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Cannes 2015 : démarrage en côte

Cannes 2015 - demarrage en cote - billet d'humeur 1

Après un bon tiers de cette cuvée 2015 du Festival de Cannes, le premier bilan qu’on peut tirer de la compétition officielle n’est pas franchement exaltant ; entre un Gus Van Sant ennuyeux à creuver et abondamment sifflé, une Maïwenn dont le premier degré en aura agacé plus d’un, et une pléiade tristement sage de films finalement banals, dans leurs formes comme dans leurs thèmes, à l’image du ‘Carol’ de Todd Haynes, qui se contente de ressembler à une sorte de variation saphique sur ‘Mad Men’.

Hormis l’étrangeté pince-sans-rire (mais qui prend l'eau) de ‘The Lobster’, la vraie bonne surprise de la sélection officielle reste donc, pour le moment et contre toute attente, l’excessif et délirant ‘Mad Max : Fury Road’, présenté hors compétition – et dont on vous invite à lire ci-dessous notre interview du réalisateur, George Miller.

En fait, c'est ailleurs qu'il faut regarder pour trouver de vraies belles surprises. Et ce début de Festival fait pour l'instant triompher la sélection parallèle de la Quinzaine des réalisateurs. Moins de paillettes, de redondances, de bons sentiments… Et, surtout, davantage d’exploration formelle – en particulier avec les monumentales et faussement bordéliques ‘Mille et Une Nuits’ de Miguel Gomes, patchwork d'esprit buñuelien et docu-conte poético-burlesque sur le Portugal d’aujourd’hui, mis en charpie par l’idéologie néolibérale.

Cette tendance d’un nouveau vent en poupe de la Quinzaine (où Philippe Garrel et Arnaud Desplechin, par exemple, sont aussi venus présenter de très solides longs métrages), on la remarque bien depuis trois ou quatre ans ; même si, en face, la compétition officielle s’empressait alors de dégainer un Carax – même pas récompensé, d’ailleurs – ou un Kechiche. Pour le moment, on n’a encore rien vu de tel. On aurait même plutôt l’impression d’habitués qui ronronnent avec joliesse (Kore-eda, Moretti…), quand ils ne déçoivent pas carrément (Gus Van Sant, immanquablement).

Cela dit, on sait tous ce qu’il ne faut jamais faire avec la peau de l’ours. Et le meilleur de la compétition officielle reste probablement à venir, avec ‘Sicario’ de Denis Villeneuve, ‘Youth’ de Paolo Sorrentino, ‘The Assassin’ de Hou Hsiao-hsien ou ‘Mountains May Depart’ de Jia Zhang-ke. On a même envie de parier que l’Asie se verra bien représentée dans le palmarès. Mais d’ici-là, on ne manquera pas de suivre les deux autres volets des ‘Mille et Une Nuits’ ou Benoît Poelvoorde en dieu risible (‘Le Tout Nouveau Testament’) à la Quinzaine.

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