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Jérémie, agent de sécurité au Festival de Cannes, joue pour tromper l'ennui

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La petite musique cannoise est rythmée par le son des « bip » que produisent les machines des agents de sécurité en train de vérifier les badges. Un rituel devenu mécanique pour tous les festivaliers et les agents, qui se côtoient dans une courtoise indifférence. Pas toujours, pourtant. « Emmanuel… » marmonne un jour l’homme en faction en apercevant mon badge à l’entrée du Palais des festivals. Il bipe l’objet puis semble réfléchir une minute. Son collègue à sa droite l’interroge : « Alors, tu trouves ? » Désireux de savoir à quelles fins absconses mon prénom est utilisé, je me renseigne : « Vous devez trouver quoi exactement ? - Oh, c’est un jeu entre collègues, il faut trouver une chanson à partir de chaque prénom qu’on bipe. – Bon courage pour trouver avec Emmanuel ! » Il fredonne alors « "Emmanuelle, comme un soleil, Emmanuelle, toujours plus belle…" François Valéry, vous ne connaissez pas ? »

Je lui pardonne l’utilisation du féminin et discute quelques minutes avec Jérémie, agent de sécurité qui étrenne son premier festival. « Je bosse pour une société parisienne, on fait la sécurité au Stade de France, mais pas seulement, on voyage beaucoup, jusqu’à Tahiti. L’organisation du Festival a décidé cette année de faire appel à une nouvelle société de sécurité, et c’est nous ! Il y avait sans doute des soucis avec l'ancienne. » Cet ancien flic à Gambetta dans le 20e arrondissement avoue bien apprécier son passage à Cannes. « Les gens sont très sympas, il n’y a aucun souci ! Il faut dire que la ville a rameuté des forces de police supplémentaires pour que Cannes soit totalement pacifique pendant deux semaines. » Le flot des festivaliers commence à inonder Jérémie, qui n’arrive pas à trouver une chanson pour le prénom Sylvain. « Si le vin est bon ! » souffle son collègue, qui a compris l’esprit du Festival. 

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