemps, qui éclot sous le regard bienveillant de Paul Déroulède, homme de lettres partageant l’accent chantant du Sud avec l’illustre écrivain dont ce square porte le nom. 

Statue de Paul Déroulède© C.Gaillard

 

9h : on lève le nez rue du Rocher

Après une bonne heure d’effort, rien de tel que de reprendre son souffle en flânant. Direction la rue du Rocher en passant par celle de Vienne. Là, au-dessus de la porte du numéro 56, un bas-relief intrigant vous incitera à relever la tête pour l’admirer. Qui l’a réalisé ? Quelle signification profonde recèle-t-il ? Nul ne sait. Tout ce que l’on peut en dire, c’est que cette sculpture représente des enfants artistes (l’un des chérubins peint, un autre s’adonne à l’art de l’architecture...) et que l’œuvre n’est pas signée. Son emplacement, lui, semble rappeler que le peintre français Jules-Emile Saintin vécut à cette adresse entre 1860 et 1870. Mais quoi qu’il en soit, ce fronton fait partie des mystères de Paris qui ajoutent à son élégance. 

Bas-relief du 56 rue du Rocher© C.Gaillard

 

9h15 : on relie Madrid et Liège par la voie ferrée

Outre ce bas-relief singulier, la rue du Rocher possède une autre originalité : couper la rue de Madrid à plusieurs mètres du sol. Ainsi, pour retrouver le plancher des vaches et poursuivre sur la voie ibérique, il vous faudra descendre un escalier dont le style industriel fait diablement penser aux viaducs du métro aérien. Une amusante anomalie dans le paysage qui vous mènera jusqu’à la place de l’Europe et la rue de Liège. Celles-ci surplombent d’ailleurs les voies ferrées alors n’hésitez pas à admirer le ballet fascinant des trains entrant et sortant de la gare Saint-Lazare. De toute manière, vous ne pourrez y résister.

Rue du Rocher aérienne© C.Gaillard

 

9h30 : on va (m)archet dans le quartier des luthiers

1633 km parcourus plus tard – non, en vérité c’est plutôt 300 mètres car le quartier de Saint-Lazare a cette propension à réduire la distance entre les différentes villes européennes –, accordez-vous une trêve musicale aux abords de la station Liège. Les plus grandes maisons de lutherie sont en effet concentrées dans ce périmètre et exposent dans leur vitrine des violons aussi ouvragés que chamarrés. Même les virtuoses du dimanche ne peuvent rester insensibles devant les instruments à cordes richement ornés de Bernard Sabatier ou devant la devanture verte de La Flûte de Pan, débordant de méthodes et de métronomes aux formes insolites.

Violons de la boutique Bernard Sabatier© C.Gaillard

 

10h : on régresse Au Pullman

Seulement quelques pas à faire et vous voici déjà au 70 rue d’Amsterdam, où se dresse la façade de Au Pullman. Cette boutique de jouets aux allures de wagon est le temple du modélisme ferroviaire parisien. Tous les voyageurs qui y montent doivent être munis d’un billet pour l’enfance et d’une réelle patience, le passe-temps des maquettes n’étant pas à la portée du premier nerveux venu. Toutefois, que l’on soit adepte de ce loisir ou simple curieux, un tour dans cette boutique unique agira comme une cure de jouvence. Car qui n’aurait pas les yeux émerveillés d’un bambin de 5 ans en contemplant la fidèle réplique d’un TGV (à 530 € tout de même) qui pousse le souci du détail jusqu’aux essuie-glaces fonctionnels ? Ou encore ces petites voitures Darty et ces personnages miniatures agrémentant un paysage criant de réalisme, dans lequel une locomotive rutilante vient casser le train-train quotidien ?

