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La Belle Vitry’N : cette maison de street art c’était de la bombe ! La preuve en images

La belle vitryn
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© C.Gaillard
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© C.GaillardLady JDay et Pearl
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© C.GaillardSkeato
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© C.GaillardDopie
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© C.GaillardPhilouwer
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© C.GaillardDissimulé dans l'alcôve de la cheminée, une mosaïque de Kabal
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© C.GaillardMême le plafond sert de support aux oeuvres.
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© C.GaillardLes collages de Awa
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© C.GaillardLe vieux papier-peint se dessine sous les oeuvres.
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© C.GaillardDans le jardin aussi il y a de l'art !
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© C.Gaillard
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© C.Gaillard
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© C.Gaillard

Passer son samedi après-midi à Vitry, la perspective ne vous tente pas trop. Nous on l’a fait et on ne regrette pas ! Car, ce week-end à Vitry-sur-Seine, les amateurs de street art et/ou d’événements culturels insolites avaient rendez-vous dans une petite ruelle de la ville, pour découvrir la Belle Vitry’N. Une maison, il faut l’avouer, vétuste et un peu glauque avec sa moquette aux murs. C’est d’ailleurs pour cela que ce pavillon sans charme extérieur est voué à la démolition. Mais avant de finir en tas de gravats, un collectif de virtuoses de la bombe ou du pinceau s’est réuni pour donner une seconde vie artistique à ces 150 m2 de béton beige et triste. Car c’est bien à l’intérieur que réside tout l’intérêt de la Belle Vitry’N, temple éphémère d’un street art qui a quitté la rue pour rentrer dans les habitations. Pour cause : pas un pan de mur, pas un centimètre n’a été laissé nu. Même le plafond a été investi ! C’est bien simple, descendre le petit escalier de ciment fatigué et emprunter l’entrée étroite du lieu c’est comme pénétrer une œuvre qui aurait pris vie sur deux étages.

 

© C.Gaillard

  

Une œuvre d’autant plus vivante que les artistes – dix-sept hommes et trois femmes, pour la plupart originaires de Vitry mais également venus des quatre coins du monde – se sont appropriés la maison, ses formes et le mobilier restant comme la cheminée ou les carreaux pour créer des fresques en relief. A l’image de Meushay avec ses fausses coulures en carton, ses suspensions planétaires et son aérosol géant à base d’une bonbonne de gaz. Ou de Bebar, intégrant le papier-peint en filigrane dans ses graffitis.

 

Les fresques en 3D de Meushay© C.Gaillard

 

Des collages d’Awa aux mosaïques inspirées de Kabal, en passant par les autoportraits de Pearl et les visages triangulaires de Skeato, les univers se mélangent dans une harmonie fabuleuse. L’illustration la plus probante de cette combinaison de styles hétéroclites et pourtant si bien associés se trouve d’ailleurs dans une pièce. Après avoir monté un escalier en colimaçon aussi rude qu’exigu et longé ce qui semblait être autrefois un salon, on découvre ainsi, face à la cuisine, une chambre « nuptiale » où le couple d’artistes Bebar et Lalasaïdko ont consommé le mariage de leurs deux univers. Lui avec ses têtes de mort ensanglantées et ses poignards aiguisés, elle avec ses dessins « kawaï » et sa touche japonisante, presque manga. Mais toujours avec talent. Présente en ce samedi après-midi, Lalasaïdko explique même aux visiteurs la réalisation de cette histoire d’art et d’amour. Tandis que son collègue Skeato nous raconte, lui, combien il a galéré pour colorer des étagères encastrées. Un travail qu’il a cependant abattu en une seule nuit. Et qui, en définitive, fait un peu penser à une maison de poupées où les bouchons de bombes, récupérés auprès de ses homologues, font penser à des figurines enfantines type Lego ou Playmobil.

 

Bebar et Lalasaïdko, en couple à la vie comme à la "street", mêlant leurs deux univers© C.Gaillard

 

Après avoir fait le tour du propriétaire accompagné de Sébastien, l’un des organisateurs (bénévoles) de l’événement, on renoue les écharpes et ferme les manteaux pour se lancer à l’assaut du vaste jardin. Car, dans ce terrain en pente où l’herbe n’est plus très verte, d’autres œuvres ont été disséminées comme des œufs de Pâques. On entreprend alors une chasse au trésor artistique qui se poursuit jusque dans la cabane à outils. Là, Sly2 et Quesa ont recréé une ambiance cosmique faite de vers en papier crépon violets, de voies lactées en coton phosphorescent et d'une petite planète mars en suspension. Planant et intrigant…

 

La cabane à outils investie par Sly2 et Quesa© C.Gaillard

 

Tout comme cette toile en plastique noir tendue dans un coin du jardin. Les restes d’un atelier pochoir animé par les artistes en début de matinée auquel on aurait bien aimé participer si nous n’avions pas choisi le créneau horaire de 16h pour visiter la Belle Vitry’N. Tant pis, pour se consoler de l’avoir manqué, on va se réchauffer en buvant un café autour d’un brasero improvisé. L’occasion d’échanger avec les équipes et les artistes partenaires dans une convivialité qui nous donnerait presque envie de poser nos valises et d’emménager dans cette maisonnette chamarrée. En faisant abstraction de la moquette bien sûr.
Malheureusement, puisque toutes les belles histoires ont une fin, la Belle Vitry’N sera démolie d’ici un mois. A la place, se dresseront cinq logements neufs érigés par le Projet Big Bang. C’est donc le cœur en chantier que l’on jette un dernier coup d’œil à celle qui, le temps d’un après-midi, a illuminé la grisaille de Vitry. 

© C.Gaillard

 

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