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Fuyez Paris : les « no-go zones » sont de retour !

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Les émeutes déclenchées par l'affaire Théo ont mis la France à feu et à sang selon le média britannique Daily Express, qui remet le couvert deux ans après la première utilisation du terme « no-go zone ». Cette fois, il n'est plus seulement question de stigmatiser les banlieues parisiennes. Le quartier du Marais est lui aussi sous le régime de la charia.

Le média affirme que « cinq banlieues sont en flammes et que de nombreuses rues sont interdites d'accès à la population » autour et à l'intérieur de Paris. Dans une carte publiée sur le site Internet du Daily Express, la région parisienne est décrite comme un champ de bataille « où règne le chaos ». Treize lieux sont identifiés comme des « no-go zones ». Parmi eux, on retrouve Bobigny (93), Noisy-le-Grand (93) et même le Marais, Barbès ou Ménilmontant dans la capitale. Affirmations fausses et même absurdes qui ont consterné et amusé les Parisiens sur Twitter.

 

Les « no-go zones » : arme de propagande de l'alt-right

Pourtant, il n'y a pas vraiment de quoi rire. Ces fausses informations ont vite été relayées par toute une frange de la mouvance alternative-right aux Etats-Unis, ce mouvement de pensée suprémaciste blanc et anti-immigration. La blogueuse Pamela Geller, connue pour ses propos nauséabonds à l'encontre de la religion musulmane, a retweeté la carte du Daily Express avec cette mention tapageuse : « EMEUTES A PARIS: les no-go zones s’étendent pendant que la violence se répand A TRAVERS LA FRANCE. » Dans l'article posté sur son blog, elle compare la défaite de la France en 1940 à la « chute de la France en 2017 », une sorte de mauvais scénario de film de zombies dans lequel les manifestants seraient les nouveaux nazis.

 

 

Mais la France n'a pas le monopole des « no-go zones ». C'est l'Europe entière qui semble touchée par ce phénomène. Récemment, Donald Trump est tombé dans le panneau en déclarant que la Suède avait été le théâtre d'actes graves alors que rien ne s'y était passé. Il tirait en fait cette « vérité alternative » (dont il a le secret) d’un documentaire diffusé sur Fox News intitulé 'Le Syndrome de Stockholm'. La journaliste Ami Horowitz y décrivait une Suède rongée par l'insécurité et affirmait l'existence de 40 « no-go zones » sous influence islamiste dans le pays. Des informations réfutées par le gouvernement et par la population suédoise sur les réseaux sociaux.

Les tabloïds anglo-saxons n'ont donc clairement pas retenu la leçon. En janvier 2015, à la suite des attentats de Charlie Hebdo, un expert de Fox News affirmait que « 741 zones situées dans les banlieues françaises [qu'il appelait des ghettos] pouvaient être comparées aux zones de guerre en Afghanistan et en Irak ». Selon ses observations personnelles, « les islamistes se radicalisent dans la rue et au grand jour ». La chaîne avait dû s'excuser suite aux vives réactions des médias, des élus et des Français.

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