Au Pullman, temple du modélisme ferroviaire© C.Gaillard

 

11h : on se tient à carreau devant une façade en mosaïque

Le tour du monde en 24 heures se poursuit ! Prochain arrêt : la rue de Londres, dernière étape avant une pause déjeuner bien méritée. Ici, un immeuble se repère de loin grâce à sa façade aquatique : celui qui abritait autrefois le siège de la Société Française des Eaux Minérales. Tout en carrelage de céramique bleu, vert ou turquoise, elle affiche l’inscription « Vals sources perles » en référence à une source d’eau gazeuse exploitée par la société. Les bulles de gaz sont d’ailleurs reprises sur les colonnes et font office de parures pour les couronnes coiffant les fenêtres. Signé Edmond Coignet, ingénieur émérite du XIXe siècle, ce décor surprenant et surchargé n’est cependant pas très en accord avec le reste du quartier Saint-Lazare, plutôt haussmannien. On pourrait même dire qu’il fait des vagues. 

Façade carrelée de l'ancien siège de la Société Française des Eaux Minérales, rue de Londres© C.Gaillard

 

11h30 : on se fait une place à My Place

L’heure de se restaurer est enfin arrivée et vous cherchez un endroit où vous attabler ? Dépassez Trinité-d’Estienne d’Orves et suivez la rue Saint-Lazare jusqu’au numéro 18. Dans ce salon de thé tout en longueur, gourmandise et volupté, on vient se délecter d’une quiche maison aux poireaux-emmental-lardons et d’une salade de saison pour 10 €. Le week-end, on peut également opter pour le brunch à 23 € comprenant une corbeille de viennoiseries, des œufs cocotte, une tarte salée, une salade composée, un dessert au choix et une grande théière d'un breuvage bien chaud. Un festin dont les saveurs prononcées rattrapent les portions dînette et le léger manque de générosité. Quant à l’ambiance, mêlant maison de poupée et après-midi chez grand-mamie avec ses assiettes en porcelaine peintes et ses napperons brodés, son paravent chinois et sa balance d’épicerie trônant sur un comptoir en bois des plus rustiques, elle a un doux parfum de nostalgie. Comme un goût de reviens-y, ce qu’on fera sûrement !

Ici, on se sent à My Place© C.Gaillard

 

13h : on file chez Coton Doux

Repu, on rebrousse chemin pour faire un peu de shopping chez Coton Doux. Dans cette échoppe modeste par la taille mais exubérante par le feu d’artifice chromatique qui s’en échappe, les classiques chemises à carreaux et les sempiternels cols « pelle à tarte » font place aux liquettes, caleçons et autres accessoires masculins se déclinant en centaines de motifs rétro et originaux. Macarons, bonbons, oursons, cornets de glace, sushis… Monsieur sera à croquer ! A moins qu’il ne préfère les imprimés animaliers, auquel cas les fourmis et les cerfs sauvages lui iront à ravir. Qui a dit que la mode se prenait au sérieux ?

Chemises bariolées de chez Coton Doux© DR

 

13h45 : on va voir Le Tivoli

Une fois rhabillé pour l’hiver, faites une halte devant le majestueux portail en pierre du Tivoli. Donnant sur une vaste cour carrée bordée d’arbres, il marquait l’entrée d’un parc de loisirs très couru par la bourgeoisie parisienne, aujourd’hui disparu.

© C.Gaillard

Haut lieu d’agrément et de libertinage, il resta en activité de 1730 à 1842 avant de fermer ses portes pour permettre le percement des rues Ballu et de Bruxelles. Aujourd’hui, le lieu n’abrite plus que des bureaux et le labeur a remplacé la luxure. Ne demeurent plus que ce portique surmonté de deux amours nus et d’une horloge à cadran romain, gardiens de la mémoire récréative qui faisait la renommée du Tivoli jusqu’à la cour de Louis XV.

© C.Gaillard

 

14h : on goûte Comme à Lisbonne

Avec ses carreaux bleus et blancs et son chat feulant en vitrine, Comme à Lisbonne détonne dans le bon sens du terme. Etablie à l’angle de la rue Mogador et de la rue Joubert depuis seulement deux mois, cette épicerie portugaise porte tout le soleil du pays dans ses rayonnages comme dans le sourire de Barbara, la vendeuse. Ici pas de chichis : on déguste avec les doigts un pastéis de nata tiède et saupoudré de cannelle, accoudé au petit bar donnant sur le trottoir. Mais on peut également remplir son panier de produits typiques tels que des conserves de sardines directement importées de Lisboa, des pots de miel artisanaux aux pignons de pins, des bouteilles de vins et d’huile d’olive extra et extra-vierge, des chocolats Arcadia et même des hirondelles décoratives en céramique réalisées par l’artiste local Bordalo Pinheiro. On profite de la réconfortante chaleur du Portugal sans faire chauffer la carte bleue : franchement, que demander de plus ?     

