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Benjamin Millepied sur les pas de Maguy Marin

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Un après-midi ensoleillé avenue de l'Opéra. Depuis les toits de l'Opéra de Paris, on observe l'effervescence de la ville. A quelques semaines de la première des 'Applaudissements ne se mangent pas', les huit danseurs du corps de ballet répètent leurs pas. On les retrouve sous le dôme révisant gestes, déplacements et portés. Ensemble, ils s'approprient la pièce de Maguy Marin, sa violence et sa précision. Un spectacle de danse-théâtre cadencé au millimètre par l'une des plus grandes chorégraphes de notre époque, Maguy Marin.

Benjamin Millepied, directeur de la danse à l'Opéra de Paris nous explique pourquoi il a eu envie de programmer cette pièce complexe et militante sur le plateau de l'Opéra Garnier.  

Time Out Paris : Après Jérôme Bel et Anne Teresa De Keersmaeker, vous invitez Maguy Marin… Une ponte de la danse contemporaine française !

Quand j’ai imaginé cette première saison, ce qui m’intéressait c’était de présenter un paysage chorégraphique d’aujourd’hui, d’inviter les artistes qui comptent vraiment pour moi actuellement. Maguy n’avait pas été invitée à l’Opéra de Paris depuis vingt ans et c’est une grande dame, une excellente chorégraphe. Je voulais absolument qu’elle fasse partie de cette saison. Elle mérite d’être vraiment célébrée, d’être mise en avant. Et c’était aussi important de souligner tout le chemin parcouru depuis que Rudolf Noureev l’a invitée pour faire une soirée entière. 

Benjamin Millepied : Pourquoi avoir choisi ‘Les Applaudissements ne se mangent pas’ ?

Dans son répertoire, j’ai choisi ‘Les Applaudissements ne se mangent pas’ parce que cette pièce représente la fin d’une période. Un moment où elle s’intéressait encore beaucoup à un langage chorégraphique, à un savoir-faire encore assez classique dans la construction, dans la manière dont les danseurs se déplacent dans l’espace les uns avec les autres. Même si ce ne sont pas des pas de ballet, c’est une structure classique très chorégraphiée. Maguy est une chorégraphe qui montre ce que l’on peut faire avec le langage : entrer là, surprendre, sortir, rentrer… et qui utilise l’espace de façon très inventive.

Parce qu’elle est complexe mais très classique, ‘Les Applaudissements ne se mangent pas’ a toute sa place à l’Opéra. Dans la pièce, les rapports humains sont très réalistes, on est dans un regard à l’autre, dans une violence très actuelle. Elle est d’ailleurs autant d’actualité aujourd’hui qu’au moment où elle a été créée (en 2002). C’est une très grande pièce d’une chorégraphe majeure. C’est très narratif, poétique, violent, dramatique… Après ce spectacle, son travail a été plus conceptuel. 

© Elsa Pereira

 

Et après Maguy Marin, vous nous réservez encore quelques surprises ?

On finit la saison avec Justin Peck sur un concerto de piano de Poulenc, Brahms-Schönberg refait par Karl Lagerfeld et une création de Forsythe sur une musique de James Blake, je ne pense pas que j’aurais pu faire mieux ! Je suis ravi d’avoir pu faire tout ça. Ca va être une superbe fin de saison. 

 

© Elsa Pereira

 

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