Monde icon-chevron-right France icon-chevron-right Paris icon-chevron-right Echos de la Croisette à J+9 : il aura donc fallu attendre !

Echos de la Croisette à J+9 : il aura donc fallu attendre !

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Enfin ! Alors qu’on commençait à sérieusement désespérer de cette compétition officielle est enfin arrivé l’immense film qu’on attendait, véritablement digne d’une Palme d’or, c’est-à-dire allant bien au-delà d’une simple récompense : original dans son propos, ses idées, sa narration, et profondément ancré dans les bouleversements inédits du monde contemporain – violence aveugle de l’idéologie financière, gouffre vertigineux des différences de revenus entre exploitants et exploités, globalisation tous azimuts, déterritorialisation des corps et des affects, nivellement des singularités, perte généralisée des repères… – tout en renvoyant finalement le spectateur à son intimité nue, à ce que nous sommes tout bêtement en tant qu’êtres humains : des individus inquiets en quête de reconnaissance ou d’amour, éphémères courroies de transmission entre deux générations qui se perdront dans la bascule des siècles. Particules élémentaires. Ce long métrage bouleversant, il nous vient de Chine. Il s’intitule ‘Shan He Gu Ren’. Ou, en Anglais, ‘Mountains may depart’. Et il est signé Jia Zhang-ke.

Avec ce film, la sélection en lice pour la Palme d’Or a semblé se réveiller in extremis. A ses côtés, ‘Youth’ et ‘The Assassin’ sont d’ailleurs venus mettre de l’enjeu en termes de compétition. Véritables manifestes esthétiques l’un comme l’autre, les films de Paolo Sorrentino et de Hou Hsiao-hsien divergent assurément dans leurs projets respectifs (Sorrentino divisant même assez la critique avec ‘Youth’) , mais incarnent chacun une vision du cinéma comme mode de la sensualité, objet de fascination visuelle. Ce qui nous change des embarrassantes rengaines d’amour que furent, de l’avis général, les derniers films de Maïwenn (‘Mon Roi’) et de Valérie Donzelli (‘Marguerite et Julien’). Heureusement, ‘La Loi du marché’ de Stéphane Brizé ou ‘Dheepan’ de Jacques Audiard ont su représenter un cinéma hexagonal digne, en rapport avec le train du monde et de la société française. Alors que le festival prend fin, les paris pour les différents prix vont bon train. On vous en dit plus bientôt, avec nos pronostics pour cette édition 2015.

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