© C.Gaillard

Pastéis de nata© C.Gaillard

 

14h30 : on renaît au Printemps

On l’aperçoit de loin avec son dôme doré et ses galeries marchandes occupant la majeure partie du boulevard Haussmann. Bonheur des dames (et des messieurs férus de mode) mais malheur pour votre compte en banque, le centre commercial Printemps mérite indéniablement qu’on y fasse un tour. Si ce n’est pour dépenser, la faute à un budget serré, au moins pour le plaisir de la rétine en passant près du Café Pouchkine. Mais l’intérieur, où les articles luxueux se pavanent sans complexes, vaut autant le coup d’œil que l’extérieur avec ses vitrines soignées, colorées et éblouissant aussi bien les petits que les grands. Le thème du moment : les jouets Lego Star Wars. De quoi mettre des étoiles dans les yeux des badauds de tout âge.

© C.Gaillard

 

15h – On va se racheter à la Chapelle Expiatoire

Edifiée sous le règne de Louis XVIII, qui la commanda en mémoire de son frère Louis XVI et de son épouse Marie-Antoinette, cette chapelle de style néo-classique tardif se dissimule sous de hautes haies de rosiers blancs. Pourtant, lorsqu’elle se découvre, on ne peut s’empêcher d’être frappé par son caractère imposant.

© Flickr/Elizabeth Lamoureux

Accessible gratuitement de mai à septembre et seulement pour des visites conférences les mardis et jeudis du reste de l’année, la Chapelle Expiatoire coupe également le souffle vue du dedans. Trois voûtes en caissons ajourés éclairées par un large oculus mettant en lumière une statue du couple royal exécuté en train de monter au ciel, ou encore l’autel en marbre noir et blanc, à l’emplacement exact où le souverain fut inhumé avant que ses restes ne soient transférés à la Basilique Saint-Denis : même athée, on ne saurait renier à ce lieu de culte sa troublante beauté.  

© Flickr/Elizabeth Lamoureux

 

16h : on va détrousser Trousselier

Frustré de n’avoir pu vous offrir de jolies choses au Printemps ? Rassurez-vous, Trousselier est là pour y remédier. Cette boutique de 650 m2 au 73 boulevard Haussmann, juste en face de la Chapelle Expiatoire que vous venez de visiter, est spécialisée dans l’art floral et la décoration d’intérieur et existe depuis 1877. D’ailleurs, fait rare, elle n’a jamais déménagé depuis cette date !

© C.Gaillard

Le magasin se divise en deux parties. En pénétrant dans la première, entièrement dédiée aux fleurs artificielles, on a la forte impression de mettre les pieds dans le jardin d’Eden. Cascade de glycines en soie, bouquets de mariage ou compositions aussi chamarrés que raffinés et autres végétaux plus vrais que nature laissent ensuite place à un second espace. Consacré à l’embellissement de la maison, il expose utile et superflu. Mais toujours de bon goût et à des prix souvent « sacrifiés ». En témoigne ce lot de six verres à 5 €, cette boîte à bijoux prenant l’aspect d’un canapé en velours pourpre vendue 34 € ou bien cette collection de bonobos déco, affublés de la combinaison jaune de Kill Bill ou du masque des Daft Punk, étiquetés 49 € pièce. Bref, pour faire un cadeau ou juste une razzia égoïste, Trousselier est sans conteste le repaire des bonnes affaires.

© C.Gaillard

 

17h : on remet les pendules à l’heure aux abords de la gare

La gare Saint-Lazare, notre point de départ. Pourtant, depuis 8h du matin, on tourne autour comme si on l’évitait. Ce qui est une erreur : il y a tellement à voir et cela commence par un peu d’art sur son parvis. Sortie cour du Havre se dresse en effet une œuvre du plasticien français Arman. Faite d’une accumulation verticale d’horloges en bronze, celle-ci s’intitule ‘L’Heure pour tous’. Installée là en 1985, elle fait écho à ‘Consigne à vie’, tour de valises également réalisée par Arman et visible, elle, cour de Rome. Deux sculptures qui rappellent symboliquement que l’homme n’est que de passage sur terre, un voyageur éphémère de la vie.

