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‘Independence Day Resurgence’ : le navet à 165 millions de dollars qui vous fait souhaiter l’extinction de l’espèce humaine

Independence Day Resurgence

Evidemment, on ne va pas voir ‘Independence Day’ comme on va voir un Kiarostami. Mais quand même...

Sorti en 1996, le premier volet de la franchise – qui s’annonce désormais comme une trilogie (au secours !) – s’inscrivait dans la queue de comète d’un certain âge d’or des blockbusters ; celui des années 1980/90, dont le paragon pourrait être, mettons, un James Cameron.

Toutefois, en pleine atmosphère apocalypto-millénariste (souvenez-vous : le « bug de l’an 2000 », ahahah !), le gloubi-boulga d’effets spéciaux du film-catastrophe de Roland Emmerich avait encore quelque chose d’excessif et, convenons-en, de plutôt drôle. En mode « plus c’est gros plus ça passe ».

Vingt ans plus tard, devenu spécialiste attitré des cataclysmes hollywoodiens (‘Godzilla’, ‘Le Jour d’après’, ‘2012’…), le réalisateur allemand est donc de retour avec ce deuxième volet, qui évoque assez le goût d’un Big Mac froid.

 

Pilotage automatique

Autant le dire d’emblée, le scénario, au thème inchangé (gentils humains versus aliens dégueus), a des airs de rédaction de CE2 plutôt feignante. Dans un monde uchronique, vingt ans se sont donc passés depuis les événements du film de 1996.

Bénéficiant des restes d’une technologie extraterrestre collectée à l’époque, l’humanité vit désormais unie, dans la paix et le confort. Mais mécontents d’avoir perdu la première bataille, les vilains extraterrestres, passablement rancuniers, reviennent prendre leur revanche.

Sauveur du monde en 1996, Will Smith n’a pas désiré reprendre du service pour ce nouvel épisode. Et on le comprend. Il a tout simplement dû lire le script, d’une mollesse incroyable et sans la moindre surprise.

Ici, c’est donc le rejeton du personnage jadis interprété par le Prince de Bel-Air qui fait office de héros (voilà qui est original !), aux côtés de quelques guignols dépourvus de charisme, d’un Jeff Goldblum sans conviction et d’une Charlotte Gainsbourg mono-expressive, manifestement venue cachetonner. Et encore, on vous passe le chef de guerre africain qui – accrochez-vous ! – bute les aliens... à la machette ! Si, si, sérieux.

 

CGI-porn

Montage confus, direction d’acteurs à peu près inexistante, narration balourde : ‘Independence Day Resurgence’ ressemble finalement beaucoup à un porno tout ce qu’il y a de plus banal. Enfin, un porno à 165 millions de dollars, quand même, où les effets spéciaux (la fameuse Computer Generated Imagery) replaceraient les scènes de sexe, entourés de part et d'autre de séquences inutiles, agencées sans sens ni relief, vues et revues déjà un bon million de fois.

En-dehors des scènes de destruction généralisée (à laquelle résiste étonnamment la tour Eiffel), l’ennui est omniprésent, loin du second degré du premier opus qui, à côté de celui-ci, passerait presque pour un chef-d’œuvre d'humour postmoderne. Ici, les blagues tombent majoritairement à plat, occasionnant quelques moments à la limite de l’embarras tant elles sonnent caricaturales.

Bref, on a affaire, comme on pouvait s'y attendre, à un monument de vacuité à peine divertissant, bourré de références au premier épisode, auquel il semble vouloir se raccrocher comme à une bouée crevée. Mais rien n’y fait… Haters gonna hate – mais pas qu’eux.

(via Giphy)

 

Fallait-il vraiment sauver l'humanité ?

Outre les incohérences de son scénario (qui culminent dans une inepte scène de bataille finale contre la reine des aliens), le plus navrant est sans doute, finalement, l’image que le film tend à donner de l’espèce humaine.

Tous autant qu’ils sont, les personnages paraissent en effet d’une incroyable stupidité, suintant la gloire patriotique et l’autosatisfaction à l’américaine. Ou alors, ils sont tout bonnement inconsistants, réduits à une fonction, sans la moindre profondeur psychologique.

On aurait donc assez vite envie de prendre le parti des extraterrestres contre cette humanité au front bas, nombriliste et parasitaire… Un peu comme on se prenait d'affection misanthrope, dans l'hilarant 'Piranha 3D' d'Alexandre Aja, pour les petits poissons aux dents longues.

A ceci près que les aliens, loin d’incarner ici une quelconque forme d’intelligence supérieure (loin d'incarner quoi que ce soit, en fait), semblent à peu près aussi débiles que les humains. Et qu'en plus, ce sont des grosses raclures. 

En somme, ‘Independence Day Resurgence’ mériterait sans doute le titre de pire suite de l'année en digne successeur de 'Jurassic World' – si ce n'est, directement, de pire film... Bref, vous l'aurez compris, autant passer votre chemin. Et aller voir ailleurs

(via Giphy) 

 

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Commentaires

1 comments
Emmanuel Chirache

En effet, le diktat du CGI est en train de réduire le savoir-faire hollywoodien à de la grandiloquence visuelle pompeuse, au détriment du fond. Dommage, d'autant plus que l'utilisation des effets peut s'incorporer avec merveille dans un scénario, voire le remplacer comme dans Mad Max, qui combine cascades et images réalisées par ordinateur, au service de la vision folle du réalisateur.