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Sur les bancs
© Houssine Bouchama

Ces bancs qui racontent des histoires aux Parisiens

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Parc Monceau, 13 heures. Nous voilà installés sur un banc en bois d’un vert bien fade, quand une voix féminine nous murmure : « Viens, assieds-toi. Ils sont là, à côté. Ecoute ce qu’ils se disent. » On tend l’oreille. Deux hommes plutôt âgés déambulent vers nous. « Fonce, fonce ! Sinon le landau va prendre notre place » braille l’un des deux. Après avoir englouti bruyamment des rillettes d’aubergine et un carpaccio de pastèque, le plus désinvolte chope son couteau et grave le nom de son compère. Non, il ne s’agit pas d’une nouvelle scène cocasse à Paris mais bien d’une fiction. Et cette fiction est l’une des 15 proposées par une nouvelle application : Sur les bancs.

Disponible dans les plus grands parcs et jardins de la capitale, cette application - réalisée entre autres par France Culture et le Centre Pompidou - permet de s’immerger dans une réalité sonore augmentée. Et le principe est simple : après l’avoir téléchargée gratuitement sur votre mobile, vous scannez le code barre sur le banc et branchez votre casque. Vous voilà alors immergé dans un Paris parallèle. Et si les histoires sont plutôt courtes, entre 3 et 8 minutes chacune, le résultat est détonnant.

Souvent drôles et ironiques, la plupart ont été réalisées pour un banc en particulier. C’est ainsi qu’au parc Monceau, la statue d’Alfred De Musset face à nous fait partie intégrante de l’histoire. De même, assis sur un banc des Buttes-Chaumont, Servane, l’héroïne de la fiction de Fanny Chiarello, dépeint le rocher comme « une colline kitsch, qui ressemble un peu à Angkor. »

Au total, pas moins de 11 romanciers ont participé au projet. Parmi eux, Hélène Frappat, Tariq Noui, Nina Léger ou Martin Page. Et si tous sont français, seuls deux d’entre eux ne sont pas écrivains : l’auteur de BD Lewis Trondheim et le cinéaste Sébastien Betbeder.

Pour parfaire l’immersion, chacune des histoires ne comporte aucune voix off. La priorité est donnée aux dialogues entre personnages, souvent deux, pour mieux donner l’impression d’être vraiment assis à leurs côtés. Au-delà de ça, la vraie réussite réside dans la qualité des enregistrements : des joggeurs qui gambadent aux pigeons qui roucoulent en passant par les cris des enfants, tout s’entremêle entre le son avoisinant et celui qui sort du casque. On est bluffé par l’effet 3D. Et à la fin de chaque fiction, on redemande une nouvelle histoire tel un gamin en manque de sommeil.

Et autant dire qu'on va être servis, puisque près de 200 bancs pourraient être équipés d’ici la fin de l’année, incluant des archives sonores de l’Institut national de l’audiovisuel (INA). Lors de la dernière Nuit Blanche, l’application proposait même des sons plus techno au square des Epinettes. De quoi inspirer la Mairie de Paris qui pourrait lancer dès cet été sa propre appli’ pour les cimetières parisiens, plus sous forme de docu historique. En attendant, géolocalisez le banc le plus proche, installez-vous et faites un break poétique en plein Paris. 

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