 

'L'Heure pour Tous' de l'artiste Arman, Cour du Havre© C.Gaillard

 

17h15 : on va geeker à Warhammer

Juste avant de passer les portes de la gare, dans une discrète artère à gauche se cachent cette fois des artistes d’un autre genre. L’enseigne Warhammer, anciennement Games WorkShop et implantée au 7 rue Intérieur depuis 18 ans, abrite une poignée de geeks prodigieusement habiles de leurs mains. Au milieu de leur antre spacieux, lumineux et parfaitement rangé – tenez, prenez ça les clichés ! –, pleinement voué aux célèbres figurines d’heroic fantasy Warhammer, ces derniers ont installé un atelier de peinture. Devant les visiteurs curieux et absolument fascinés, ils fardent avec minutie des Necron ou créent des teintes et des nuances improbables sur la carapace de monstres cyclopéens. Avant de les faire combattre entre les rayons, toujours sous le regard d’un public conquis. En somme, franchir le seuil de Warhammer revient à plonger dans un univers fantastique et imaginaire, à mille lieues de la réalité.

© C.Gaillard

 

17h45 : on soigne ses douceurs à Felice Plus

Avec sa devanture semblable à celle d’une pharmacie, Felice Plus annonce la couleur dès l’entrée : vous faire du bien et soigner vos petits bobos grâce à des bonbons. D’ailleurs, en parlant de couleurs, cette apothicairerie du sucre située au plus près des trains en regorge. Felice Plus prescrit son traitement de bonheur édulcoré par flacons de quatre tailles différentes à remplir à sa convenance. Dragibus, œufs au plat, caramels, réglisses, Carensacs et même Stoptou s’offrent en vrac aux gourmands. Dix tubes de M&M’s multicolores en libre-service occupent également tout un pan de mur. Pas de doute, le paradis existe et c’est ici. Mention spéciale au Biagra, pot de petites pilules bleues, qui garantissent bien du plaisir à la dégustation.    

© C.Gaillard

 

18h – On déraille à La Vie du Rail

Après avoir eu votre dose de glucose puis traversé de long en large les quais de la gare Saint-Lazare, faites un petit détour par la boutique du fameux magazine La Vie du Rail. Postée juste avant la sortie rue d’Amsterdam, elle propose aussi bien des romans de gare que des ouvrages photographiques ou plus littéraires dont le thème, vous l'aurez deviné, est le train. On y déniche aussi des affiches anciennes vantant les voyages à Dieppe ou Deauville ainsi que des petits trains électriques. Mais c’est principalement le décor de l’endroit, notamment son plafond parcouru de rails et de wagons miniatures rappelant le réseau ferroviaire avoisinant, qui retient l’attention. De même que cette relique de porte de train accompagnée de son strapontin en cuir orangé au fond du magasin.

© C.Gaillard

 

18h30 : pour l’apéro, on va tanner Les Tanins

Un coup d’œil à la montre : il est déjà 18h30. Terminus, tout le monde descend donc pour mieux remonter la rue d’Amsterdam puis bifurquer dans la rue de Moscou. Là, tapi au numéro 18, le bar Les Tanins excite les badauds avec son auvent rougeoyant. A l’intérieur, la décoration oscille entre terroir et modernité. Du bois et du papier peint carmin et crème côtoient ainsi une ardoise géante présentant la carte des vins, bouteilles à l’appui, ainsi que des luminaires faits de carafons en verre. En parlant de verre, on se laisse tenter sans hésiter pour une 33 cl de Bourganel, une bière artisanale d’Ardèche, région d’où est originaire le propriétaire de cet accueillant troquet. Pour 6 € et des poussières, la Bourganel déploie des saveurs inattendues telles que la myrtille, le miel de châtaignier, la verveine du Velay ou bien le nougat de Montélimar. Des arômes naturels fort appréciables. On notera le judicieux dicton philosophique inscrit sur le fronton du bar : « On ne boit pas pour oublier, on déguste pour se souvenir. » A méditer, que l’on soit ou non aviné.

© C.Gaillard

 

19h : on dévore la carte de La Certa

Pour avoir une place assise dans cette brasserie au 5 rue de l’Isly, il ne va pas falloir traîner car même en semaine celle-ci s’avère très prisée. Se la faire ravir serait alors grandement dommage puisqu’on passerait à côté d’un Fish & Chips savoureux, cuit à la perfection et servi dans un cornet de papier journal, ou d’une bavette relevée d’oignons croustillant sur sa tranche : il fallait y penser ! Sinon, on pourra toujours partager une planche de charcuterie aveyronnaise en terrasse ou des tapas autour d’un cocktail Cucumber, mariant pour le meilleur concombre, gin et limonade. A déguster confortablement installé dans des sofas Chesterfield.

Fish & Chips à La Certa© C.Gaillard

 

20h : on se fait des films au Cinéma 5 Caumartin

Illuminant presque à lui seul la rue Saint-Lazare, le Cinéma 5 Caumartin est réputé pour sa programmation restreinte mais de qualité – cinq équivaut à au nombre de salles. Mais aussi et surtout pour son tarif unique de 5 € pour les moins de 15 ans. Permettre aux plus jeunes d’avoir accès à la culture sans se ruiner : une initiative qui mérite bien d’être saluée. A fortiori de la part d’un cinéma indépendant.

© C.Gaillard

 

21h30 – On fait une « before » au Sémaphore

Après avoir bien digéré dans une salle obscure, on s’accorde une dernière tournée avant de regagner ses pénates. Pour cela, on jette son dévolu sur Le Sémaphore, mitoyen de la fameuse Société française des Eaux Minérales, rencontrée plus tôt dans la journée. Par définition, le sémaphore désigne un moyen de signalisation maritime, bref de communication. Ce qui, finalement, paraît tout trouvé pour ce lieu débordant d’éclats de rire et de conversations tous les jours du matin au soir. Les cocktails à 7 € hors happy hour (oui, oui, vous avez bien lu) et l’open-babyfoot au fond de la salle contribuent d’ailleurs à la bonne humeur générale et communicative. Et si vous veniez vraiment à vous ennuyer (ce dont on doute fort), vous pourrez toujours vous amuser à compter le nombre hallucinant de bières produites rien qu’en Europe sur la beer-map.

© C.Gaillard

 

23 h – On se fait refouler de la brasserie Mollard…

La nuit avançant et l’heure tournant, essayez de pousser les portes de cette superbe brasserie Art Nouveau avant de définitivement quitter le quartier (en tout cas pour ces 24 heures). Au 115 rue Saint-Lazare depuis 1895, la brasserie Mollard est l’une des plus vieilles de Paris. Décorée par Edouard-Jean Niermans, architecte de l’Hôtel Negresco à Nice, elle est classée monument historique et s’asseoir à l’une de ses tables recouvertes d’une nappe immaculée relève de l’expérience à éprouver au moins une fois dans sa vie. Bien que cela implique de casser sa tirelire.

© C.Gaillard

 

23h30 : … alors on finit au plus beau McDo de Paris.

Malheureusement, ce jour-là, vous n’aviez assez de monnaie que pour vous payer un Big Mac. Qu’à cela ne tienne, avant que minuit sonne et que le carrosse se transforme en citrouille (ou plutôt en Noctilien), marraine la Bonne-Fée exauce votre vœux et fait apparaître, mitoyen à la Brasserie Mollard, le fast-food le plus atypique de la capitale. Coincé entre deux immeubles haussmanniens, celui-ci se distingue par ses colombages alsaciens hérités de son prédécesseur, une échoppe nommée Au roi de la Bière. La statue du monarque Gambrinus, levant sa chopine en signe d’invitation, trône d’ailleurs toujours au centre de la façade. De même que la cigogne perchée sur la cheminée ne s’est pas encore envolée après plus d’un siècle de nidification. Un Mac Deluxe dans un McDo de luxe, la boucle semble bouclée. Cela tombe bien, il est l’heure d’aller se coucher.

© C.Gaillard

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